Granby repart en guerre contre l’agrile du frêne

Granby repart en guerre contre l’agrile du frêne

Voici de quoi ont l'air les pièges qui seront sous peu réinstallés au parc Daniel-Johnson.

Crédit photo : (Photo: Gracieuseté-Ville de Granby)

ENVIRONNEMENT. Granby poursuivra son combat contre l’agrile du frêne; le parc Daniel-Johnson sera pour un deuxième été le terrain d’une expérimentation liée à une nouvelle méthode de lutte biologique contre cet insecte aux effets destructeurs.

Les résultats des premiers essais déployés au cours de la saison estivale 2017, lors de laquelle une trentaine de dispositifs d’auto dissémination avaient été suspendus aux arbres, a permis de récolter des résultats concluants. Seule la localisation des pièges, installés dès la mi-juin, sera revue en 2018 afin de limiter les ravages de l’agrile, qui sont on ne peut plus réels. «On avait 2300 frênes à Granby en 2013, dont 1300 privés qui appartiennent à des citoyens. […] On en a perdu 100, 150 depuis», résume Serge Drolet, coordonnateur de la Division environnement pour la Ville de Granby. C’est cette année-là que l’agrile du frêne a fait son arrivée sur le territoire granbyen.

Comment ça marche?

Deux sortes de pièges contribuent à diminuer la ponte des agriles femelles sur les arbres encore sains, ce qui a pour conséquence de diminuer la progression de leur mortalité. Le premier, en forme d’accordéon, attire l’agrile mâle à l’aide de phéromones. Or, celui-ci contient aussi des champignons Beauveria bassiana; ces résidus microscopiques se collent au corps du visiteur et s’y développent. «Quand le mâle va à la rencontre d’insectes femelles, il va la contaminer puisque le champignon va se déposer sur elle et s’y développer aussi. Après un certain temps, ça crée une espèce de cocon autour. L’insecte n’est plus capable de voler et meurt», explique M. Drolet.

Le second piège en est un en forme de prisme où les insectes volants restent collés en s’y posant. Il permet de procéder à l’inventaire des spécimens ainsi piégés, ce qui sera fait à quatre reprises au cours de l’été. C’est précisément de cette façon que l’on sait que les efforts déployés en 2017 ont jusqu’ici porté leurs fruits. «Ils ont trouvé que le projet était très prometteur et encourageant puisqu’il y avait une bonne quantité d’insectes qui s’y trouvaient qui était infectée par le champignon», ajoute le fonctionnaire municipal.

Ne pas toucher

Les pièges feront partie du paysage du parc le long de la piste cyclable, entre la rue Quévillon et le pont flottant, jusqu’à la fin août. L’administration municipale demande la collaboration de la population: en aucun cas, les citoyens ne doivent toucher ou descendre les dispositifs, accrochés à des câbles. «On leur demande de respecter les installations. C’est un projet scientifique qui va aider le secteur, dont les résidences à proximité qui pourront profiter des effets bénéfiques de ces pièges», fait valoir M. Drolet.

Si l’expérimentation triennale démontre l’efficacité de cette nouvelle méthode, pas encore homologuée, Granby pourrait éventuellement en profiter. Les tests, qui se font également dans d’autres villes touchées par la problématique au Québec, sont menés par  l’entreprise G.D.G. Environnement de Trois-Rivières, en partenariat avec l’Institut national de la recherche scientifique (INRS), l’Institut Armand Frappier et Ressources naturelles Canada.
La participation de Granby à ce programme de lutte biologique, renouvelable l’an prochain, est estimée à un peu plus de 12 000 $.