Les Couloirs de la violence amoureuse reprennent du service

Les Couloirs de la violence amoureuse reprennent du service

Claudia Bouvette incite les jeunes à dénoncer toutes formes de violence.

SENSIBILISATION. Les Couloirs de la violence amoureuse sont de retour en Haute-Yamaska. Pour sa deuxième édition, l’initiative vise la sensibilisation de deux fois plus d’adolescents que l’an dernier, soit 1675 au total.

Le labyrinthe multimédia de douze mètres par huit mètres est une fois de plus érigé au centre Jean-Paul Régimbal de Granby et accueillera des étudiants de quatrième et cinquième secondaire tout au long du mois de décembre ainsi qu’en janvier 2018. Les quatre établissements secondaires de Granby, le Centre régional intégré de formation (CRIF) ainsi que l’école Wilfrid-Léger de Waterloo prendront part à l’activité.

Comprenant des reconstitutions de décors, des vidéos et des effets spéciaux, cet outil de sensibilisation lancé par la Table de concertation pour contrer la violence faite aux femmes en Haute-Yamaska a pour objectif d’amener les participants à reconnaître une relation toxique.  Les jeunes seront d’ailleurs accompagnés par une quarantaine d’animateurs, incluant des policiers.

Des effets positifs

Agent pour la Sûreté du Québec, Sylvain Leblanc a lui-même proposé de déployer le concept, conçu au Saguenay-Lac-Saint-Jean en 2008. «Le labyrinthe multimédia est un outil de prévention précieux (…) Les jeunes découvriront les signes précurseurs de la violence amoureuse et son cycle. Ils pourront aussi reconnaître les manifestations des différents types de violence et leurs impacts», explique-t-il.

Si les conséquences concrètes d’un tel projet s’avèrent difficiles à chiffrer, nul doute que ses retombées seront positives. «On peut dire que les jeunes qui ont visité les lieux (l’an dernier) en sont ressortis plus informés, plus outillés pour en parler et soutenir un ami ou une amie qui vit ce genre de relation», explique Carmen Paquin, directrice de la maison Alice-Desmarais de Granby, accueillant les femmes violentées ainsi que leurs enfants.

Une voix s’élève

Une nouvelle porte-parole prend cette année le relais d’Andréanne A. Mallette. L’auteure-compositrice-interprète et comédienne Claudia Bouvette,  bien connue des jeunes pour son personnage de Raphaëlle dans l’émission Jérémie diffusée sur les ondes de VRAK, se joint à l’aventure.

Comme c’est le cas de son personnage, la jeune femme de 22 ans originaire de Bromont a elle aussi vécu une relation toxique lorsqu’elle était au secondaire. Si le tout a débuté sur des notes très positives, la situation s’est rapidement détériorée  et l’a affectée.  «Je ne sais pas trop ce qui s’est passé, mais j’ai comme l’impression que je suis tombée dans une position de soumission. […]J’ai fini par accepter des comportements qui étaient inacceptables […]Mais j’étais en amour et je voulais me faire aimer», a-t-elle témoigné.

Souhaitant s’impliquer pour cette cause qui lui tient à cœur, la jeune femme répète que la tolérance zéro est de mise lorsqu’il est question de violence amoureuse et conjugale. Elle invite les jeunes à dénoncer, à en parler ainsi qu’à avoir conscience de leurs propres limites. «La violence physique, c’est un autre step, mais la violence psychologique, ça peut vraiment être ravageur à long terme. Il faut aussi prendre ça en considération et il y en a plus qu’on pense», fait-elle-valoir.