Une centaine d’autos «vertes» en circulation à Granby

TRANSPORT. Si des grands centres urbains comme Montréal et Québec arrivent en tête du classement des villes ayant le plus de véhicules électriques (VÉ) en circulation, Granby prend le virage vert à petite vitesse à ce chapitre. Pas moins de 107 autos «vertes» roulent en ville, soit 69 % de plus qu’à pareille date l’an dernier, selon des données de l’Association des véhicules électriques du Québec (AVÉQ).  

Granby est encore loin des chiffres de Montréal (1789 VÉ), Québec (1276) et de Laval (735), mais la princesse des Cantons-de-l’Est suit la tendance provinciale à son rythme. Au 31 avril 2016, le parc automobile comptait 63 véhicules électriques à Granby. Un an plus tard, plus de 100 autos «vertes» arpentent les rues de la ville.

Ailleurs en Montérégie, les villes de Longueuil et de Saint-Jean-sur-Richelieu arrivent en pôle position du classement avec respectivement 406 et 224 véhicules électriques immatriculés, d’après des chiffres de l’AVÉQ obtenus auprès de la Société d’assurance automobile du Québec.
Selon l’AVÉQ, près du quart des véhicules électriques se trouvent en Montérégie.
Des communautés comparables à Granby, soit Saint-Hyacinthe (148 VÉ) et Drummondville (132 VÉ) font aussi bonne figure en matière de véhicules électriques.

Pas encore d’effet «vert»
L’attrait de la voiture verte en région tarde à faire son bout de chemin, comme le constate l’AVÉQ. L’intérêt du public d’acquérir d’un véhicule propre est là, mais bien des raisons expliquent le retard comparativement aux grands centres.

«Là où il y en a le plus, c’est en banlieue des grands centres. Dans un rayon de 50 km, c’est le sweet spot.» «Avec mon auto électrique, je fais l’aller-retour Saint-Julie-Montréal (environ 80 km) et je rentabilise mon achat après deux ans», explique Martin Archambault, porte-parole de l’AVÉQ.

Les longues distances à parcourir en région et l’autonomie freinent les automobilistes intéressés à prendre le tournant vert, soutient le porte-parole de l’AVÉQ. «Quand un automobiliste en région sort, il a loin à faire. Et quand il a loin à faire, il n’économise pas.»

D’autres facteurs sont aussi à considérer, selon M. Archambault, dont l’industrie automobile elle-même.

«Le gros hic, c’est que les constructeurs n’en rendent pas disponibles (des VÉ) aux concessionnaires. Il y a de quatre à dix mois d’attente. Je vous mets au défi de trouver un modèle électrique. Il reste quelques Kia Soul et Chevrolet Volt. Il y a de la demande, mais pas d’offres et les manufacturiers distribuent en petite quantité», affirme M. Archambault.

Alors que les consommateurs québécois doivent patienter avant de mettre la main sur une voiture électrique, certains concessionnaires de l’autre côté de la frontière peineraient à les vendre. «Aux États-Unis, dans les états où il n’y a pas d’incitatifs à l’achat, on a des surplus de Chevrolet Volt. Pourquoi GM ne les achemine pas ici? Au Québec, on les vendrait», déclare M. Archambault.


Les véhicules électriques en chiffres

Granby: 107 VÉ pour une population de 67 286, donc 15,9 VÉ par 10 000 habitants

St-Hyacinthe: 148 VÉ pour une population de 54 912, donc 26,9 VÉ par 10 000 habitants

Drummondville: 132 VÉ pour une population de 75 771, donc 17,4 VÉ par 10 000 habitants

Cowansville: 21 VÉ pour une population de 13215, donc 15,9 VÉ par 10 000 habitants

Sorel : 64 VÉ pour une population de 35037, donc 18,2 VÉ par 10 000 habitants

La moyenne pour l’ensemble de la Montérégie était de 21,6 VÉ par 10 000 habitants

Source:Données au 31 mars 2017, AVÉQ.