Immortaliser le patrimoine de la Haute-Yamaska 

HISTOIRE. De St-Alphonse-de-Granby à St-Joachim-de-Shefford, en passant par Granby et Roxton Pond, la région compte de nombreux trésors patrimoniaux. La Société d’histoire de la Haute-Yamaska (SHHY) a immortalisé ces richesses architecturales dans un tout nouveau livre lancé aujourd’hui même.

Ce Guide du patrimoine bâti de la MRC de la Haute-Yamaska est le résultat des efforts conjugués de quatre auteurs et historiens. Mario Gendron, Chantal Lefebvre, Johanne Rochon et Cecilia Capocchi ont mis en commun leur savoir et leurs recherches.

Au fil des 150 pages, on découvre de magnifiques résidences, bâtiments institutionnels et immeubles commerciaux ou industriels. Chacune des huit municipalités de la MRC Haute-Yamaska dispose de sa section agrémentée d’une mise en contexte historique et sociale.

«On se démarque des autres livres du genre parce qu’on a l’histoire en plus du patrimoine architectural», souligne la directrice de la SHHY Johanne Rochon. Chaque résidence est accompagnée d’un bref historique qui révèle qui l’a fait construire et quels personnages marquants y ont habité.

Au total, 165 lieux sont répertoriés en incluant aussi quelques cimetières. «Ça ne fait pas partie du patrimoine bâti, mais on trouvait que c’était important de les mentionner par souci de conservation. C’est aussi un témoignage de l’histoire de la région», explique Mme Rochon.

Évidemment, l’objectif du livre de référence est de sensibiliser le public à la richesse de ce patrimoine et à l’importance de le conserver. Environ 1 600 copies sont distribuées dans les hôtels de ville de la Haute-Yamaska et 400 copies sont disponibles à la SHHY située dans l’édifice du Palace de Granby.

Premier inventaire

Sans le savoir, c’est en 2006 que le projet a débuté. Chantal Lefebvre, historienne de l’architecture, a obtenu une subvention pour la création d’un inventaire du patrimoine rural. Un exercice jamais réalisé en Haute-Yamaska.

Ce projet visait à sensibiliser les municipalités et les citoyens à la richesse de leur patrimoine. Chantal Lefebvre a ainsi débusqué tous les joyaux d’architectures cachés dans le fond de nos rangs de campagne.

«Par ses connaissances, elle sait ce qui date du 19e siècle ou du début du 20e et elle peut juger de la conservation. Certaines maisons ont été tellement modifiées avec les années», souligne Cecilia Capocchi, directrice adjointe de la société d’histoire.

L’exercice a d’ailleurs permis de dénicher le plus vieil immeuble toujours habité. Il s’agit d’une petite maison de ferme du chemin Brandrick à St-Joachim-de-Shefford. Sa construction remonterait à 1830!

Plus sensible qu’avant

Au dire de Johanne Rochon, la conscience populaire envers la protection du patrimoine s’améliore avec le temps. «Depuis les années ’70, on voit une nette amélioration du patrimoine, bien qu’on en ait perdu beaucoup. Les gens sont sensibles, plusieurs viennent nous voir parce qu’ils veulent redonner le cachet d’origine à leur propriété», affirme l’historienne.

N’empêche que les années passent et que les nouvelles constructions mettent de la pression sur les plus vieilles. Aussitôt publié, le guide commence déjà à compter ses premiers disparus.

L’usine Stanley de Roxton Pond, à la page 75, devrait être démolie cette année. Un peu plus loin, à la page 88, le pont de métal du rang Choinière à St-Alphonse-de-Granby est présenté comme le dernier de ce genre dans la région. Il a malheureusement été remplacé en février dernier.