LUSH Lave-auto: une croissance spectaculaire et inusitée

AFFAIRES. LUSH Lave-auto connaît un engouement sans précédent en Estrie depuis son passage à l’émission Dans l’œil du dragon en avril dernier, plus particulièrement à Granby. Son fondateur, le Bromontois Gabriel Boisvert, s’est confié au Granby Express à propos de la croissance de son entreprise dans les derniers mois.

Un texte de Tristan Côté

La compagnie, dont le modèle d’affaires repose sur un concept de franchises de lavage de voitures à domicile, a vu l’intérêt des gens exploser de façon instantanée, comme plusieurs des concurrents à l’émission. Trois des cinq dragons lui ont déposé une offre: Georges Karam, Isabèle Chevalier et David Côté. Il a finalement jeté son dévolu sur Georges Karam, qui a cofondé en 2000 l’entreprise spécialisée dans les solutions technologiques pour centres d’appels Aheeva.

Après s’être rencontrés pour discuter d’un potentiel investissement de l’homme d’affaires dans LUSH Lave-auto, Gabriel Boisvert a fait signe qu’il n’était pas intéressé pour l’instant, mais laisse la porte ouverte dans un avenir proche.

“Je n’ai pas besoin de son aide à court terme. […] Il m’a expliqué que si j’avais des questions, je peux les poser en tout temps. […] Je veux tout d’abord faire une expansion de 15 à 20 franchises au Québec [il en est à cinq présentement, la plus récente étant justement à Granby]. Directement après ça, je veux tenter de percer la Floride à fond, a fait savoir celui qui est âgé de 17 ans. Justement, dans l’international, Georges est très bon, donc je pense que c’est à ce moment-là que je vais avoir besoin de lui et on se reparlera [Georges et lui] pour savoir s’il voudrait investir. […] Ça pourrait être dans deux ou trois ans.”

Les deux pieds sur terre

Cependant, le jeune entrepreneur reste réaliste: bien qu’il ait connu une explosion spectaculaire, il doit maintenir cet engouement à long terme.

“Je te dirais que c’est quelque chose qui dure environ deux à trois mois. C’était vraiment une très grosse explosion, parce que tout le monde parle de toi. C’est justement ça qui m’a permis d’avoir mes franchises et d’être dans un très bon état. […] Sans ça [l’émission], je n’aurais jamais pu avoir des clients à Trois-Rivières notamment, là où j’ai des centaines de clients actuellement”, a-t-il affirmé.

Déjà bien connu dans son patelin depuis le moment qu’il a démarré sa PME, soit à l’âge de 12 ans, Gabriel Boisvert était déjà bien établi à Granby et Sherbrooke également. Aujourd’hui, il a réussi à conquérir les marchés de Sutton, Gatineau, Québec et Trois-Rivières.

“Granby, c’est ma zone la plus forte sur le territoire ici [qui comprend aussi Bromont et Sutton]. J’ai entre 500 et 600 clients ! C’est près de 70 % de ma clientèle qui est là-bas ! Je dirais que Bromont équivaut à environ 20 % et Sutton, qui commence à émerger, c’est proche de 10 %, a-t-il confié. […] Honnêtement, je ne sais pas comment j’ai réussi à avoir de l’engouement là-bas [à Sutton] ! J’ai fait un client et là toute la ville sait qui je suis ! En bref, celui-là, c’était assez inattendu !”

Un bourreau de travail

S’occupant de laver des voitures chez plusieurs clients par jour avec son propre camion dans les environs durant la journée, il s’affaire ensuite aux tâches administratives: gestion de ses franchises et promotion de ceux-ci, mais aussi le volet financier et les comptes de réseaux sociaux de la compagnie. Il ne chôme pas !

“Je fais 96 heures par semaine ! Je commence à 5h30 du matin et je finis à 23h le soir, et ce, presque sept jours sur sept ! J’essaie toujours de me garder le dimanche de congé, mais ça finit toujours que je prends mes courriels ! […] Je ne compte pas être à ce rythme à long terme, a déclaré le Bromontois. Ce n’est pas vrai que je vais faire 16 heures de bureau par jour, en plus des heures au lavage des voitures, ce serait insoutenable. […] Dès que je vais avoir une franchise qui couvre mon territoire, je vais alléger mes heures. En bref, dans un horizon de trois à quatre ans.”

Celui qui n’a jamais manqué un épisode de l’émission Dans l’œil du dragon amorcera sous peu un baccalauréat en administration des affaires. Il prévoit continuer de gérer son entreprise en même temps. Un vrai travailleur acharné qui suit ses ambitions.