La Colombie-Britannique confirme des erreurs dans les recettes liées au gaz naturel
Des erreurs, notamment des conversions de devises erronées, ont conduit le gouvernement de la Colombie-Britannique à surestimer ses recettes prévues provenant du gaz naturel d’environ 1,46 milliard $ sur cinq exercices financiers, ont confirmé des responsables mardi.
Le ministre de l’Énergie, Adrian Dix, a déclaré que l’erreur la plus importante, soit une surestimation de 44 cents du prix prévisionnel par gigajoule du gaz naturel pour cet exercice, constituait une «grave erreur».
Il a toutefois précisé que ces erreurs affectent les prévisions de la province, et non ses recettes réelles, qui peuvent varier d’une année à l’autre.
Les fluctuations de prix, y compris la flambée et la baisse subséquente liées à l’invasion de l’Ukraine par la Russie, ont amené la province à sous-estimer et surestimer ses recettes au fil des ans, a expliqué M. Dix.
«Cela fait partie du processus normal. Ce qui n’en fait pas partie, c’est l’erreur humaine, que nous reconnaissons aujourd’hui et que nous corrigeons dans le budget», a-t-il dit aux journalistes à Vancouver.
Des cadres supérieurs des ministères de l’Énergie et des Finances ont indiqué lors d’une réunion d’information technique tenue plus tôt mardi que les erreurs avaient été vérifiées de façon indépendante et que des corrections seraient intégrées au rapport financier trimestriel de la province, attendu plus tard ce mois-ci.
Lors de cette réunion, il a été précisé que l’incidence sur le déficit de la Colombie-Britannique — estimé à 7,7 milliards $ pour l’exercice 2025-2026 — serait clairement indiquée lors de la publication de ce rapport.
Inadvertance dans la conversion
L’erreur la plus importante commise par le personnel du ministère de l’Énergie concernait la conversion des dollars américains en dollars canadiens, une formule ayant été appliquée incorrectement dans une feuille de calcul.
Les prévisions de la province reposent sur les estimations du secteur privé concernant les prix du gaz naturel, lesquels sont exprimés en dollars canadiens ou américains.
M. Dix a expliqué que l’erreur provenait d’une hypothèse erronée selon laquelle les chiffres étaient présentés en dollars américains, alors qu’il s’agissait en réalité de dollars canadiens.
«Les chiffres ont été reconvertis en dollars canadiens, ce qui a entraîné une surestimation des revenus», a-t-il dit.
Lors de la séance d’information, il a été indiqué que la correction de cette erreur avait entraîné une baisse du prix du gaz naturel de 44 cents par gigajoule dans les prévisions de la Colombie-Britannique pour 2026-2027.
Le budget 2026 présente des prévisions de prix erronées par gigajoule, oscillant entre 2,34 $ et 4,83 $ au moment de l’entrée dans l’usine, soit pour du gaz non encore traité.
«Nous modifions le processus afin d’éviter que de telles erreurs ne se reproduisent», a assuré M. Dix.
Le Parti conservateur de la Colombie-Britannique, dans l’opposition, n’a pas immédiatement répondu à une demande de commentaires. Toutefois, la semaine dernière, son porte-parole en matière de finances, M. Gavin Dew, a demandé au vérificateur général d’examiner les prévisions de revenus erronées, après leur publication initiale par le journal Business in Vancouver.
«Il ne s’agit pas simplement d’une erreur comptable. C’est un problème de crédibilité», a expliqué M. Dew dans un communiqué, tandis que la chef de l’opposition, Mme Kerry-Lynne Findlay, a affirmé que la Colombie-Britannique ne pouvait se permettre des budgets «fondés sur des vœux pieux».
Les informations présentées lors du breffage technique de mardi ont été communiquées à titre confidentiel, c’est-à-dire qu’elles ne pouvaient être attribuées à une personne en particulier.
Une deuxième erreur, liée à la conversion des unités d’énergie, a entraîné une baisse de cinq cents (0,05 $) du prix prévu.
Deux autres erreurs, dues à l’utilisation de données de 2025 au lieu de celles de cette année, ont provoqué une diminution du prix d’entrée de l’électricité de la centrale de un cent (0,03 $) par gigajoule, et une augmentation de trois (0,03 $) du prix de sortie.
La correction de ces erreurs a entraîné une baisse annuelle moyenne des revenus prévus de 292 millions $ entre cet exercice financier et celui qui débutera en 2030.
L’impact pour l’exercice financier en cours est de 306 millions $, ce qui réduit les revenus prévus d’environ 24 %, passant de 1,297 milliard $ à 991 millions $.
Le ministère de l’Énergie collabore avec des experts afin d’améliorer son processus d’assurance qualité pour les prévisions futures, ont indiqué les représentants lors du breffage.
L’inquiétude des Premières Nations
Des représentants des Premières Nations du Traité n° 8, dans le nord-est de la Colombie-Britannique, ont également participé au breffage. En juin, des représentants du gouvernement provincial avaient été alertés d’une erreur présumée dans la comptabilisation des coûts de traitement et de transport du gaz naturel.
Le personnel a indiqué que la province avait revu ses calculs et confirmé que ces coûts avaient été correctement intégrés à ses prévisions, mais qu’en juillet, une série d’erreurs liées à la conversion des unités monétaires du gaz naturel avait été découverte.
Ces erreurs surviennent alors que la province travaille à la mise en place d’un cadre actualisé pour la perception des redevances sur le gaz naturel, qui entrera en vigueur le 1er janvier. L’objectif est de restituer 50 % des profits après déduction des coûts de production des entreprises.
Lors de la séance d’information, le personnel a reconnu les inquiétudes des Premières Nations signataires du Traité n° 8 quant à l’atteinte de cet objectif et a précisé que de plus amples renseignements seraient disponibles cet automne.
M. Dix a expliqué que les représentants du gouvernement étaient convaincus d’être «sur la bonne voie».
Il a ajouté que l’objectif était d’établir un nouveau cadre de redevances «équitable pour les contribuables et les propriétaires des ressources», y compris les Premières Nations.
Ce cadre doit également tenir compte des intérêts de l’industrie, a-t-il conclu.
«Nous devons nous assurer qu’il y ait un bon retour sur investissement pour les gens afin que nous puissions contribuer au financement de choses qui me tiennent vraiment à cœur, comme les soins de santé et l’éducation, d’une part, et, d’autre part, il faut veiller à ce que nous ayons une industrie présente dans la province», a-t-il ajouté.
