Mana Rouholamini collectionne vos voeux

Mana Rouholamini collectionne vos voeux

Mana Rouholamini écrit à la cannelle

PARTAGE. À l’entrée de la librairie Écolivres, Mana Rouholamini accueille les clients près de sa table remplie de mots. «Intelligence», «Yamaska», «Empress», «Persévérance». Des mots échangés avec les visiteurs et tracés à la cannelle comme sur le traditionnel dessert iranien sholeh zard.

Traditionnellement, en Iran, on trace des mots à la cannelle sur ce pouding au riz au safran et on l’offre en guise de vœu. L’artiste Mana Rouholamini s’est souvent demandé durant son enfance qu’est-ce qu’elle souhaiterait bien y écrire…

Cette réflexion est revenue à la surface au moment de concevoir son projet de résidence au Centre d’essai en art actuel 3e Impérial. Une idée qui se marie à une seconde observation, soit celle que le même mot, dans une langue différente, suscite des associations d’images ou d’idées différentes.

Elle a donc choisi d’aller à la rencontre du public dans des endroits où les cultures et les langues se multiplient.

«J’ai ciblé des commerces d’immigrants parce que lorsqu’on immigre, c’est plus difficile de se donner le droit de participer et de sentir qu’on appartient à la communauté», explique-t-elle.

On a donc pu la croiser au restaurant Sabor Tropical, rue St-Antoine, puis au Marché Latino, rue Principale, et cette semaine elle squatte la librairie Écolivres, rue Principale. Pour participer à la démarche artistique, il suffit de choisir un mot qui se trouve sur la table.

On peut alors emporter ce mot choisi par un autre participant. En échange, il faut à son tour offrir un mot à l’artiste qu’elle retranscrira à la cannelle et placera sur sa table.

«J’ai reçu beaucoup de mots en espagnol. Des mots de solidarité, d’espoir. J’ai aussi reçu beaucoup de mots Amour et Paix dans différentes langues. Je m’attendais à recevoir des mots liés à la spiritualité, mais je ne m’attendais pas de recevoir des prénoms!», s’étonne l’artiste qui a reçu des mots en français, en anglais, en espagnol et en swahili notamment.

S’il y a bien quelqu’un qui lui a offert le mot «Patate», la plupart des propositions sont le fruit de véritable réflexion. Un sérieux et un souci du choix lexical qui n’étonne pas tellement l’artiste. «Comme je leur explique l’origine de la démarche et qu’il s’agit d’un geste important, d’un vœu, les gens prenne le temps d’y penser», raconte celle qui va cuisiner de véritables sholeh zard lors du vernissage qui va conclure le projet en avril.

Mana Rouholamini, Partager le voeu, tous les jours jusqu’au 7 mars, de 12h à 14h, à la librairie Écolivres, 216, rue Principale à Granby.

Ugo