Bistro Mavia: l’art de goûter le passé et le présent
COMMERCE. Vivre l’ambiance des années 1930 dans un décor typique de cette décennie, boire une coupe de vin en même temps de visiter une galerie d’art, entendre de la musique jazz qui cadre bien avec le lieu et se déguiser comme les gens de cette époque. Toutes ces choses sont maintenant possibles au nouveau bistro-galerie Bistro Mavia, situé au 107, rue Principale, dans l’ancien presbytère Sainte-Famille. Un projet né en novembre 2024 et qui a vu le jour dix mois plus tard.
Qu’est-ce qui a motivé sa propriétaire, Marie-Véronique Bouchard, à procéder ainsi ? On pourrait penser qu’elle a eu l’idée par elle-même, mais ce n’est pas le cas. La Montréalaise d’origine voulait trouver un entredeux entre un restaurant et un bar. Après de nombreuses recherches, elle a remarqué qu’il n’y avait rien de ce genre dans la municipalité.
“Les gens me disaient qu’ils appréciaient tellement l’ambiance et l’atmosphère, qu’ils passeraient la journée ici. Les clients m’ont ensuite suggéré d’ouvrir un petit café, […] sauf qu’il y en avait déjà beaucoup dans le coin, puis j’ai des confrères que j’adore et je ne voulais pas entrer en compétition avec eux, a-t-elle affirmé. Je me suis donc dit que j’allais créer autre chose qui peut permettre aux personnes de s’arrêter, s’asseoir et consommer quelque chose sans la moindre pression.”
Visionnaire
La femme âgée de 51 ans voulait innover par d’autres façons également. “L’autre point qu’on me disait, c’était que les gens cherchaient un endroit où on pouvait se parler à voix basse, mais il n’y en avait pas à Granby, a fait savoir Mme Bouchard. […] L’idée du bistro, je trouvais que c’était bien pour ça. En plus, avec l’atmosphère jazzy, ça décontracte. Puis, le jazz et le blues représentent tous deux de la musique d’expression qui est intuitive.”
Pour ce qui est de l’inspiration des années 1930, ce n’est pas seulement relié à sa passion pour cette décennie. En effet, le bâtiment a été construit… en 1930 !
Minutie
La Granbyenne d’adoption a même repris du matériel de l’ancien presbytère Sainte-Famille, dont trois bancs d’église qui ont servi à construire le comptoir de son bar, situé dans l’ancienne salle à manger de l’édifice. La deuxième pièce, plus précisément face au centre-ville, était quant à elle la salle du curé et compte notamment un foyer.
Ce n’est pas tout. La calligraphie du menu est dans un style d’écriture de cette époque, tout comme les distributeurs d’alcool. Marie-Véronique Bouchard croit qu’il existe un manque au niveau patrimonial dans la ville.
“Il y a eu beaucoup de destruction [au niveau patrimonial]. Il y a une belle histoire à Granby. […] Je constate que d’après les individus qui sont venus me parler et qui ont vécu ici depuis qu’ils sont jeunes, eh bien, ils me disent qu’il y avait une effervescence sur le plan historique dans la municipalité, a déclaré celle qui a travaillé en design intérieur de ses 19 ans jusqu’à ses 45 ans. Ces mêmes personnes ressentent énormément de nostalgie et de tristesse par rapport à ça, comme si elles avaient perdu un peu leurs repères. […] En bref, quand elles viennent dans la bâtisse, elles ont l’impression de se replonger dans cette effervescence et me racontent plein d’anecdotes sur leurs ancêtres.”
Sur un tout autre ordre d’idées, l’organisation du Palace de Granby tient présentement une étude pour faire des associations avec les restaurants du coin dans le but d’avoir des lieux de référence avant des spectacles culturels. Mme Bouchard a été sollicitée à cet effet. Bistro Mavia est justement ouvert de 17h à 22h, du mercredi au samedi. Elle a indiqué être intéressée à devenir partenaire. Une belle façon de mettre en valeur une partie du passé granbyen.
De son côté, le menu est surtout composé de mets de type méditerranéen. Il comporte notamment une salade assortie d’une variété de légumes, de même qu’une ronde de crevettes avec des purées de mangue et coco, une soupe à l’oignon ainsi qu’un “cheese-cake” salé aux avocats et saumon fumé. Des amuse-gueules sont aussi offerts.
On compte deux autres repas assez uniques. Tout d’abord, la “plancha” (planche en italien) de fromages, comptant cinq fromages québécois (servis avec des confitures, des fruits, des noix et des charcuteries. L’autre plat est de la “naanza” (mélange entre pain naan et pizza) au poulet.
