Candidat à la mairie de Granby: un Carl Bouvier version 2.0

Candidat à la mairie de Granby: un Carl Bouvier version 2.0

Carl Bouvier a choisi de rencontrer le Granby Express au restaurant La Belle Province

ÉLECTIONS. Le candidat à la mairie de Granby en 2013 qui n’avait récolté que 0,89 % des voix n’a pas pour autant jeté la serviette. Se disant cette fois mieux préparé et plus expérimenté, Carl Bouvier, aujourd’hui âgé de 31 ans, se lance de nouveau dans la mêlée.

Contacté quant à sa candidature, désormais officielle, l’aspirant élu convie le Granby Express à La Belle Province, au coin du boulevard Leclerc Ouest et de la rue Principale. C’est à ce restaurant où il a autrefois travaillé qu’il est parvenu à boucler une large part des 100 appuis nécessaires, échangeant une signature contre 15 % de rabais sur une commande.

L’idée  de «dernière minute», qui lui aura aussi permis de «jaser avec les gens», a vite fait d’attirer l’attention. «Mon père disait tout le temps  »Parlez-en en bien ou parlez-en mal, mais parlez-en »», illustre celui qui affirme aimer se démarquer.

Des flèches envoyées à Bonin

Jugeant avoir gagné en expérience et en sérieux au cours des quatre dernières années, celui qui avait terminé bon dernier en 2013 ne laisse vraisemblablement pas ces résultats freiner ses ardeurs. «Ce que je voulais le plus, c’était que le maire (Richard) Goulet soit tassé. Cet objectif-là a été atteint», affirme-t-il, conscient que les 230 votes qu’il a récoltés n’ont pas eu le plus grand poids dans la balance. Voulant toujours retrouver le «Granby de son enfance» de l’ex-maire Pierre-Horace Boivin, dont il souhaite s’inspirer, Carl Bouvier veut maintenant faire obstacle à la réélection du premier magistrat sortant, Pascal Bonin.

Il y aurait eu «beaucoup de dépenses inutiles et de décisions inappropriées» sous la gouverne de M. Bonin, défend M. Bouvier. Il cite en exemple la piste multifonctionnelle de la rue Léger, qui s’est réalisée de façon «cachée», selon lui, ainsi que les estimations plus élevées pour la construction du nouveau centre aquatique. «Je suis 100% d’accord qu’on aura besoin d’une nouvelle piscine dans les prochaines années, mais je pense que ce n’était pas le moment», soutient-il.

Questionné à savoir s’il n’aurait pas été préférable qu’il tente d’abord d’acquérir de l’expérience politique comme conseiller, le résident du quartier cinq sert une réponse on ne peut plus claire. «Il y a des bons candidats aux sièges de conseiller, mais ça prend un bon maire et ça, il n’y en a pas».

Apprendre de ses erreurs

Carl Bouvier laisse également derrière lui son expérience «pas super» du débat des candidats des dernières élections, où il s’était «mal exprimé» en interpellant le maire sortant sur la question de la facture découlant de la démolition d’un bar de danseuses, le <I>Studio<I>. Il compte tout de même se prêter au jeu de nouveau si un tel débat est organisé d’ici le scrutin.

Pas question non plus de répéter l’erreur de remettre en retard son rapport de dépenses,  une infraction qui lui avait valu une amende de 500$ du directeur général des élections du Québec.  «J’ai remédié à la situation, je me suis pris un agent officiel», précise-t-il, ajoutant qu’il s’était à l’époque buté à la «complexité» du document.

Le temps de changer

Le candidat, qui prévoit bientôt s’afficher officiellement et lancer son porte-à-porte, a de grandes ambitions. M. Bouvier voudrait notamment, d’ici quelques années, qu’un monorail relie Saint-Alphonse-de-Granby à Granby, question de désengorger la 139, un problème récurrent de congestion étant constaté à proximité du zoo. Il prône également une baisse de taxe de 5% et un gel sur quatre ans pour aider les citoyens à souffler, un service d’agents de sécurité veillant à la quiétude des parcs afin d’alléger le travail des policiers et la réfection des artères majeures de la ville pour les paver de béton, ce qui «éviterait beaucoup de nids de poule».

Carl Bouvier lance ce message à ceux qui seraient tentés de croire qu’il voit trop grand: «Si on veut changer la facette de Granby, ce serait le temps». Il admet toutefois que rien n’est gagné d’avance. «J’ai une bonne course à faire. J’ai un mois pour prouver que je serais bon».