L’urgence de conserver nos milieux naturels

ENVIRONNEMENT. À l’invitation du Regroupement environnement Haute-Yamaska (REHY), une cinquantaine de personnes des secteurs de l’environnement et des municipalités ont assisté récemment à une conférence dont le but était de démontrer l’importance pour les municipalités de conserver les milieux naturels de leurs territoires. Selon les conférenciers, il y a urgence d’agir, dans le contexte des changements climatiques que l’on observe.

Les deux personnes qui ont animé la présentation connaissent bien le sujet. Il s’agissait de Martine Ruel, qui est directrice générale de la Fondation SÉTHY (Fondation pour la sauvegarde des écosystèmes du territoire de la Haute-Yamaska), un organisme local de conservation qui réalise des projets de protection et de restauration des milieux naturels. Elle était accompagnée du maire de Mont-Saint-Hilaire, Marc-André Guertin, qui possède une vaste expérience en environnement à l’échelle municipale, notamment par son rôle actif pour la conservation de la Réserve de biosphère du mont Saint-Hilaire.

Ça coûte dix fois plus cher de restaurer un milieu naturel plutôt que de le protéger».

Marc-André Guertin, maire de Mont-Saint-Hilaire

«Conserver la nature crée de la richesse », lance d’emblée M. Guertin, en faisant référence aux services gratuits essentiels rendus par les milieux naturels, que ce soit en ce qui concerne l’air, l’eau, ou encore l’alimentation. Le maire de Mont-Saint-Hilaire poursuit en affirmant que « ça coûte dix fois plus cher de restaurer un milieu naturel plutôt que de le protéger ». Voilà pourquoi il affirme qu’il faut « garder en tête l’urgence d’agir », tout en respectant ce qu’il nomme le «rythme municipal».

Parmi les freins à la protection des milieux naturels, on note : le manque de connaissance (détaillée) de ces milieux, l’incohérence qui existe entre les paliers de gouvernement et la complexité pour réaliser des projets de conservation (en ce qui concerne le financement, les autorisations à obtenir et les aspects juridiques touchant ces projets).

Comment s’y prendre ?

Voilà pourquoi il est nécessaire d’avoir une bonne connaissance des milieux à protéger. Il faut également développer des outils de planification comme l’acquisition de terrains. De plus, la mise en place de partenariats entre les intervenants concernés est primordiale parce que, comme le dit Martine Ruel, « les projets en environnement sont toujours collectifs ».

Parmi les éléments facilitant la protection des milieux naturels, on retrouve, entre autres, l’implication des élus et citoyens, ainsi que la concertation entre les acteurs en environnement et les municipalités. « On travaille pour la nature, mais on le fait avec des humains », illustre Marc-André Guertin.

La Ceinture verte

Pour donner un exemple de réussite en matière de conservation de milieux naturels, la directrice générale de la Fondation SÉTHY évoque le projet de Ceinture verte, sur lequel son organisme a travaillé durant plus de dix ans, en partenariat avec le parc national de la Yamaska. Afin de protéger les écosystèmes des terrains entourant le parc, SÉTHY a contacté près de 200 propriétaires terriens et a réalisé des analyses personnalisées sur les richesses écologiques d’un grand nombre de ces terrains. Ceci a mené plusieurs propriétaires à adopter de bonnes pratiques en matière de conservation, renforçant ainsi l’intégrité des écosystèmes autour du parc de la Yamaska.

À l’échelle de la Haute-Yamaska, l’objectif de la Fondation SÉTHY est que 30 % du territoire soit protégé en 2030. La conférence de Mme Ruel et M. Guertin s’est conclue avec cette célèbre citation d’Antoine de Saint-Exupéry : « Nous n’héritons pas de la terre de nos parents, nous l’empruntons à nos enfants ».