La pétition de révocation lancée contre Danielle Smith échoue
EDMONTON — Une pétition visant à destituer la première ministre de l’Alberta, Danielle Smith, a échoué.
Mme Smith est la deuxième première ministre de l’histoire de l’Alberta à faire l’objet d’une pétition de révocation, la première remontant à près de 90 ans.
Heather VanSnick a indiqué que sa campagne contre Mme Smith avait recueilli près de 2300 des quelque 12 000 signatures nécessaires pour faire avancer le processus.
Mme VanSnick a affirmé que la pétition a tout de même été utile et que le fait que 2300 personnes aient réclamé une meilleure représentation dans la circonscription de Brooks-Medicine Hat, où siège Mme Smith, envoie un message fort.
Environ 13 000 votes ont été exprimés en faveur de Mme Smith lors des élections de 2023, et elle a facilement battu tous ses adversaires.
«Ce processus a clairement montré que de nombreuses personnes ne se sentent pas représentées, non seulement par elle en tant que députée, mais aussi en tant que première ministre», a mentionné Mme VanSnick lors d’une entrevue mardi.
Elle a ajouté qu’elle espérait que le taux de participation serait suffisant pour susciter un changement.
«Les gens me disent qu’ils en ont assez d’un leadership qui se contente de rejeter la faute sur les autres, et que nous avons besoin de responsabilité», a souligné Mme VanSnick.
«Nous sommes fatigués de voir les divisions s’aggraver alors que nous avons besoin de rassembler l’humanité», a-t-elle ajouté.
Dans une déclaration, Mme Smith a remercié ses électeurs pour leur soutien tout au long du processus de pétition.
«Mon objectif et mon engagement restent inchangés: je continuerai à travailler pour obtenir des résultats pour vous et à écouter vos commentaires alors que notre gouvernement s’efforce de développer l’économie, d’améliorer l’accès aux soins de santé et de garantir une éducation de qualité pour nos familles», a avancé la première ministre.
Ce n’était pas la première fois que Mme Smith faisait l’objet d’une procédure de révocation, mais c’était la première fois dans le cadre du processus législatif introduit par l’ancien premier ministre Jason Kenney en 2021.
En 2014, lorsque Mme Smith, alors cheffe du Parti Wildrose, a changé de camp pour rejoindre les progressistes-conservateurs au pouvoir, certains résidents frustrés de sa circonscription au sud de Calgary ont lancé une pétition informelle pour la pousser à démissionner de son siège et à se présenter à une élection partielle.
Les initiateurs de la campagne avaient alors déclaré à CBC que leur objectif était d’obtenir 6000 signatures, soit environ 20 % des électeurs de la circonscription.
Ce seuil avait été fixé dans un projet de loi d’initiative parlementaire proposé par le Parti Wildrose de Mme Smith environ un mois avant qu’elle et huit membres de son caucus ne changent de camp.
Mais cela n’a abouti à rien.
D’autres pétitions échouent
Deux autres pétitions contre des membres du caucus du Parti conservateur uni de Mme Smith n’ont pas non plus réussi mardi à obtenir le nombre de signatures requis.
Drake Worth, qui avait lancé une pétition contre le ministre de la Technologie et de l’Innovation, Nate Glubish, a indiqué que sa pétition n’avait pas atteint le seuil requis. Il ne savait pas exactement combien de signatures avaient été recueillies.
La pétition visant l’ancienne ministre de l’Environnement de Mme Smith, Rebecca Schulz, n’a pas non plus abouti. Le pétitionnaire Ethan Disler a expliqué que l’initiative avait été largement abandonnée après que Mme Schulz eut annoncé en décembre qu’elle démissionnait de son poste au sein du cabinet et qu’elle prévoyait de quitter son siège à l’Assemblée législative au printemps.
M. Disler a déclaré que la campagne avait recueilli quelques centaines de signatures et qu’il prévoyait toujours de soumettre la pétition à Élections Alberta.
M. Glubish a précisé mardi lors d’une conférence de presse sans rapport avec cette affaire qu’il attendait que Élections Alberta publie les résultats officiels de la pétition contre lui avant de faire des commentaires.
Mme Schulz a indiqué dans un communiqué qu’elle était très fière d’avoir servi, d’avoir été à l’écoute de ses électeurs et qu’elle continuerait son travail jusqu’à son départ en mai.
La fin des pétitions contre Mme Smith, M. Glubish et Mme Schulz signifie que 20 des 24 pétitions de révocation lancées à la fin de l’année dernière contre le caucus du Parti conservateur uni ont désormais échoué.
Bon nombre de ceux qui ont lancé les pétitions ont été motivés par le recours du gouvernement à la clause dérogatoire de la Charte pour forcer les enseignants en grève à reprendre le travail à l’automne dernier.
D’autres ont souligné que leurs représentants étaient difficiles à joindre ou qu’ils ne tenaient pas compte des préoccupations locales.
Mme VanSnick avait expliqué avoir lancé la pétition parce que Mme Smith ignorait les résidants et les experts lors de l’élaboration des politiques, une affirmation que la première ministre a niée et rejetée.
De nombreux pétitionnaires ont affirmé qu’ils ne pensaient pas que l’échec de leur campagne signifiait que les Albertains approuvaient massivement les mesures prises par Mme Smith et son gouvernement.
Certains pétitionnaires ont avancé que de nombreuses personnes avec lesquelles ils s’étaient entretenus n’étaient pas intéressées par la politique, mais qu’il n’avait pas fallu beaucoup les convaincre pour les rallier à leur cause.
Mme VanSnick a précisé que l’engagement suscité par le processus de pétition était la plus grande réussite.
«Nous avons créé un mouvement de personnes qui veulent la dignité, la représentation et la sécurité pour tous, et cela va bien au-delà d’un résultat politique, a-t-elle rappelé. Nous avons des élections qui approchent. Ce n’est pas fini.»
Les prochaines élections sont prévues pour octobre 2027.
Deux pétitions de destitution ont également été lancées contre des membres de l’Assemblée législative appartenant au NDP. La pétition contre la porte-parole en matière d’éducation, Amanda Chapman, s’est terminée la semaine dernière, mais mardi matin, Élections Alberta n’avait pas encore annoncé ses résultats.
Les pétitionnaires ont trois mois pour recueillir des signatures équivalentes à 60 % du nombre total de votes exprimés dans leur circonscription lors des élections de 2023.
En cas de succès, un vote à l’échelle de la circonscription serait organisé pour déterminer si le politicien conserve son siège. Si le membre perd, une élection partielle serait organisée.
