Zoo: des négociations lentes comme une tortue

RELATIONS DE TRAVAIL. Les parties syndicale et patronale du Zoo de Granby s’entendent sur un point: les négociations du renouvellement de la nouvelle convention collective sont trop lentes. Depuis février, onze rencontres ont eu lieu et aucune clause normative n’a été réglée.

La convention collective des employés du Zoo de Granby est échue en décembre dernier. Elle encadrait le travail d’employés à la maintenance du parc. Depuis la fin du mois d’avril, des moyens de pression ont été votés. On peut observer des drapeaux qui affichent le logo de la CSN autour du Zoo, le tout dans le but de faire avancer les négociations.

Dialogue de sourds

«On se dirige directement vers un conflit de travail dans ce dossier-là. Aucune clause normative n’a été réglée, soutient le trésorier et responsable du tourisme de la CSN, Michel Valiquette. On ne fait que s’échanger les paroles à la table de négociation, ce n’est pas normal. Par expérience, dans une négociation comme celle-là, on devrait déjà avoir commencé à aborder les clauses salariales.»

Pour l’instant, les deux partis n’ont que discuté. Aucune entente n’a été conclue, et les clauses salariales n’ont pas été abordées. Le syndicat souhaite que les employés soient reconnus à leur juste valeur. «J’ai l’impression que l’employeur utilise la passion des animaux des employés pour lui, en ne voulant pas les payer à leur juste valeur», soulève M. Valiquette.

De son côté, le directeur général du Zoo de Granby, Paul Gosselin, aimerait également arriver à une entente rapidement. «On a tenté des avancées pour négocier des points directement à la table de négociations et nous recevons toujours des fins de non-recevoir», mentionne-t-il, déçu du peu de disponibilités du syndicat. La dernière rencontre des deux parties a eu lieu le 25 mai dernier. Les rencontres sont désormais en conciliation, avec l’accord des deux partis.

Grève ?

Une nouvelle rencontre devait avoir le lieu le 25 juin. «Le Zoo a déjà déposé des pistes de solution au syndicat pour qu’il puisse travailler là-dessus et nous revenir avec de la rétroaction», déclare M. Gosselin, en affirmant que les relations syndicales ont toujours été bonnes au Zoo de Granby.

Selon la CSN, cette rencontre allait clarifier la suite des action du syndicat. «C’est bien de discuter, mais si on n’avance pas, parfois on n’a pas le choix d’élever le ton, ce qui permet de faire avancer les choses», souligne M. Valiquette. Pour le moment, les moyens de pression qui ont été votés n’incluent pas un mandat de grève.

Le directeur général du Zoo de Granby croit que le côté syndical devrait afficher une plus grande ouverture d’esprit et voir les choses différemment. Paul Gosselin souhaite régler les négociations à l’aide de la discussion.

Le syndicat n’est pas du même avis. «On essaie de réunir les conditions gagnantes pour en venir à un règlement, mais ça prend deux personnes pour danser le tango. Malheureusement, l’employeur ne joue pas son rôle dans cette négociation», affirme le responsable du tourisme de la CSN.

Saison estivale

Pour l’instant, l’expérience de clientèle n’est pas affectée pas les négociations de renouvellement de la convention collective. Le Zoo de Granby souhaite éviter que cela affecte les visiteurs. «Nous serions prêts à négocier tous les jours», souligne M. Gosselin. Il mentionne également qu’il aurait voulu débuter les négociations dès la fin de la convention collective, en décembre dernier.

«Il y avait une fenêtre d’opportunités pour régler avant la haute saison, mais l’employeur a fait la sourde oreille à la table de négociations pour nous entraîner à aujourd’hui, où notre rapport de force est plus élevé», remarque quant à lui M. Valiquette. Le Zoo de Granby emploie 250 personnes. On peut ajouter à ce nombre beaucoup d’employés saisonniers durant l’été.