Un nouveau fonds pour les jeunes adultes atteints de cancer

Un nouveau fonds pour les jeunes adultes atteints de cancer

Les membres de la famille de Louis-Philippe Janvier ont remis un chèque de 115 000$ en provenance de la fondation portant son nom.

Crédit photo : (Photo: GranbyExpress-Roxanne Langlois)

SANTÉ. Les personnes de 18 à 35 ans dont le quotidien est bouleversé par un diagnostic de cancer pourront désormais compter sur une aide concrète pour mener leur combat. La Fondation du centre hospitalier de Granby (CHG), en collaboration avec la Fondation Louis-Philippe Janvier, a annoncé jeudi matin la création d’un tout nouveau fonds distinct dédié aux jeunes adultes.

C’était un moment de grande joie qui ravivait également, pour les proches de Louis-Philippe, de douloureux souvenirs. Mais l’idée que le jeune homme, décédé d’une fulgurante récidive de cancer à 26 ans, puisse en aider d’autres constitue un baume pour les membres de sa famille. «Il était rempli de projets, il voulait changer le monde. Son rêve, c’était d’aller faire de l’aide humanitaire dans des pays sous-développés», raconte sa mère, Johanne Lussier.

S’il est plutôt parti pour son dernier voyage et n’a jamais pu réaliser son projet, son fils serait on ne peut plus fier, selon elle, de savoir qu’il contribue à changer la vie de gens qui livrent une bataille similaire à la sienne.

La fondation qu’il a lui-même lancée en 1989 et dont il était le président, aujourd’hui pilotée par ses proches, a remis un chèque de 115 000 $ au fonds distinct Louis-Philippe Janvier, une somme recueillie au terme de deux ans d’efforts.

De l’aide concrète

Le nouveau fonds  vise à répondre adéquatement aux besoins personnels, émotifs et financiers des patients. Il contribuera à défrayer des frais de déplacements et d’hébergement lorsque des soins doivent être reçus à l’extérieur du CHG ainsi que des services particuliers non assurés ou non couverts par une assurance. La somme disponible permettra aussi d’aider les personnes malades à joindre les deux bouts pendant leurs traitements. Ces jeunes adultes seront ainsi à même, à l’abri des tracas budgétaires, de se concentrer sur ce qui compte le plus: leur guérison.

«Ils commencent leur vie. […]Ils ont une nouvelle maison, une nouvelle voiture, un nouveau travail et souvent des jeunes enfants ou des enfants qui commencent l’école. Leur préoccupation majeure n’est même pas de guérir, mais d’avoir l’argent pour payer l’épicerie de la semaine ou le compte d’Hydro», explique Nadia Racicot, chef de service du centre de chimiothérapie de l’hôpital de Granby.

Celle-ci ajoute également que de nombreux jeunes atteints du cancer n’ont pas les assurances leur permettant de passer financièrement à travers une telle épreuve. «On vient humaniser les soins de santé», résume quant à elle la directrice générale de la Fondation du CHG, Suzanne Surette.

C’est précisément ce pour quoi se bat le papa de Louis-Philippe. Benoît Janvier souhaite, entre autres, que les personnes en fin de vie puissent vivre leurs derniers moments dans la sérénité et la dignité. «Ce que l’on a vécu, à la fin, avec Louis-Philippe, ce n’est pas censé se passer comme ça. C’est inhumain», se remémore-t-il.

Oubliés

Si les services et l’aide dédiés aux enfants devant composer avec le cancer s’avèrent nombreux, c’est tout le contraire pour les 18 à 35 ans. Pour  M. Janvier, les malades d’âge mineur profitent de services «cinq étoiles», ce à quoi les plus vieux n’ont malheureusement pas droit. «Quand tu atteins 18 ans, tu es complètement laissé à toi-même», fait-il valoir.

Les chanteuses bien connues du public Marie-Ève et Émilie Janvier, les sœurs de «Philippe», comme elles le surnomment, étaient on ne peut plus fières de la création du fonds. Livrant elles aussi un vibrant témoignage lors de son lancement, elles ont fait valoir que les adultes sont les grands oubliés du système de santé.

«Dans tous les argents qui sont amassés pour la recherche pour le cancer, il y a moins de 1 % qui va au 18-35», a défendu Émilie. Celle-ci a d’ailleurs rappelé qu’un enfant confronté à un premier cancer a 80 % de risques de voir ce mal récidiver à l’âge adulte.

Rappelons que Louis-Philippe Janvier  est décédé en février 2013 après avoir été en rémission pendant plus de 25 ans. Son premier cancer avait été diagnostiqué alors qu’il n’avait que neuf mois.

Le nouveau fonds sera directement alimenté par les quatre grandes activités organisées par la Fondation Louis-Philippe Janvier: le tour cycliste Roulez pour vivre, le tournoi de golf annuel, les prestations de la troupe Musicophonie ainsi qu’une journée de compétition et un souper organisés aux Écuries Bienvenue de Roxton Pond. La population peut également faire un don directement au fonds au www.fondationchg.org.