Un nouvel incubateur industriel et numérique à Granby 

AFFAIRES. Automatisation, robotisation, intelligence artificielle. Les industriels d’ici et d’ailleurs seront tôt ou tard confrontés à revoir leurs procédés pour mieux affronter les réalités du marché d’aujourd’hui et de demain. Mais comment s’y retrouver alors que tout évolue à vitesse grand V? Pour les aider à se dépêtrer, ces derniers pourront désormais aller cogner à la porte du  Carrefour industriel et numérique de Granby. Une nouvelle adresse animée par des entreprises innovantes qui leur proposeront des solutions et des technologies numériques. 

Logé dans les anciens locaux de la Société de formation industrielle de l’Estrie (SOFIE) sur la rue Bernard, le Carrefour industriel et numérique de Granby est la nouvelle création de Granby Industriel et de la Ville de Granby. Comme son nom l’indique, cette zone d’innovation axera ses activités sur le maillage entre le milieu industriel et les développeurs de technologies numériques. 

Destiné à accueillir de jeunes pousses (startups) et des entreprises québécoises et étrangères déjà établies, le Carrefour leur servira de terrain de jeu pour conceptualiser des outils d’optimisation qui rendront service aux manufacturiers de la grande région de Granby.

« Je souhaite que le Carrefour industriel et numérique devienne le symbole de l’innovation, de la collaboration et de la croissance qui caractérise notre communauté. En rassemblant diverses entreprises de différents secteurs numériques et technologiques, ce carrefour va encourager l’entrepreneuriat et renforcer notre position en tant que pôle économique régional », a indiqué la mairesse de Granby, Julie Bourdon, en mêlée de presse.

Façonné à la suite d’une mission économique dans la région du Sicoval, en France, en 2022, cet incubateur numérique offrira aussi une manne d’avantages aux entreprises résidentes: ateliers, conférences, formations, réseautage, démonstrations à de futurs clients. 

Mais n’entre pas qui veut au Carrefour, a souligné le directeur général de Granby Industriel, Patrick Saint-Laurent. « Les critères pour accueillir une entreprise sont simples, mais précis. Premièrement, elle doit développer ou avoir développé des technologies numériques ou des outils technologiques dédiés au secteur manufacturier (…). Qu’elle soit en démarrage, en croissance ou encore une entreprise étrangère qui désire s’implanter au Québec pour développer le marché de l’Amérique du Nord. »

Outre la Ville et Granby Industriel, l’Université de Sherbrooke, le Cégep de Granby, Espace inc. et Technum Québec collaborent également à ce carrefour industriel et numérique.

La force du nombre

Pour l’heure, le nouvel incubateur technologique héberge deux sociétés françaises (Deltamu et Inoprod) et la Québécoise Akronym Conseil et Stratégie. 

Présente à Granby depuis environ un an, Deltamu se spécialise dans l’optimisation de la gestion des moyens de mesure (métrologie). Responsable du développement des affaires, Yohann Donat voit d’un bon oeil l’arrivée du carrefour industriel et numérique. « Comme je suis le seul salarié, c’est intéressant d’avoir des copains à ses côtés », a-t-il dit sur un ton blagueur.

Fondée de l’autre côté de l’Atlantique il y a une dizaine d’années, la compagnie Inoprod élabore, entre autres, des solutions en performance organisationnelle à ses clients (aéronautique, agroalimentaire, industrie manufacturière et autres). 

« On recrée numériquement une ligne de production d’usine et son fonctionnement pour être capable de simuler un mois, un an de production. On a même des projets où l’on simule dix ans de production. L’idée, c’est de répondre à des problématiques d’industriels. J’ai une machine en panne, comment je dois me réorganiser?  Dans trois ans, je veux doubler ma production, combien de machines dois-je acheter. On répond à des enjeux qui peuvent être très différents », a expliqué Pascal Dubuis, président d’Inoprod.

De son côté, la firme Akronym Conseil et Stratégie, qui oeuvre en transformation numérique et en optimisation des opérations, compte profiter de la force du nombre qu’offre le Carrefour. « À Bromont, on n’avait pas de pied à terre. On attendait un peu d’avoir le projet idéal pour aller s’implanter quelque part. Le Carrefour répond à ce besoin-là avec son écosystème et ses entreprises et partenaires extérieurs », a confié Pascal Vachon, associé et conseiller principal chez Akronym Conseil et Stratégie.

À son plein potentiel, le Carrefour pourrait héberger jusqu’à une dizaine d’entreprises.