Le vignoble Côte des Limousins se réinvente
AFFAIRES. Les changements opèrent à vitesse grand V depuis que Patrick Bourassa et Annie-Kim Verrier sont devenus les nouveaux propriétaires du vignoble Côte des Limousins à Roxton Pond, le 27 décembre 2024. L’endroit rouvre ses portes au grand public pour la première fois en 11 ans et célèbre le tout avec l’inauguration d’une boutique et d’une terrasse.
Un texte de Tristan Côté
Le lieu appartenait autrefois à Bernard Brodeur (ancien député libéral de Shefford entre 1994 et 2007) et sa conjointe, feu Chantal Gareau. Les démarches d’achat sur cette ancienne terre où des vaches de race limousins étaient élevées avaient commencé au mois de septembre.
“C’était une folie ! Ce n’était pas prévu ! Même pas sur ma liste de souhaits [bucketlist] ! Un revirement de carrière ! Je voulais vraiment qu’on s’offre ça un cadeau de Noël ! […] Mon conjoint avait une érablière et il avait vendu ses parts, puis il se cherchait un projet qui n’était pas trop loin d’où nous restons [à Shefford]. On avait trouvé une autre place qui nous intéressait, mais ça fonctionnait plus ou moins”, a déclaré Mme Verrier à propos de la raison de l’achat.
Devenir connaisseur
Les deux tourtereaux se sont préparés bien avant ce processus en suivant un cours pour en apprendre un peu plus sur le vin. Ils ont également engagé une agronome ainsi qu’un œnologue (un expert en vin spécialisé dans la science et la technique de vinification) qui vient les épauler.
“On a notre propre laboratoire ici pour faire les analyses et s’assurer de la gestion du vin en cuve et en barrique. Ces deux-là consacrent une bonne partie de leur temps là-bas [dans le laboratoire]”, a indiqué l’ancienne gestionnaire de comptes dans des entreprises pharmaceutiques.
Tout est biologique et nature. “Bio, c’est ce qu’il se passe en champ. Nature, c’est comment on traite les vignes”, explique-t-elle.
Dur labeur
Une telle aventure se déroule non sans une kyrielle de sacrifices pour les Sheffordois d’adoption, notamment d’abandonner leur travail respectif, mais aussi de se dévouer corps et âme dans une cure de modernisation de ce vignoble qui contient plus de 13 000 vignes et huit cépages différents. Des rénovations qui ont coûté plus de 100 000 $ au couple.
“Tout était à refaire ici. Le point positif avec ça, c’est qu’on pouvait vraiment faire ça à notre image. Tout n’était pas fait”, a affirmé celle qui s’occupe du marketing, des ressources humaines et de la comptabilité dans l’entreprise, où huit employés y travaillent, soit quatre travailleurs étrangers, deux des trois filles du couple et une directrice des ventes. Une employée qui s’occupera de la boutique sera engagée d’ici cet automne.
Différentes options
Le vignoble sera également ouvert au public pendant l’hiver. La boutique abritera un salon de dégustation les fins de semaine, ce qui leur permettra d’accueillir des gens durant l’entièreté d’une année. Des forfaits corporatifs pour faire de sessions de renforcement d’équipe [team building] ou des réunions sont aussi dans les plans. Des projecteurs, des écrans et des tables de travail ont été installés pour l’occasion.
Le prochain projet lié aux infrastructures du site est la construction d’une distillerie. Son conjoint, Patrick Bourassa, a justement de l’expérience dans ce domaine, ayant suivi une formation de distillateur par le passé et actionnaire à la Distillerie Shefford.
L’investissement est évalué à près de 150 000 $. Une somme élevée, car la Municipalité “nous exige des plans d’architecte, ce qui fait exploser les coûts”. Ils peuvent cependant se consoler un peu, car les deux tourtereaux ont déjà un alambic [appareil servant à la distillation] en leur possession.
