Violence sexuelle chez les femmes locataires: l’art engagé pour dénoncer grâce au Musée éphémère

SOCIÉTÉ. Voyeurisme, exhibitionnisme, avances et agressions. Des femmes locataires ou chambreuses sont parfois victimes d’un propriétaire, d’un concierge ou d’un colocataire aux mauvaises intentions. Comment aborder la question du harcèlement et de la violence sexuelle envers la gent féminine? Avec l’art et le Musée éphémère.

Sur l’heure du lunch ce midi, l’atrium du Cégep de Granby a cédé le plancher au Musée éphémère du Centre d’éducation et d’action des femmes de Montréal (CÉAF). À la demande du Centre d’aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel de Granby (CALACS), le CÉAF s’est arrêté au collège de la rue Saint-Jacques pour sensibiliser la communauté étudiante sur la violence envers les femmes locataires et les chambreuses. À l’aide de son Musée et de stations composées d’objets, de décors et d’histoires, l’organisme montréalais démystifie la problématique. Après Montréal, Rimouski, Trois-Rivières, Châteauguay et Sherbrooke, c’était au tour de Granby d’accueillir l’activité de sensibilisation.

Depuis trois ans, plus de 150 femmes victimes d’intimidation, de harcèlement ou de violence en lien avec leur milieu de vie (logement) ont été rencontrées par le CÉAF, avance Julie Leblanc, travailleuse au CÉAF. Des histoires tout aussi rocambolesques les unes que les autres. «Un jour, je visitais un logement. Le proprio m’a dit qu’il louait son 3 et demi 750 $. J’ai dit….c’est bien trop cher. Il m’a dit…couche avec moi, ça sera moins cher. Je suis partie et je n’ai pas loué le logement», a déclaré une dame lors d’un entretien avec une intervenante du CÉAF.

«Ce dont on se rend compte, c’est que ce n’est pas un phénomène montréalais (harcèlement et violence sexuelle chez les femmes locataires et chambreuses). Partout où nous sommes allés avec notre Musée, nous avons reçu des témoignages», a indiqué Mme Leblanc, du CÉAF.

L’importance de sensibiliser

La courte présence du Musée éphémère entre les murs du cégep a piqué la curiosité des étudiants qui sont venus en grand nombre s’informer auprès de militantes de diverses organisations. Une activité qui s’inscrit dans la philosophie de l’établissement d’enseignement. «Nous sommes dans un milieu d’éducation et ça fait partie de notre mission de mettre en place des activités, car les jeunes ont besoin d’être sensibilisés», a mentionné Michel Bélanger, de la Direction des affaires étudiantes et des services à la communauté du Cégep de Granby.

Au CALACS, la réponse positive des jeunes à la venue du Musée éphémère pourrait marquer le début d’une plus grande collaboration avec le cégep dans le futur. «Je suis super contente de la participation (des jeunes). Nous sommes déjà présents dans les écoles secondaires et l’activité d’aujourd’hui nous permet d’établir des liens avec le cégep», a mentionné Chantal Brassard, du CALACS.