Oli Féra : « Le succès est quelque chose de relatif, mais chose certaine est que j’ai envie d’être dans ce métier à temps plein »

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Par Abdennour Edjekouane
Oli Féra : « Le succès est quelque chose de relatif, mais chose certaine est que j’ai envie d’être dans ce métier à temps plein »
Oli Féra.  (Photo : gracieuseté-Annick Fluet Photographe & Alpha/Art Numérique.)

CULTURE. Le 17 août dernier, Le Granby Express a rencontré Oli Féra en marge de la deuxieme demi-finale du Festival international de la chanson de Granby. Seule representante de la communauté granbyenne, l’artiste s’est hissée en finale et perfomera de nouveau le 24 août prochain. 

Comment décrirais-tu ta musique? 

C’est juste récemment que j’ai réussi à mettre des mots la dessus. C’est un univers cinematorock émotif, ou bien de l’indie pop enfumé. C’est une musique très généreuse et inspiré de Radio Head ou encore de Klopelgag, mais aussi de la musique de film comme les vieux westerns du genre Le bon la brute et le truand. Ce sont des sonorités très dark western. Ça vient contraster avec mes paroles très émotives et franches, qui vont parler du vécu de quelqu’un qui passe certaines épreuves. Pour faire simple, c’est du rock féminin (rire). Sinon pour aller dans le complexe, c’est un univers assez singulier, mais inspiré de plusieurs artistes.  

Pourquoi cette imagerie très « florale » ? 

À la base, je faisais de l’agriculture en parallèle à la musique, donc les fleurs et les plantes c’est quelque chose qui m’a toujours passionné. En plus, nous, les femmes, sommes souvent représentées par la délicatesse, donc les fleurs et les pétales et cette espèce de «  everything’s good and smooth  ». Et la fleur qui revient dans mes visuels est la rose, parce que moi c’est la fleur la plus «  badass  », parce qu’elle est belle et magnifique, mais n’essaie pas de trop t’en approcher ou de la manipuler, sinon elle te pique. C’est ça le parallèle avec la rose, même s’il y a une délicatesse dont tout ce que je suis, mais je sais qui je suis et je sais où je m’en vais. Je trouve ça important d’être une femme forte, d’être un modèle pour les autres jeunes filles qui rentrent en musique.

Qu’est-ce qui t’a poussé à participer au FICG ? 

J’habite à 200 mètres du Palace (rire). Plus sérieusement, à la base j’ai déménagé ici pour faire l’École nationale de la chanson à Granby. J’ai grandi à Montréal, j’ai habité à Victoriaville et à Gatineau et j’étais arrivée à une étape de ma vie ou je me sentais pousser des racines. Quand je suis revenue d’un long voyage en Australie, j’ai décidé de m’établir quelque part et j’ai atterri à Granby. Ensuite, c’est quand j’ai participé récemment à Ma première Place des Arts que je me suis dit que je pouvais participer au FICG après. J’ai fait les auditions et j’ai appris ensuite que j’allais faire les demi-finales, j’étais vraiment contente ! L’année passée je me suis impliqué au FICG en tant que bénévole, j’aidais à monter des structures faire de la surveillance. Pour moi, venir ici au FICG en tant qu’artiste avec mon projet, c’était un peu une continuité logique.

Qu’est ce que tu aimerais transmettre au public sur scène ?

Que c’est correct d’être soi-même. Nous n’avons pas besoin de porter de masques, autant sur scène que dans la vraie vie. Embrasser pleinement le fait d’être soi-même est quelque chose que je valorise énormément, et lorsque je suis sur scène, c’est indéniable que je ne peux pas être autre chose que ça (rire). Mes chansons parlent de sujets qui peuvent être délicats comme la santé mentale, la jalousie, l’amour de soi, de l’acceptation que les choses vont évoluer. Donc voilà, si je peux juste être la et inspirer des gens à être eux même. Vivez vos émotions ! (rire).

Parmi les chansons que tu as composées, quelle est ta préférée ? 

Il y’a une chanson qui va être dévoilée avec mon EP qui sort en 2023, ça va être elle ma préférée ! Mais si je me limite au concours, je dirai que c’est Le bouquet. C’est elle que j’ai le plus « plaisir » à interpréter. C’est une chanson dans laquelle je peux me permettre d’aller au bout d’une certaine colère. C’est une chanson qui m’a permis d’explorer le fait d’être fâchée pour de vrai et ça m’a appris que je ne veux pas aller là dans la vie. C’est une musique qui groove, qui me permet de sortir ma Janis Joplin ou ma Diane Dufresne intérieure. C’est important de comprendre ce qui nous pousse à agir en tant qu’humain, de se poser des questions et de nous améliorer. J’ai le privilège en tant qu’autrice-compositrice de me pencher sur une question et d’en faire une chanson pour proposer des solutions. D’en faire comme un mini-film et d’arriver à la fin en acceptant qui nous sommes.

Tu aimes les films qui finissent bien ou ceux qui sont nuancés ? 

J’aime la complexité et les nuances (rires). J’aime ça savoir que le gentil n’est pas tout à fait gentil, ou que le méchant n’est pas méchant pour rien. Autant en musique ou en cinéma, j’aime avoir des réflexions qui me font avancer. L’art sert à ça quelque part, nous permettre de décrocher, ça nous permet d’avoir un certain recul et de réfléchir sur nos expériences. Bref, j’aime ça la complexité.

Comment est-ce que tu appréhendes ta soirée ? 

Quand même bien ! j’aime tellement ça être sur la scène. J’aime beaucoup composer des chansons pour partager avec le public, mais il y’a quelque chose de très personnel aussi dans le fait d’être sur la scène. Je trouve ça le fun et libérateur. En plus, j’y suis avec six musiciens incroyables, ils sont tellement bons. Je me sens surtout fébrile et excité, surtout d’aller à la rencontre de mon public et d’apprendre à le connaitre.

En te projetant, que penses-tu retenir de toute cette expérience au FICG ? 

Les gens et les rencontres, tout le monde dans la cohorte le disent ! Tous les autres artistes sont tellement gentils. On joue de la musique ensemble, on s’entraide. Il y a un très bon esprit de fraternité, on est comme devenu une famille pour la vie. Toutes ces amitiés et ces relations dans le domaine de la musique me montrent que je ne suis pas seule et ça m’encourage pour la suite des choses.   

Quel artiste de la cohorte t’a fait un effet wow ? 

L’affaire est qu’on n’a pas encore vu toutes les demi-finales. Il y’en a qui sont assez subtiles et qui ne nous ont pas encore montré tout leur talent (rire). Mais avec la première demi-finale que j’ai vue, je dois faire une mention spéciale à La Charpie. Cette femme est incroyable ! Elle arrive sur scène et c’est cynique, sarcastique, désinvolte, elle a une plume raffinée et une excellente voix. Ç’a été un gros coup de cœur ! Mais pour l’instant je ne peux pas juger, on n’a pas encore tout vu et je pense qu’on va avoir des surprises encore !

Qu’est ce qu’on peut te souhaiter pour la suite ? 

Pour moi, juste que ça continue et qu’on puisse trouver les moyens de sortir le EP en 2023, monter un spectacle avec ça et inviter des artistes que j’aime pour des premières parties. Je veux continuer à faire de la scène et à œuvrer dans le domaine de la musique. Le succès est quelque chose de relatif, mais chose certaine est que j’ai envie d’être dans ce métier à temps plein. J’en mange et j’aime tellement ça ! Être sur la scène, rencontrer le public et d’avoir la chance de grandir et d’apprendre dans ce métier sont des choses qui me font vibrer. On verra comment ça va évoluer avec la sortie de l’EP.

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