Des leçons à tirer de la panne de courant à la Moisson-d’Or

Des leçons à tirer de la panne de courant à la Moisson-d’Or

Les enseignantes Manon Bessette et Lyne Morency ont transmis les doléances des membres du personnel de la Moisson-d’Or aux commissaires, la semaine dernière, lors de l’assemblée mensuelle de la CSVDC.

Crédit photo : Granby Express – Claude Hébert

ÉDUCATION. Les enseignants et autres membres du personnel de l’école primaire de la Moisson-d’Or, de Saint-Alphonse-de-Granby, enjoignent la Commission scolaire du Val-des-Cerfs d’élaborer un plan d’urgence afin de garantir la sécurité des élèves et des employés en cas de panne électrique.

Une longue lettre de six pages, endossée par une quarantaine de personnes – enseignantes, secrétaire surveillants, concierges, éducatrices et parents membres du conseil d’établissement – fait état des mille et un problèmes vécus le 30 octobre dernier par les membres du personnel et les 239 élèves présents à l’école cette journée-là.

La panne électrique a privé l’établissement d’éclairage, de chauffage et d’eau courante (pompe non fonctionnelle) avec tous les inconvénients que l’on devine: impossible de se laver les mains, de tirer la chasse d’eau, de réchauffer un plat au four à micro-ondes, d’utiliser le gymnase en l’absence de fenêtres.

«Les jeunes filles menstruées ont vécu un état de gêne et de malaise extrême puisqu’elles savaient très bien qu’une autre personne allait passer dans le cabinet après elles. Leur intimité et leur estime personnelle ont été brimées (…) Certains élèves ne voulaient pas aller à la toilette dans ces conditions et se sont retrouvés avec des maux de ventre importants au cours de la journée», peut-on lire dans la missive adressée à la direction générale et au conseil des commissaires de Val-des-Cerfs.

Des employés en renfort

Le concierge a par ailleurs dû faire la navette entre le sous-sol et les étages pour transporter les chaudières d’eau permettant de vidanger le contenu des 28 toilettes et sept urinoirs de l’école.

Faute de lampes de secours et de moyens de communication adéquats, plusieurs employés ont également dû prêter main-forte à la secrétaire de l’établissement ou utiliser leur propre équipement – leur téléphone cellulaire notamment – pour éclairer les escaliers pendant les déplacements des élèves, pour demander aux parents d’apporter un repas froid à leurs enfants ou pour distribuer ces mêmes repas à la grandeur de l’école. On a par ailleurs fait appel à la générosité d’une voisine, dont la maison était alimentée en électricité par une génératrice, pour faire chauffer les repas de certains enfants dont les parents n’avaient pu être rejoints.

Les auteurs de la lettre laissent entendre que la sécurité des élèves a été compromise à certains moments à l’occasion de leurs déplacements dans le noir. Ils se demandent également si un lien peut être établi entre le manque d’hygiène (aucune possibilité de se laver les mains) et les absences des jours subséquents attribuables à la gastro, la grippe, la fièvre, etc.

Ajoutant sa voix à celle des employés de l’école de la Moisson-d’Or, le président du Syndicat de l’enseignement de la Haute-Yamaska, Éric Bédard, insiste lui aussi sur l’importance d’offrir aux élèves et aux membres du personnel un lieu d’apprentissage et un milieu de travail sécuritaires.

«Nos membres exigent des réponses», ajoute-t-il, en s’adressant aux commissaires et à la direction générale de Val-des-Cerfs.