Les Riel préparent leur retrait du commerce de détail
AFFAIRES. Après le décès de Claire et le départ à la retraite de Denis, c’est maintenant au tour de la deuxième génération de la famille Riel de planifier son retrait du secteur de la vente de meubles au détail.
Jean-François et Marie-Claude, qui travaillent à temps plein pour l’entreprise familiale depuis 34 et 26 ans respectivement, estiment avoir fait le tour du jardin.
« J’ai 53 ans et ma sœur en a 49. Nous avons commencé à suivre nos parents au magasin et dans les shows de meubles avant même d’entrer à l’école primaire », signale J. F. Riel.
-Marie-Claude abonde dans le même sens.
« Lors de nos vacances annuelles, nous passions toujours deux ou trois jours à visiter des commerces pour trouver de nouvelles idées. Le monde des affaires a toujours fait partie de notre quotidien », indique-t-elle.
Les deux principaux intéressés ajoutent qu’ils ont maintenant le goût de passer à autre chose et de relever d’autres défis.
« Comme dans le sport, il y a un temps pour arriver… et un temps pour partir ! », avance J.F. Riel, avec philosophie.
Il ne faudrait pas penser que les deux entrepreneurs vont retirer leurs billes et se la couler douce jusqu’à la fin de leurs jours.
« Nous sommes évidemment trop jeunes pour rester à ne rien faire, mais nous voulons prendre le temps de réfléchir, chacun de notre côté, avant de nous lancer dans une nouvelle aventure », ajoute M.C. Riel.
Multiples changements
La famille Riel a toujours été à l’-avant-garde dans la vente au détail et s’est bâti une solide réputation au cours de ses 55 années en affaires.
Le secteur du meuble a connu d’importants changements au fil des ans et est en constante mouvance.
« À nos débuts à Farnham, la plupart des meubles vendus en magasin étaient fabriqués au Québec et au Canada. L’arrivée de la Chine dans ce champ d’activité, dans les années 90, est venue mêler les cartes », souligne J. F. Riel.
L’entrée en scène des grandes surfaces a également modifié les habitudes d’achat des consommateurs et entraîné la fermeture de plusieurs petits commerces. Le magasinage est devenu un véritable passe-temps et les gens se déplacent davantage à l’extérieur de leur localité pour se procurer les biens dont ils ont besoin.
Le virage numérique a par la suite forcé les détaillants à se mettre au goût du jour et à se lancer dans la vente en ligne.
« Nous avons été parmi les premières entreprises familiales de la région à se doter d’un catalogue numérique et d’un site transactionnel en ligne. La technologie évolue à vitesse grand V et nous force à rester à l’affût », mentionne M.C. Riel.
Et s’il est vrai que la pandémie a entraîné son de lot de problèmes, de nouvelles incertitudes pointent aujourd’hui à l’horizon avec l’imposition des contre-tarifs canadiens sur les produits américains.
« Depuis 2020, il n’y a pas une année qui se ressemble. Il y a eu la pandémie et, aujourd’hui, ce sont les tarifs qui viennent tout chambouler. On finit par y perdre nos repères », affirme J.F. Riel.
Lourdeurs administratives
Au fil des ans, l’entreprise familiale a également dû déployer des efforts pour se plier aux exigences gouvernementales. Une source de frustration évidente pour les membres de la deuxième génération de Riel.
« La bureaucratie, les changements de loi et les multiples interventions des différents paliers gouvernementaux sont devenus un véritable casse-tête et un fardeau financier pour les gens d’affaires. Le gouvernement demande constamment aux entreprises d’augmenter leur productivité, mais n’en finit plus de nous ralentir avec ses demandes inutiles. Il n’est pas facile d’améliorer sa productivité quand on passe son temps à remplir des rapports et à recommencer ce qui est déjà fonctionnel », déplore J.F Riel.
« Pour Marie-Claude et moi, ça ne change plus rien, mais ça demeure une préoccupation pour les gens en affaires et les futurs entrepreneurs », ajoute-t-il.
L’avenir du magasin
Après avoir fermé son magasin de la rue Saint-Paul à Farnham et son magasin du boulevard du Séminaire à Saint-Jean–sur-Richelieu en 2015, la famille Riel s’apprête à se départir de ses derniers magasins.
« Nous venons d’accepter une offre d’achat pour la bâtisse de Meubles & Davantage, située sur le boulevard Industriel, à Farnham. Nous sommes par ailleurs en discussion avec un acheteur potentiel de la Montérégie pour le fonds de commerce », résume J.F. Riel.
À moins d’imprévus, les Riel devraient avoir tiré leur révérence d’ici la fin de 2025.
« Nous garderons un excellent souvenir du support témoigné par notre fidèle clientèle depuis nos débuts en affaires. Notre entreprise a notamment vendu des meubles à trois générations d’une même famille », nous confie la fille cadette du couple Gauvin-Riel.
L’entreprise s’estime également chanceuse d’avoir pu compter sur des employés engagés et qui ne comptaient pas leurs heures.
« Nos magasins n’ont jamais vraiment été affectés par la pénurie de personnel. Nous avons eu la chance d’avoir des employés dévoués et d’un grand professionnalisme qui nous ont supportés de façon exceptionnelle. Il faut savoir que près de 80 % des membres de notre équipe sont avec nous depuis longtemps », ajoute J.F. Riel.
Intérêt pour la politique
Jean-François Riel estime par ailleurs que le moment est bien choisi pour lui de se lancer en politique. Voilà pourquoi il sollicitera l’appui des Farnhamiens lors des élections municipales de novembre prochain.
« Je vais solliciter un mandat pour un poste de conseiller. Je veux commencer à la base et prendre le temps d’apprendre les rouages de la politique municipale », affirme-t-il.
Ce dernier est d’avis que ses connaissances et l’expérience acquise au cours de ses 34 années en affaires pourraient aider la Ville de Farnham à développer son offre commerciale.
« Si les citoyens sont d’accord avec moi, il me fera plaisir de me mettre à leur service et de redonner aux gens de Farnham qui nous ont tant donné lors des 55 dernières années », poursuit-il.
