Un séjour sens dessus dessous en Islande pour Pascal Marquis

AVENTURE. Faire le tour complet de l’Islande à vélo pendant un mois, vivre l’été le plus froid des 100 dernières années dans ce pays, un état de santé instable par moments, un retour à la réalité brutal. Le voyage du Granbyen d’origine Pascal Marquis et de son acolyte Danny L. Desrosiers n’a pas été de tout repos pour eux. Deux ans après leur odyssée, ils présenteront bientôt leur périple rocambolesque, mais transformateur, dans le cadre d’un long-métrage intitulé Islande à vélo-Au Gré du Vent.

Pascal Marquis n’en était pas à sa première expédition. Cette passion a débuté en 2014 lors d’une traversée à vélo du Japon. Difficile de croire que le réalisateur du film manquait autrefois de confiance en lui à l’époque tellement qu’il en respire aujourd’hui.

« Deux ans avant le Japon, j’étais obèse. Je n’allais vraiment pas bien. À un moment donné, j’ai eu un déclic, puis j’ai découvert une passion pour le plein air. […] J’ai perdu 100 livres en un an en mangeant moins et en bougeant plus. […] Je détestais les salles d’entraînement, l’idée de pousser des plaques de métal », a-t-il confié.

Période de changements

Pascal Marquis enchaîne par la suite avec une traversée d’Amsterdam à Bergen en 2016 avant de quitter son emploi en domotique au début de l’année 2020, dans lequel il consacrait en moyenne 80 heures par semaine. Le documentariste décide de se lancer comme travailleur autonome afin de se consacrer à temps plein comme créateur de contenu sur YouTube.

« Je suis capable de vivre de mes chaînes YouTube. J’en ai cinq, mais celle qui est axée sur des tutoriels [qui compte plus de 95 000 abonnés] me permet de vivre et financer mes aventures. […] J’ai fait 20 $ la première année. Mes revenus n’arrêtaient pas de doubler au fil des années même si c’était quelque chose de sideline. […] Quand j’ai atteint 1000 $ par mois, je me suis dit que j’allais être capable de survivre », a détaillé l’homme âgé de 35 ans.

Le 1er janvier 2020, il prend un engagement important : pratiquer une activité physique chaque jour, peu importe le moment de la journée. Pour ceux qui se le demanderaient, non, ce n’était pas une résolution.

2462 jours plus tard (oui, il a calculé le tout), la séquence est toujours en vie. « J’ai réalisé que c’était plus facile de bouger à tous les jours plutôt que se dire que je vais bouger souvent », a expliqué le fondateur de Conception Phoenix, une agence créative qu’il a créée.

De surprise en surprise

L’idée du voyage à vélo en Islande ne venait pas de lui, mais plutôt d’un homme qu’il a aidé par l’entremise de quelques projets sur ses chaînes YouTube : Danny L. Desrosiers. « Je ne le connaissais pas du tout. Il aurait pu être mon père [rires] ! Nous sommes un duo de cyclistes des plus improbables », a fait savoir M. Marquis.

Pour piloter le drone, j’avais une main sur le guidon, l’autre sur ma sacoche en avant [rires] !

Pascal Marquis

Chose certaine, le pays surnommé « la Terre de Feu et de Glace » l’a poussé à sortir de sa zone de confort. Habitué de planifier ses trajets, ses arrêts et ses heures, il est allé « là où ça nous mènera ». Le voyage a ainsi pris une tournure plus

imprévisible…au gré du vent.

Pascal Marquis dormait toujours dans des hôtels. Pour la première fois de sa vie, il a utilisé une tente sur l’entièreté d’un périple, s’installant parfois dans des endroits insolites, notamment au fond d’un canyon sur le bord d’une rivière ou au pied d’une chute. Une expérience qui lui aura procuré plus de peur que de mal.

« Pendant longtemps, mon frein était de me promener avec tout mon matériel [lourd] et le recharger dans de mauvaises conditions. Une crainte de l’inconnu. […] Heureusement, Danny avait de l’expérience en camping. Ça m’a convaincu de le faire [d’être en camping]. […] On a eu une frousse un matin quand nous nous sommes fait voler nos vélos [retrouvés peu de temps après] », a rassuré le cinéaste.

Pas froid aux yeux

Cette peur a de quoi surprendre, alors que Pascal Marquis est présenté dans le synopsis du long métrage comme un « intrépide de la vie ».

Des folies, le Granbyen en a fait, s’imposant des défis titanesques, allant de tenir une caméra avec sa bouche à piloter un drone à partir de son vélo.

« Pour piloter le drone, j’avais une main sur le guidon, l’autre sur ma sacoche en avant [rires] ! J’étais devant mon partenaire pour avoir la bonne vitesse de croisière afin de rester centré dans le shot », a-t-il déclaré.

Adaptation

À son retour à la maison, à la suite de son voyage, le cycliste s’est senti dépaysé. Loin de chez lui sans objets de base du quotidien ni accès à l’eau, il retrouvait tout le confort de son domicile. Or, le trentenaire a vécu un sentiment de vide durant une semaine.

« J’étais heureux avec très de peu de choses. C’était une espèce de découverte de liberté. Je pouvais m’installer où avec une tente, faire ce que je veux. […] Ça ne me tentait même pas de m’asseoir sur mon divan. Je m’assoyais sur ma chaise de camping chez moi », a indiqué Pascal Marquis.

À peine son voyage terminé, le passionné de vélo était prêt à rembarquer sur sa selle. Il y a juste les fous qui ne changent pas d’idée, comme le dit la célèbre expression.

Le film Islande à vélo Au Gré du Vent sera présenté dans 60 cinémas au Québec, plus particulièrement à Granby et Cowansville. Le réalisateur du film sera présent pour deux projections au Cinéma Élysée à Granby (4 octobre à 13h, 28 octobre à 19h) et deux autres au Cinéma Princess à Cowansville (15 octobre à 19h, 16 octobre à 13h).

À noter que Granby à vélo organisera un convoi afin de se rendre au Cinéma Élysée pour le 4 octobre prochain.