GéoMont analysera les terres en friche de l’Estrie

RECHERCHE.  L’agence de géomatique GéoMont, de Granby, a reçu des subventions du gouvernement Legault pour deux projets sur l’aménagement du territoire en Estrie. Ceux-ci, conçus par les MRC de la région, visent notamment à identifier les friches agricoles dans les municipalités.

Un texte de Tristan Côté

Le premier projet, dont le financement reçu est d’une valeur de 193 788 $, consiste à trouver des terres en friche ayant le meilleur potentiel de remise en culture en Estrie. “Il n’y a pas d’inventaire complet sur ces terrains-là, donc tout doit se faire par géomatique, avec des données telles que des images aériennes, a affirmé la chargée de projets chez GéoMont, Chloé Lefebvre-Dugré. Ensuite, on vient identifier les terres, les délimiter. Finalement, avec une série de critères et une échelle de décision, on vient déterminer le potentiel de remise en culture.”

Le deuxième chantier, ayant à la clé un soutien de 650 000 $, concerne la production et la diffusion de données géomatiques à l’échelle de la région dans le cadre des révisions des schémas d’aménagement et de développement (SAD) et des nouvelles orientations gouvernementales en aménagement du territoire (OGAT). Un processus de traitement automatisé de ces données couvrant l’ensemble de l’Estrie sera également mis en place. L’entreprise basée à Granby le fera en collaboration avec le Conseil régional de l’environnement de l’Estrie (CREE).

Ces deux projets sont liés l’un et l’autre à travers trois phases. “La première étape, c’est de faire une cartographie de l’occupation du sol, donc aller déterminer la classe d’occupation du sol parmi les neuf, et ce, pour chaque terrain analysé. […] Ensuite, il y a tout le processus de vérification des friches. […] La deuxième étape, c’est la caractérisation des friches potentielles, même celles considérées comme incertaines, a-t-elle souligné. […] C’est important à ce moment-là de différencier si c’est un pâturage [terrain couvert d’herbe où le bétail peut se nourrir en broutant] ou une friche, donc il faut analyser un peu plus en détail.”

Les neuf classes d’occupation du sol seront les suivantes: agricole cultivé, agricole non cultivé, friche, couvert forestier, surface d’eau, extraction, routes et emprises, milieu anthropique ainsi que surface naturelle non végétale.

Elle renchérit en expliquant ce qu’est la troisième et dernière phase. “À ce stade-là, il y a une acquisition d’images historiques, donc ce sont des images aériennes de toute la région datant de 1992 et 1993. Avec ça, on va aller cartographier les zones agricoles et comparer les données de ces années-là et celles d’aujourd’hui, donc on pourra voir à quoi ça ressemblait il y a près de 30 ans. […] Ça vient ainsi aider les MRC à caractériser leur territoire et ça leur donne également une nouvelle couche d’information.”

Beaucoup de préparation

À noter que rien n’est commencé pour l’instant. Mme Lefebvre-Dugré et son équipe sont présentement dans une période préliminaire de tests pour notamment établir la méthodologie qu’ils décideront d’employer, surtout pour la classification de l’occupation du sol. De grandes rencontres régionales se tiennent régulièrement avec tous les acteurs impliqués depuis la fin du mois de juin pour qu’ils soient au courant de la future méthode choisie en fonction des données fournies par eux.

Ce grand projet s’échelonnera sur deux ans et débutera à l’automne. Toutes les données seront ensuite disponibles en données ouvertes sur le site de Données Québec.

“Le fait que ça couvre la région au complet, ça fait que chaque MRC profite d’une économie d’échelle [situation où le coût moyen de production d’un bien ou d’un service diminue à mesure que la quantité augmente], donc on peut vraiment faire quelque chose de gros que chacune [des MRC] individuellement ne pourrait sûrement pas se permettre”, a fait savoir la chargée de projets chez GéoMont à propos de l’ampleur du projet.

Ces projets sont réalisés grâce au gouvernement du Québec dans le cadre du plan de mise en œuvre 2023-2027 de la Politique nationale de l’architecture et de l’aménagement du territoire.