Appellez-la docteure Corriveau!

Par Ugo Giguere
Appellez-la docteure Corriveau!
La musicienne Mélisande Corriveau compte parmi les rares experts du pardessus de viole.

Entre ses nombreux concerts un peu partout sur la planète et la coordination des programmes de l’Harmonie des saisons, Mélisande Corriveau a trouvé le temps de compléter son doctorat en musique. La Granbyenne compte maintenant parmi les rares spécialistes au monde du pardessus de viole.

Lundi prochain, le 27 janvier à 19h, la musicienne présentera son concert final à la salle Claude-Champagne de l’Université de Montréal devant public et jury. Un beau défi. «C’est très difficile d’en jouer. C’est délicat, il faut être très précis sinon ça sonne faux», explique Mélisande.

Son programme compte des créations des compositeurs Hugard de St-Guy, Nicolas Lendormy, Louis de Caix d’Hervelois, Charles Dollé, J.M. Chamborn et J.S. Bach. Son conjoint, Eric Milnes, va l’accompagner au clavecin et à l’orgue.

Le pardessus de viole est le petit dernier et le plus petit modèle de la famille des violes de gambe. On l’appelle «pardessus» parce que le son produit est plus haut que celui du dessus de viole.

«C’était le violon des femmes à l’époque baroque. On ne permettait pas aux femmes nobles de jouer des instruments qui changeaient leur posture ou l’expression de leur visage, donc pas de violon pour les femmes», raconte la doctorante.

C’est après avoir découvert de magnifiques pardessus anciens à l’Université de Toronto qu’elle a choisi de s’y consacrer. «Je me suis dit que ça ferait un excellent sujet canadien et féministe», mentionne-t-elle.

Comme l’instrument a connu ses heures de gloire à la cour du roi Louis XIV au 18e siècle, les rares spécimens recensés ici nous viennent d’outre-mer. «On en trouve beaucoup dans les musées et parfois on en voit dans les encans», précise Mélisande.

Selon son estimation, on n’a pas besoin de tous ses doigts pour compter les musiciens qui maîtrisent le pardessus de viole dans le monde. «C’est une surspécialité dans un milieu déjà très spécialisé», résume-t-elle.

D’ailleurs, la fondatrice de l’Harmonie des saisons a dû se rendre à la Bibliothèque nationale de Paris et scruter de vieux manuscrits sur microfilm afin de rassembler un catalogue de répertoire. Elle a heureusement pu compter sur une bourse du Fonds de recherche société et culture pour l’aider dans son travail.

Enseigner et enregistrer

L’obtention de son diplôme de doctorat pourrait éventuellement lui ouvrir les portes des universités pour un poste d’enseignement. Une première demi-tâche l’attend déjà du côté de l’Université McGill.

On lui a confié la tâche de superviser une étudiante intéressée à comparer le jeu de soliste du pardessus et du violon. Mélisande Corriveau entend aussi faire profiter de son travail de recherche aux mélomanes. Une entente avec l’étiquette ATMA classique va lui permettre d’enregistrer un album de pardessus de viole.

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