Granby: quand art, savoir et écologie se côtoient

Granby: quand art, savoir et écologie se côtoient

Des personnes impliquées de près dans la réalisation de la halte piétonnière des Générations sont photographiées au centre du Cercle des rencontres. De gauche à droite: le directeur général de Granby, Michel Pinault, la directrice de l'Atelier 19, Francine Charland, le maire de Granby, Pascal Bonin et le directeur du service des travaux publics, François Méthot-Borduas.

Crédit photo : (Photo: GranbyExpress-Roxanne Langlois)

COMMUNAUTÉ. Après le parc Pelletier à pareille date l’an dernier, au tour de la halte piétonnière des Générations, autrefois surnommée la station ABC, d’être elle aussi inaugurée. Fruit d’une cocréation entre la Ville de Granby et l’Atelier 19, le lieu a subi une cure de jouvence d’environ 185 000 $.

Approuvé en janvier 2017 par le conseil municipal, le projet a été instigué par le groupe d’artistes, qui rêvait de faire de ce terrain vague en bordure de la piste cyclable l’Estriade  un «espace de sensibilisation». L’art a véritablement pris d’assaut les lieux suite aux efforts du service des travaux publics de la Ville.

Au centre trône désormais le Cercle des rencontres, un aménagement autour duquel sept bancs de parc recyclés et décorés de mosaïque, conçus par des membres de l’Atelier 19, ont été disposés. «C’est quand même spécial pour des citoyens de s’asseoir sur du mobilier urbain qu’on a fait soi-même. C’est extraordinaire», a lancé le maire Pascal Bonin mercredi après-midi au moment de l’inauguration. L’élu était visiblement extrêmement fier de la collaboration qui a permis de créer un tout nouvel espace.

Les poubelles du site ont également été décorées et métamorphosées en jardinières, tandis que des sculptures de tortues serties de mosaïque ont été dispersées à la halte. L’Atelier 19 aimerait d’ailleurs voir cette espèce être artistiquement représentée aux quatre coins de Granby. «Quand on est en ville, on a besoin de ralentir. La tortue est la meilleure messagère pour nous aider à ralentir», plaide Francine Charland, directrice de l’Atelier 19.

Celle-ci avait elle-même lancé l’idée de faire un parc sur place lorsqu’une murale créée par son regroupement y a été inaugurée, en 2015. La Ville a d’ailleurs, à son grand bonheur, sauté à pieds joints dans ce projet.

Précisons que 125 pavés de mosaïque, entre autres réalisés par des élèves de sixième année de l’école primaire Les Jeunes Explorateurs, ont aussi été intégrés sur le site. «C’est une trouvaille extraordinaire, parce qu’on peut en mettre partout dans la ville», soutient Mme Charland.

La sculptrice Joanne Leduc est photographiée, en compagnie de membres de sa famille, à proximité de son œuvre Soupir de Gaïa.

Une œuvre d’art intitulée Soupir de Gaïa a également trouvé sa place à la halte piétonnière des Générations. Celle-ci est le fruit du travail et de l’imagination de la Granbyenne Joanne Leduc; c’est d’ailleurs la toute première fois que la sculptrice présente une œuvre publique, un véritable «privilège» pour elle.

Un peu plus loin, un kiosque de bois sert de lieu d’exposition; des prie-Dieu de l’Église Saint-Benoît y ont été placés et un piano public, fortement utilisé, s’y retrouve durant l’été.

L’écologie en avant-plan

L’écologie fait partie intégrante de la halte des Générations. «Le parc a été conceptualisé pour faire une prise de conscience sur les éléments sensibles, que ce soit la faune, la flore, l’air et l’eau», fait remarquer le directeur du service des travaux publics, François Méthot-Borduas.
Ainsi, des bassins de rétention ont entre autres été créés et visent à recréer de façon naturelle le cycle de l’eau afin que soient minimisés les impacts environnementaux.

«Ça veut dire qu’au lieu d’avoir un affluent d’eau, par exemple après une averse de pluie majeure, qui amène plein de sédiments dans le lac Boivin, on a des bassins de rétention qui permettent la percolation de l’eau dans le sol, une filtration naturelle. L ‘eau s’en suit jusqu’au lac Boivin avec une meilleure qualité», précise le gestionnaire.

Place à la biodiversité

La Fondation pour la sauvegarde des écosystèmes (SÉTHY) a également pris part au projet en proposant des panneaux informatifs sur les espèces à protéger, que l’on parle de faune ou de flore. «Ce sont des espèces qui habitent ici dans notre région, pas à l’autre bout du monde, [et] qui peinent à survivre face à la destruction des habitats ou face à l’éclosion de différentes pollutions», explique Bernard Valiquette, porte-parole de la Fondation.

Chaque affiche présente par ailleurs un lien menant au site Web de la Fondation SÉTHY; des informations supplémentaires ainsi que des pistes de solutions pouvant être mises de l’avant par les citoyens y sont suggérées.

Pour le maire Bonin, la halte piétonnière des Générations constitue une réussite sur toute la ligne. «Les citoyens sont un réservoir de savoir absolument génial. Il faut les utiliser à notre profit dans le sens collectif de la chose, et non individuel de la chose», plaide le premier magistrat; pour lui, le site prouve qu’il est possible de faire de grandes choses localement et ensemble.