Un quatrième service de taxi s’amène à Granby
AFFAIRES. Taxis Maska a choisi de s’établir à Granby dans le cadre de la première étape de son plan d’expansion. S’inspirant du modèle d’affaires du géant Uber, l’entreprise maskoutaine entend ébranler les colonnes du temple de l’industrie du taxi granbyen en devenant le premier service du genre en ville, où elle débutera ses activités le 12 mars prochain.
La compagnie fondée en 2021 agit comme une plateforme de répartition. Elle n’a donc aucun bureau et ne compte pas en avoir.
« À Granby, si tu veux faire du taxi, il faut que tu achètes l’action de la compagnie [de taxi]. Puis, tu te fais exploiter au niveau des prix mensuels pour que ça coûte moins cher aux propriétaires. […] On parle d’un montant variant de 60 000 $ à 70 000 $ pour avoir une action. C’est complètement ridicule, comme si tu payais des hypothèques. C’est un modèle désuet », explique le président de Taxis Maska, Alexandre Grisé.
Il est allé plus loin dans sa critique. « L’industrie du taxi à Granby ne s’est jamais ajustée à la population. Toujours le même nombre de voitures qu’il y a toujours eu. Moi, ce que je viens offrir, c’est un supplément de taxi qui va permettre de créer beaucoup d’emplois. […] Le but, ce n’est pas d’éliminer les concurrents. C’est d’aller chercher les clients qui ont été mal servis, question de créer un équilibre. »
Le choix de s’implanter à Granby ne vient pas seulement d’une volonté de « corriger des imperfections ». Alexandre Grisé décrit la ville comme « une jumelle » de Saint-Hyacinthe en ce qui a trait à sa population, entre autres.
Prioriser le bien-être
Chez Taxis Maska, c’est le chauffeur qui sera mis de l’avant. Tout ce que ces derniers auront à débourser sera un prix mensuel d’adhésion qui sera déterminé d’ici mai prochain, alors que le mois de mars sera gratuit. La PME couvrira ensuite les frais de base en avril. Chose certaine, le but est de toujours avoir des taux plus bas que ses compétiteurs.
« Là, ce qu’on voit notamment à Granby, c’est que les entreprises de taxi font semblant de garder un style de monopole qui n’existe plus en vendant justement des actions et leur clientèle. Mais leur clientèle n’appartient à personne », s’écrie-t-il.
Le président de Taxis Maska mentionne également qu’un chauffeur peut normalement gagner 6 500 $ par mois en moyenne chez lui. De cette somme, la compagnie prend 650 $, des frais de 10 % seulement.
Souplesse
Chaque chauffeur agit comme un travailleur autonome dans ce service de taxi. Contrairement à plusieurs autres, l’entreprise maskoutaine laisse la gestion de l’horaire aux employés. Ceux-ci n’étant pas obligés de travailler la nuit. Une flexibilité plus que nécessaire.
« Dans les autres modèles d’affaires, ce sont les chauffeurs avec le moins d’ancienneté qui sont obligés de travailler la nuit. C’est inacceptable. Nous, si tu veux avoir ton quart de travail à cette période-là, c’est libre à toi, comme tu peux choisir de faire le jour. […] Des obligations, il n’y a rien d’intéressant là-dedans. Quand c’est de son propre gré, c’est plus intéressant », affirme Alexandre Grisé.
À l’heure actuelle, le point de service de Granby compte déjà deux chauffeurs. L’objectif est d’en avoir une dizaine d’ici six mois et une vingtaine dans un an. Celui de Saint-Hyacinthe en enregistre 38.
Frustration
Le GranbyExpress a tenté d’obtenir l’avis des trois services de taxi déjà en place (Taxis 3000, Suprême Taxi van 2000, Taxi Dr) sur la venue de Taxis Maska à Granby. Seul Suprême Taxi van 2000 s’est prononcé. Son président, Mike Gariépy, n’a pas mâché ses mots.
« Je n’étais même pas au courant. En tout cas, ça va être la guerre. […] Je trouve ça un peu cheap shot qu’un service de taxi provenant de l’extérieur du coin décide de s’implanter ici. C’est quoi là? On va aller faire la même chose, mais dans leur patelin ? […] Il y a une compagnie qui va fermer, c’est certain », a-t-il déclaré.
