Clinique d’accès: des instances s’opposent à la fermeture

Clinique d’accès: des instances s’opposent à la fermeture

Sophie Séguin, présidente du SPSCE et Johanne Ouellette, directrice générale du SERY, estiment que la clinique d'accès doit à tout prix rester accessible à la population, dont aux personnes vulnérables et démunies qu'elle dessert.

Crédit photo : (Photo: GranbyExpress-Roxanne Langlois)

SANTÉ. Inquiètes des répercussions qu’elle aura sur la population, des intervenantes montent aux barricades suite à l’annonce de l’éventuelle fermeture de la clinique d’accès de Granby, rue Saint-Jacques.

Des représentantes de Solidarité ethnique régionale de la Yamaska (SERY) et du Syndicat des professionnelles en soins des Cantons-de-l’Est (SPSCE) ont rencontré la presse régionale, lundi après-midi, pour décrier la situation. Les deux instances demandent directement au ministre de la Santé, Gaétan Barrette, de trouver une solution afin de maintenir les opérations de la clinique, qui a pignon sur rue depuis 10 ans.

Selon le SPSCE, ce serait un problème de disponibilité qui aurait sonné le glas du service. «On a appris qu’il y a des médecins qui ont quitté la région. Au-delà de ça, c’est la responsabilité du ministère de donner les effectifs médicaux dans une région par rapport au nombre d’habitants. En ce moment, ça tarde», explique la présidente du syndicat, Sophie Séguin.

Selon elle, six docteurs œuvrant à l’urgence de Granby auraient quitté; or, ce sont principalement cette catégorie de professionnels qui pratiquent aussi à la clinique d’accès. «Il faut que M. Barrette dise d’envoyer des médecins à Granby, ça n’a pas de sens», ajoute Johanne Ouellette, directrice générale du SERY, l’organisme propriétaire de la bâtisse qui abrite aussi la clinique.

Ce sont des malades de la Haute-Yamaska qui n’ont pas accès à un médecin de famille ou qui attendent d’être pris en charge par celui qui leur a été attribué qui s’y présentent. Des patients en provenance de l’urgence y sont aussi référés.

Des solutions

Il existe sans contredit des alternatives pour pallier à ce manque d’effectif, fait valoir Mme Séguin. La syndicaliste estime, par exemple, que l’ajout d’une infirmière praticienne spécialisée (IPS), à même de procéder à des prescriptions, pourrait s’avérer une avenue potentielle.

«Si on est capable de mettre une IPS, qui est beaucoup moins dispendieuse pour le ministère et très aidante pour la population, ça pourrait faire en sorte qu’avec l’infirmière qui est ici, elle pourrait voir au moins 4000 patients par année», explique-t-elle, précisant que c’est environ le nombre de personnes qui ont été suivies sur place au cours d’année financière 2017-2018.

Rappelons que le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) de l’Estrie-CHUS devait annoncer via un point de presse, le 29 mars dernier, qu’il mettrait la clé sous la porte de l’établissement. L’infirmière sur place a d’ailleurs reçu un avis d’abolition de poste effectif au 30 juin prochain.

Or, cet événement médiatique a été annulé à la dernière minute par le réseau de la santé régional. Ce serait le ministre de la Santé lui-même qui aurait ordonné l’annulation de cette sortie publique après avoir été interpellé par le député de Granby, François Bonnardel.

Des besoins bien présents

La clinique d’accès a sa place au sein du système de santé en Haute-Yamaska et se doit de conserver, plaident les deux dames. «Les gens qui sont principalement vus, ce sont des gens qui ont des maladies chroniques, des problèmes de santé mentale et des personnes qui ont un suivi à la CNESST. […]Au triage à l’urgence, ces gens-là ne sont pas en priorité, on dit ”P4”, ”P5”. Ce sont des 10-12 heures (d’attente), facilement», image Sophie Séguin.

Cette dernière rappelle que l’urgence de l’hôpital de Granby doit présentement composer avec des défis importants, son taux d’occupation avoisinant les 200 % depuis plusieurs semaines. De plus, elle déplore que ce soit le silence radio depuis le 29 mars dernier relativement au sort de la clinique d’accès, une  attente qui a assez duré, selon elle.

Les locaux de la clinique d’accès étant situés tout juste en dessous de ceux du SERY, cet organisme fait également valoir que les lieux facilitent l’accès à un rendez-vous médical pour les personnes immigrantes nouvellement établies sur le territoire.

Une rencontre entre le député de Granby et le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, est prévue mardi. Notons que selon les chiffres rapportés par l’élu récemment, 9450 personnes de Granby et de la Haute-Yamaska ne sont toujours pas, à ce jour, suivies par un médecin de famille.