Budget 2018: hausse du taux de taxes et «vision d’avenir» à Granby

Budget 2018: hausse du taux de taxes et «vision d’avenir» à Granby

Le responsable du comité des finances de la Ville, le conseiller municipal Jocelyn Dupuis, a présenté le budget aux citoyens lundi soir, devant une salle presque entièrement vide.

Crédit photo : (Photo: GranbyExpress-Roxanne Langlois)

FINANCES. Les citoyens de Granby devront composer avec une hausse de taxes de 2 % dans le secteur «ville» et de 2,2 % dans l’ancien Canton dès 2018, une augmentation s’inscrivant dans la philosophie du conseil municipal de mettre de l’avant «une vision d’avenir» et de payer comptant ses infrastructures.

Le conseil municipal a adopté à l’unanimité le prochain budget, lundi soir, sans la moindre question en provenance de l’audience, qui était d’ailleurs quasi vide. En vertu de ces prévisions, le compte de taxes rattaché à une maison de 237 000 $, soit la valeur moyenne des résidences, grimpera respectivement à 2453 $ et 2295 $ à ces deux endroits. Concrètement, il s’agira de 39 $ et 44 $ de plus à débourser. La différence entre les deux territoires s’explique par la dette qui a toujours cours du côté du Canton, dont le remboursement s’achèvera en 2018. Pour le commercial, le taux augmente de 2 % dans la portion «ville» et de 2,1 % dans le canton.

Le responsable du comité des finances, le conseiller municipal Jocelyn Dupuis, l’annonce d’emblée ; la hausse sera également similaire en 2019. «Étant donné que ce sera une année où le rôle d’évaluation va avoir lieu, il y aura un ajustement du taux de taxes pour que le 2 % soit honoré», précise-t-il.

Des revenus réinvestis en infrastructures

«Ce n’est pas le fun d’annoncer des augmentations de taxes, il n’y a pas un maire qui aime ça. Par contre, moi, je n’avais pas fait de promesse et je ne me suis pas lié les mains […]» a fait valoir le maire, Pascal Bonin. Pour lui, le budget 2018 en est un «porté vers l’avenir» qu’il n’a aucun mal à défendre.

«Les revenus additionnels que l’on va chercher dans les poches des citoyens ne servent pas à payer des dépenses d’opérations, mais bien à payer directement et comptant des immobilisations.[…] C’est ce qui a toujours été demandé à Granby depuis longtemps», a quant à lui défendu le trésorier et directeur général adjoint, Jean-Pierre Renaud.

Si le budget 2017 avait été qualifié d’historique puisqu’il dépassait les 100 millions $, celui de 2018 dépassera quant à lui le cap des 104 millions. L’exercice équilibré prévoit d’ailleurs 8,7 millions $ en immobilisations.
Comme c’est le cas depuis 2012, les taxes de services, tant pour le résidentiel que le commercial, demeureront gelées pour la prochaine année.

La dette augmente, mais…

L’endettement total de la Ville devrait passer de 84,3 millions $ à la fin 2017 à 85,8 millions $ un an plus tard. De ce chiffre, 1,5 million $ en emprunt sera toutefois investi afin de faire traverser les services d’égout et d’aqueduc ainsi que le réseau pluvial de l’autre côté de la route 139, sur les terrains acquis il y a quelques années par l’administration Goulet. La Ville espère ainsi vendre ces terrains à de nouveaux entrepreneurs  ayant pignon sur rue dans le parc industriel et en retirer des revenus. «Pour moi, c’est un emprunt théorique. C’est une sortie d’argent, mais il y aura une entrée d’argent qui devrait être pas loin de l’équivalent», explique M. Bonin.

Le ratio d’endettement sur la richesse foncière uniformisée, chiffré à 1,3, demeure néanmoins plus que raisonnable, maintient le directeur général, Michel Pinault. «En moyenne, au Québec, il est de 2,5. […] C’est un indicateur qui est très, très, très parlant. À 1,3, c’est très bon!».

Si la dette prévue pour 2018 est la plus élevée enregistrée depuis l’entrée au pouvoir de l’administration Bonin, ce dernier ne s’en formalise pas. Il le dit d’emblée ; l’abaisser ne constitue pas le but premier du conseil municipal en place. «Il n’y a pas beaucoup de villes qui ont aussi peu de dettes que nous par rapport à ses revenus et sa richesse foncière. […] Abaisser la dette, je ne vois pas l’intérêt que ce soit l’objectif principal». Pour lui, maintenir la qualité de vie des citoyens et le niveau des infrastructures demeurent les priorités.

Le festival des cônes oranges

Quant à l’enveloppe du Programme triennal en immobilisations (PTI), elle devrait contenir un peu plus de 22,4 millions en 2018. La plus grande part du montant, un peu plus de 16 millions $, sera spécifiquement dédiée aux infrastructures de rues. «C’est une année de cônes oranges», prévient M. Bonin, qui précise que plus de 70 % du budget du PTI y sera consacré.

Parmi les dépenses les plus significatives, notons le prolongement des réseaux sur le boulevard Industriel (2,8 millions $), la réfection de la rue Horner et de la rue Laval (1,7 million $) ainsi que des travaux sur la rue Gill (un million $). La Ville participera également à la hauteur d’un million au réaménagement de l’intersection de la route 139 et de la rue Cowie, mené par le ministère des Transports. Reportée d’une année, la voirie du 11<V>ième<V> rang est au programme avec 2,5 millions $.

Le budget de la Ville sera rendu public dès mardi  au www.ville.granby.qc.ca.