Ottawa devrait adopter à nouveau un ratio dette/PIB de référence, selon le FMI
OTTAWA — Un nouveau rapport du Fonds monétaire international (FMI) exhorte le gouvernement fédéral à réaffirmer son engagement envers un ancien pilier budgétaire.
Ce rapport, publié vendredi dans le cadre de l’examen régulier de l’économie canadienne par le FMI, mentionne que le budget du gouvernement fédéral s’oriente à juste titre vers une augmentation des investissements publics, compte tenu des droits de douane américains et de l’évolution des relations commerciales qui freinent la croissance économique.
Il soutient malgré tout qu’un ancrage clair du ratio dette/PIB devrait rester au cœur du cadre budgétaire du Canada.
Plus tôt cet automne, les libéraux ont remplacé leur ancien objectif de réduction du ratio dette/PIB par de nouveaux indicateurs visant à réduire le ratio déficit/PIB et à équilibrer le budget de fonctionnement d’ici trois ans.
«Élever le ratio d’endettement du statut d’indicateur à celui d’ancrage officiel, et positionner les trajectoires du déficit et du solde opérationnel comme des instruments complémentaires, permettrait d’établir une hiérarchie cohérente, de renforcer la responsabilité et de contribuer à garantir la viabilité et la crédibilité des plans d’investissement», peut-on lire dans le rapport.
Le directeur parlementaire intérimaire du budget, Jason Jacques, a exprimé des inquiétudes quant à l’absence d’un indicateur de baisse du ratio dette/PIB avant le dépôt du budget.
Après le dépôt du document, il a avancé que la trajectoire budgétaire du gouvernement était soutenable à long terme, même s’il a remis en question la capacité d’Ottawa à respecter ses objectifs à court terme.
La Presse Canadienne a contacté le ministre des Finances, François-Philippe Champagne, pour savoir si Ottawa envisagerait d’adopter la recommandation du FMI.
John Fragos, porte-parole de M. Champagne, n’a pas répondu directement à la question, mais a indiqué dans une déclaration que «le ratio dette/PIB est stable». Il a ajouté que le DPB et le FMI considèrent tous deux que les finances fédérales sont soutenables.
«Nous saluons le rapport du FMI, notamment la validation internationale selon laquelle le budget 2025 renforce les priorités en matière de productivité et peut traduire des investissements accrus en gains durables du niveau de vie», a-t-il mentionné.
Les libéraux ont largement relayé les commentaires du FMI avant le dépôt de leur plan budgétaire en novembre. Une citation de la directrice générale du FMI, Kristalina Georgieva, approuvant le recentrage d’Ottawa sur les investissements productifs et de capital, figure en deuxième page du document budgétaire.
Le FMI a également exhorté Ottawa à établir un mécanisme indépendant pour définir le capital dans le cadre du nouveau plan de dépenses du gouvernement, reprenant ainsi l’appel lancé par M. Jacques le mois dernier.
Le FMI a ajouté que la politique budgétaire devrait continuer d’être mesurée, contracyclique et flexible.
Le rapport indique par ailleurs que l’économie canadienne a mieux résisté que prévu au choc commercial provoqué par les droits de douane américains.
Il souligne que l’impact du conflit commercial a été atténué par les exemptions prévues dans l’accord de libre-échange entre le Canada, les États-Unis et le Mexique, mais que l’emploi et l’investissement ont tout de même faibli.
L’organisation précise que la baisse des prix des matières premières, le ralentissement de la demande extérieure, le ralentissement de l’immigration et l’incertitude liée aux droits de douane ont aggravé la situation.
Pour l’avenir, le Fonds monétaire international estime que les perspectives risquées sont devenues plus équilibrées qu’au début de l’année, mais que l’incertitude devrait rester élevée.
