Des scientifiques développent un traitement contre les parasites des abeilles

Brenna Owen, La Presse Canadienne
Des scientifiques développent un traitement contre les parasites des abeilles

SURREY, C.-B. — Si les pesticides, les agents pathogènes et les effets des changements climatiques mettent en péril les abeilles et leur rôle de pollinisatrices pour l’agriculture mondiale, un autre tueur reste peu connu du grand public: le varroa, cet acarien parasite.

La professeure de chimie Erika Plettner et son équipe de chercheurs de l’Université Simon Fraser, en Colombie-Britannique, testent un composé chimique qui semble tuer les acariens sans nuire aux abeilles, dans l’espoir qu’il pourrait un jour être largement disponible comme traitement pour les ruches infestées.

Les varroas tuent les abeilles en perforant leur cuticule, ou exosquelette, créant une plaie qui ne se referme pas, a expliqué la Pre Plettner.

Cela laisse une porte d’entrée aux maladies et affaiblit le système immunitaire des abeilles, a-t-elle déclaré en entrevue, sur les lieux du rucher expérimental des chercheurs.

«C’est ce qui terrasse finalement (les abeilles) lors de l’hivernage», a-t-elle dit.

Son équipe et elle testent l’innocuité et l’efficacité d’un composé identifié dans son laboratoire il y a quelques années, qui semble paralyser puis tuer les acariens. Les chercheurs ne comprennent pas encore exactement comment le produit fonctionne. «Nous ne connaissons pas la protéine de l’acarien à laquelle le composé se lie, ou la collection de protéines. Nous savons que la paralysie implique généralement le système nerveux de l’acarien», a indiqué la professeure.

Son équipe a récemment obtenu un financement de Genome British Columbia, un organisme à but non lucratif, pour travailler avec des chercheurs de l’Université de la Colombie-Britannique afin d’étudier comment la substance affecte les verroas.

Jusqu’à présent, le composé chimique semble prometteur en tant que traitement potentiel aux côtés de cinq ou six autres actuellement disponibles, selon la Pre Plettner.

Il est important de faire alterner les différents traitements d’une année à l’autre, a-t-elle prévenu, car les acariens commencent à montrer une résistance aux produits existants

Le varroa est originaire d’Asie, mais s’est propagé aux populations d’abeilles afro-européennes il y a environ 100 ans, d’après la professeure. «En matière de temps d’évolution, c’est relativement court. Et c’est pourquoi nos abeilles sont si affectées par cela, parce que (…) d’un point de vue évolutif, elles n’ont pas eu la chance de développer, par sélection, des défenses naturelles.»

Des efforts sont en cours pour trouver des abeilles qui sont plus naturellement résistantes aux acariens, a indiqué la Pre Plettner, notant qu’une de ses propres ruches n’avait pas eu d’acariens cet été, tandis que la ruche voisine «débordait» de parasites.

«De temps en temps, vous obtenez une ruche assez résistante à l’acarien, et c’est un sujet de recherche très intensive et d’efforts d’élevage d’abeilles.»

Il faudra encore quelques années pour commercialiser le composé, le rendant disponible comme traitement, selon ses estimations.

Les chercheurs doivent encore comprendre comment cela fonctionne et démontrer qu’il est sans danger pour les abeilles, les apiculteurs et le milieu environnant.

Il est particulièrement important d’atténuer les infestations de varroa compte tenu de la gamme de pressions environnementales auxquelles les abeilles sont confrontées, a expliqué la Pre Plettner, citant notamment les changements climatiques et les pesticides.

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