Un « reality check » salutaire pour Arnaud Emar
CULTURE. Le Granbyen Arnaud Emar (de son vrai nom Arnaud Quintal-Émard) l’avoue sans détour: son élimination lors des demi-finales de la 57e édition du Festival international de la chanson de Granby (FICG) a été un « reality check » qui a fait mal… dans le bon sens. Le GranbyExpress l’a rencontré à l’occasion du premier anniversaire de sa participation à l’événement.
« Quand je suis allé au FICG, je me disais »OK, la gloire m’attend.« Je ne le pensais pas de manière égocentrique. J’avais confiance en mon projet. On espère toujours se rendre plus loin dans un concours, gagner des prix. Puis, je suis reparti bredouille. Il fallait que je pense à pourquoi je l’ai fait [l’événement] », a-t-il admis.
L’artiste de 24 ans s’est recentré sur lui-même au cours de la dernière année. Il sentait qu’il voulait « trop en donner » lors de ses prestations.
« J’ai écouté les conseils de ma mentor, Karolan Boily, une amie. C’est elle qui m’a initié à l’écriture de chansons quand j’étais adolescent. Elle m’avait dit que plusieurs chanteurs ont tendance à être en arrière de leur X aujourd’hui, qu’ils veulent s’effacer et que, moi, j’étais trop devant. […] On dirait que je peux être connecté avec les gens, mais que j’essaie trop de faire passer mon message. Ça produit donc l’effet inverse », a déclaré l’auteur-compositeur-interprète.
L’humain
Le musicien s’est fait discret sur les réseaux sociaux afin de se « rapprocher » de de sa fibre artistique plutôt que de son côté entrepreneur. Cette pause l’a mené dans plusieurs projets, notamment une œuvre collective multidisciplinaire alliant musique et peinture avec l’artiste peintre Roger Alexandre.
Cette idée a germé lors d’une rencontre dans un café entre les deux hommes. Le premier jouant de la guitare, le second improvisant une toile inspirée par la musique.
Le duo a d’abord participé à une première exposition, Les Belles de décembre de l’artiste multidisciplinaire de Saint-Jean-sur-Richelieu Jean Guillet, en décembre dernier. Un petit kiosque était à leur disposition. Les visiteurs pouvaient prendre le pinceau de M. Alexandre à tout moment pour improviser sur la toile au rythme de la musique d’Arnaud. Une activité qui a duré quatre heures.
Ils ont répété l’expérience en mai dans le cadre de l’exposition Matière en mutation au Domaine Trinity, également à Saint-Jean-sur-Richelieu. Cette fois, l’œuvre était mise aux enchères pour amasser des fonds pour l’organisme Collectivement Elles, qui contribue au mieux-être des femmes.
Expérience marquante
Arnaud Emar a également présenté des spectacles dans des CHSLD et des résidences privées pour aînés (RPA).
« Il y a tellement une vraie connexion pendant ces prestations-là. […] Je me suis même fait un nouvel ami. Il s’appelle Richard et c’est un ancien musicien. Malheureusement, il est atteint de la maladie de Parkinson. Il a toute sa tête, on pouvait communiquer ensemble, parler de musique. Il a tenté de jouer de la guitare. Tous ses réflexes voulaient être là, son corps essayait, mais ne suivait pas. Ça m’a beaucoup affecté et ému », a-t-il confié.
Court terme
Le Granbyen sera fort occupé au cours des deux prochaines années, alors qu’il préparera son deuxième EP en carrière. Un autre mini-album devrait voir le jour durant la même période, en reprenant de vieux textes jamais enregistrés de son ami Roger Alexandre, écrits en 1966.
« Je ne me mets pas de pression quant à un échéancier pour les deux projets. […] Pour ce qui est des textes de Roger, ce qui est drôle, c’est qu’il avait 24 ans au moment de l’écriture, donc le même âge que moi aujourd’hui! On travaille sur la même chose… avec 60 ans de différence! C’est complètement fou », s’est réjoui l’auteur-compositeur-interprète.
Plus récemment, l’ex-élève de l’École nationale de la chanson a enregistré la vidéo de présentation d’Emma Tome pour la 58e édition du FICG. Participante au concours, cette dernière est également une bonne amie d’Arnaud.
Il n’était pas du tout au courant qu’elle s’était inscrite. « Emma ne s’attendait pas à entrer immédiatement. Elle pensait passer les auditions deux ou trois fois, persuadée de ne pas être choisie. Je n’avais absolument rien à voir dans sa décision. […] Je suis vraiment content de la voir participer! », a conclu le jeune homme.
