Agriculture: un débat sans éclat

Agriculture: un débat sans éclat

La péquiste dans Granby, Chantal Beauchemin, et le solidaire d'Iberville, Philippe Jetten-Vigeant, ont pris part au débat agricole de l'UPA de la Haute-Yamaska, hier soir.

Crédit photo : GranbyExpress-Éric Patenaude

ÉLECTIONS. Les agriculteurs indécis, qui souhaitaient se faire une tête en vue du vote du 1er octobre, sont restés sur leur appétit. Le face-à-face des candidats de la circonscription de Granby organisé par l’UPA de la Haute-Yamaska, hier soir, n’a pas soulevé les passions ni déclenché des tirs groupés vers l’un ou l’autre des représentants de parti.

Durant plus de deux heures, une vingtaine d’agriculteurs présents à l’Érablière Bernard ont pu interpeller les candidats sur les enjeux de leur secteur d’activités et obtenir des réponses à leurs questions.

Seule ombre au tableau: seulement deux aspirants politiciens ont pris part aux échanges. La candidate du PQ, Chantal Beauchemin, et le candidat d’Iberville de Québec solidaire (QS), Philippe Jetten-Vigeant, qui représentait la solidaire de Granby, Anne-Sophie Legault, ont participé à l’exercice. Retenu par un autre engagement, le député sortant de Granby, François Bonnardel, est de son côté arrivé en toute fin de rencontre. Quant à Lyne Laverdure du PLQ, elle n’a pu être du rendez-vous, mais s’est engagée à solliciter un tête-à-tête avec le monde agricole d’ici le scrutin. Par ailleurs, les candidats du Parti vert (Daphnée Poulin) et du Parti conservateur du Québec (Pierre Bélanger) brillaient par leur absence.

C’est sans surprise que la gestion de l’offre, l’accaparement des terres agricoles, la réforme des taxes municipales et le salaire minimum à 15 $ de l’heure ont été parmi les sujets  abordés lors de la rencontre électorale. Visiblement peu familière avec la production agricole, la péquiste Chantal Beauchemin a tenté tant bien que mal de donner des débuts de réponse aux questions des agriculteurs, mais en vain.

«J’aurais beaucoup de questions à vous poser», a admis en toute franchise la candidate péquiste. «Je suis prête à travailler pour vous (agriculteurs)», a renchéri Mme Beauchemin.

Achat local

La promotion des produits locaux a aussi occupé une place importante dans le débat. Un producteur de bleuets de la région de Granby a invité les candidats à se mouiller dans le dossier des fruits et légumes étrangers qui envahissent le marché en pleine saison au Québec. Ce dernier affirmait ne pas avoir les mêmes outils pour compétitionner, entre autres, face aux bleuets américains (vendus à 1,67 $ la chopine) alors qu’il lui en coûte 4 $ (la chopine) pour livrer le même produit.

À cette question, le solidaire Philippe Jetten-Vigeant et la péquiste Chantal Beauchemin ont offert la même réplique en affirmant que le meilleur mécanisme contre l’arrivée massive de fruits et légumes d’outre-mer passait par la souveraineté alimentaire du Québec. Mme Beauchemin a d’ailleurs rappelé que son parti voulait des assiettes avec 50 % d’aliments du Québec. Le solidaire Jetten-Vigeant s’est empressé d’ajouter qu’un gouvernement solidaire n’accepterait pas que ces produits étrangers vendus à faible prix franchissent la frontière.

Arrivé en cours de débat, François Bonnardel a pris de l’engagement de faire de l’achat local, l’une de ses priorités. Le caquiste souhaiterait notamment voir les établissements de santé s’approvisionner davantage (jusqu’à 60 %) auprès des producteurs locaux.