L’homme qui a tué Meriem Boundaoui l’aurait fait par inadvertance, selon son avocat

MONTRÉAL — L’avocat de l’un des hommes accusés d’avoir tiré depuis une voiture sur une jeune fille de 15 ans à Montréal a déclaré au jury que son client devrait être reconnu coupable d’homicide involontaire et non de meurtre.

Marc Labelle a reconnu mardi dans sa plaidoirie finale au palais de justice de Montréal que son client, Salim Touaibi, admettait avoir tiré le coup de feu qui a tué Meriem Boundaoui et qu’il ne pouvait donc pas être acquitté.

«Il a dit: “C’est moi le tireur. C’est moi qui a fait feu.”», a affirmé l’avocat au jury.

Mais Me Labelle a fait valoir que les preuves suggèrent que M. Touaibi n’avait pas l’intention de tuer quelqu’un lorsqu’il a tiré sur la Volkswagen Jetta alors que l’adolescente était assise sur le siège passager, le 7 février 2021.

M. Touaibi et son coaccusé, Aymane Bouadi, ont été accusés du meurtre au premier degré de l’adolescente de 15 ans, tuée dans l’arrondissement Saint-Léonard de Montréal par des coups de feu tirés depuis une Mercedes qui s’était arrêtée à côté de la Jetta.

Le procès devant la Cour supérieure a révélé que Meriem Boundaoui s’était retrouvée prise entre deux feux lors d’une dispute qui ne la concernait pas, opposant deux entreprises familiales au sujet de places de stationnement.

Me Labelle a affirmé que son client a tiré en direction de la voiture parce qu’il avait peur d’être abattu et voulait effrayer les autres personnes présentes, mais qu’il ne s’était pas rendu compte que l’adolescente se trouvait à l’intérieur.

M. Touaibi a témoigné qu’il avait entendu quelqu’un dire «nique-le, nique-le» et qu’il avait vu ensuite un sac pointé en sa direction.

«Il a fait feu parce qu’il a eu peur. Il a eu peur suite à une menace qu’il a entendue. Il a eu peur parce que quelqu’un lui pointait un sac à dos et il a interprété ça comme quelqu’un qui s’apprêtait à faire feu sur lui», a dit l’avocat.

Me Labelle a déclaré que les actions de son client avant, pendant et après les coups de feu, suggéraient que son acte n’était pas prémédité. Cela inclut le fait que M. Touaibi avait retiré son masque protecteur contre la COVID-19 et avait parlé au téléphone avec une personne impliquée dans le conflit à partir d’un numéro non masqué quelques instants avant l’événement. Un appel qu’il a passé après les coups de feu suggérait également un état de panique, a soutenu Me Labelle.

L’avocat a rappelé au jury qu’il ne pouvait condamner son client pour meurtre au premier ou au deuxième degré ou pour tentative de meurtre à moins d’être convaincu, au-delà de tout doute raisonnable, qu’il avait l’intention de tuer.

«Rappelez-vous toujours, la présomption d’innocence implique que la preuve hors de tout doute raisonnable repose sur la poursuite, a-t-il déclaré. Ce n’est pas à un citoyen ici au Canada de vous convaincre de son innocence.»

Les plaidoiries finales devraient se poursuivre au cours des prochains jours.