Véhicules électriques: le président de GM veut une politique axée sur le consommateur

VANCOUVER — Les politiques canadiennes en matière de véhicules électriques doivent mieux refléter la demande des consommateurs, plutôt que d’être le résultat forcé des mandats fédéraux, a expliqué le président de GM Canada.

Kristian Aquilina était à Vancouver samedi pour une conférence sur les véhicules électriques, au lendemain de l’annonce par le gouvernement fédéral du report de son mandat de vente de véhicules électriques et du lancement d’un examen.

Il a expliqué que le Canada disposait d’avantages pour la transition vers les véhicules électriques, notamment de ressources lui permettant de jouer un rôle dans la chaîne d’approvisionnement des véhicules électriques. Il a toutefois ajouté qu’il était important que les investisseurs et les entreprises puissent faire preuve d’agilité plutôt que d’être contraints d’avancer à un rythme déterminé.

«L’adoption des véhicules électriques ne sera pas linéaire. Il y aura beaucoup de perturbations dans le système, ce qui rendra l’adoption un peu plus volatile que ce que suggérerait une courbe d’adoption linéaire idéale, imposée par un mandat», a-t-il dit.

Le premier ministre Mark Carney a annoncé vendredi que le gouvernement fédéral ne mettrait pas en œuvre l’obligation de vendre 20 % de tous les nouveaux véhicules au Canada d’ici l’année prochaine, tout en promettant un examen de 60 jours du programme national de véhicules électriques.

L’obligation devait initialement être prolongée jusqu’en 2035, date à laquelle tous les nouveaux véhicules légers vendus au Canada devaient être entièrement électriques ou hybrides rechargeables.

Mark Carney a expliqué que l’examen visait à trouver des «flexibilités futures et des moyens de réduire les coûts», tandis que des documents gouvernementaux suggèrent que des modifications aux objectifs de ventes annuels, y compris celui de 2035, seront envisagées.

Lors d’une entrevue samedi, M. Aquilina n’a pas précisé les changements précis qu’il espérait voir, mais a qualifié l’examen de «bienvenu».

«En résumé, nous visons un avenir où la politique sur les véhicules électriques au pays reflètera un peu mieux la réalité de la demande des consommateurs, plutôt qu’un résultat imposé», a-t-il dit.

Adam Thorn, directeur du programme de transport à l’Institut Pembina, a déclaré dans un communiqué que le report des objectifs en matière de véhicules électriques profite à l’industrie automobile, mais pas aux Canadiens ordinaires.

Il a ajouté que la norme garantit que les constructeurs automobiles fournissent une gamme complète de véhicules électriques et contribue à faire baisser les prix pour les consommateurs en augmentant l’offre.

«Alors que les constructeurs automobiles sont confrontés à de sérieux défis en raison des tarifs américains, le gouvernement aurait pu maintenir l’objectif général de la réglementation en ajustant les assouplissements de conformité existants afin de leur donner une marge de manœuvre bien nécessaire», a-t-il expliqué.

«Les options comprennent l’extension des crédits pour les véhicules hybrides rechargeables et les infrastructures de recharge, un léger ajustement des objectifs ou une réévaluation des tarifs sur les véhicules électriques fabriqués en Chine, des mesures qui soutiennent l’industrie sans compromettre les engagements du Canada en matière de véhicules électriques», a ajouté M. Thorn.

Vendredi, le ministre de l’Énergie de la Colombie-Britannique, Adrian Dix, a dit que la suspension de l’obligation de vente reflète en grande partie la situation en Ontario et que la Colombie-Britannique a déjà atteint l’objectif fixé par Ottawa.

M. Aquilina a expliqué que le Canada dispose d’une grande variété de politiques provinciales en matière de véhicules électriques et qu’il ne voit aucune région du pays exempte des risques associés à ce type de mandat.

Le financement du programme de rabais pour les véhicules de tourisme électriques de la Colombie-Britannique a pris fin en mai.

M. Aquilina a indiqué que ces rabais ont contribué au niveau élevé d’adoption dans la province.

«Il pourrait être difficile à l’avenir de déterminer le taux d’adoption réel», a-t-il ajouté.