Réaménagement du centre-ville de Granby: les commerçants se rassemblent

Réaménagement du centre-ville de Granby: les commerçants se rassemblent

Le foyer du Palace de Granby était rempli de commerçants venus s'informer du chantier qui se déploiera devant leur entreprise entre 2020 et 2022.

Crédit photo : (Photo: GranbyExpress-Roxanne Langlois)

TRAVAUX. Le réaménagement du centre-ville de Granby, qui prendra son envol dès août 2020, sera indéniablement source de désagréments pour une part des commerçants de la rue Principale. Une soixantaine d’entre eux, visiblement inquiets, se sont rassemblés mercredi soir pour obtenir davantage d’information sur le projet et mettre leurs idées en commun afin d’absorber le coup.

Les travaux majeurs, qui comprennent, entre autres, la réfection de tout le réseau souterrain datant de 1932, se feront sur trois ans, chaque année d’août à novembre. Le tronçon compris entre les rues Saint-Hubert et Gill sera le tout premier à se transformer en immense chantier en 2020; suivront, en 2021 et 2022, les portions se trouvant jusqu’aux intersections de Dufferin puis Mountain.

Quelque 115  adresses seront de près ou de loin touchées par la réfection évaluée, pour le moment, à environ 20 millions $. «Au fur et à mesure de l’avancement du projet, les chiffres font se préciser […] tant au niveau du coût du projet que de l’admissibilité aux subventions», explique le directeur général de la Ville, Michel Pinault. Une partie des travaux pourra être assumée par une aide financière, confirme-t-il d’emblée.

Les représentants de la Ville se sont montrés rassurants mercredi soir, faisant valoir que tous les moyens seraient mis de l’avant afin d’atténuer les impacts du projet. «On va prendre soin de nos commerçants», assure M. Pinault, qui précise que Granby n’est pas la première ville à se lancer dans un projet d’une telle envergure.

L’inquiétude est palpable

Des commerçants ont pris la parole, mercredi soir, afin de partager leurs craintes. Marcel Hervieux, propriétaire des Fours du Roy, a rappelé que d’importants travaux routiers avaient eu lieu sur la rue Saint-Antoine vers 1982. «Nous, on a failli fermer, ce n’est pas mêlant. Si ça n’avait pas été du propriétaire qui a attendu qu’on paie notre loyer, on ne serait pas là», a-t-il mentionné, soulignant au passage la gentillesse de ce geste.

Pierre Côté, d’Hypothéca, a fait valoir qu’un certain flou persiste actuellement, puisqu’aucun visuel n’a encore été présenté aux entreprises qui seront touchées. «Ce qui est le plus inquiétant pour les commerçants, c’est que ce sont souvent des commerces qui se tiennent à bout de bras. La moindre baisse du chiffre d’affaires peut faire une grosse différence», a-t-il ajouté.

Pour la directrice générale de la Chambre de commerce Haute-Yamaska, Claude Surprenant, la rencontre organisée de concert avec Commerce Tourisme Granby_région et la Ville était devenue on ne peut plus nécessaire. L’instance a été interpellée à plusieurs reprises par ses membres, dont le gagne-pain est directement concerné.

«C’est leur vie. On veut éviter des faillites, qu’elles soient professionnelles ou personnelles, que ces commerces-là disparaissent pour les mauvaises raisons. […] Il faut voir à ce que les dégâts soient limités», fait valoir la gestionnaire.

Se préparer à la tempête

La directrice générale de l’Association de la Société de Développement Commercial (SDC) et ex-directrice générale de la SDC de la rue Saint-Denis, Caroline Tessier, a témoigné de l’expérience vécue par les commerçants de l’artère montréalaise lors des travaux majeurs de 2015 et 2016.

Qualifiant de «grosse tempête» les travaux qui prendront d’assaut la Principale,  cette dernière a invité les entrepreneurs à bien s’y préparer. Différents moyens à déployer avant, pendant et après les travaux ainsi que des pratiques à éviter ont été présentés aux commerçants afin qu’ils conservent leurs clients en dépit des inconvénients.

«On est capable de leur faire oublier qu’il y a un chantier», a plaidé Mme Tessier. Celle-ci s’est aussi faite rassurante, rappelant qu’en deux ans, le taux d’inoccupation des locaux de la rue Saint-Denis était passé de 27 % à 15 % en dépit de l’importante réfection. «Ça ne veut pas dire que parce qu’il y a un chantier, tout le monde déserte», a-t-elle expliqué.

Le propriétaire de la mercerie Jules Demers, Michaël Langlois, a quant à lui rappelé à ses confrères et consœurs de la communauté d’affaires qu’il importe que les entrepreneurs touchés demeurent solidaires: «La peur engendre la peur. Ce sera important de se tenir ensemble pour qu’on ait une certaine synergie entre commerçants […], qu’on soit créatifs».

Il a d’ailleurs présenté plusieurs éléments faisant partie d’un plan que son équipe et lui ont déjà mis sur pied en prévision de la fermeture de l’artère principale. Ouvrir une boutique satellite, offrir un service de livraison et lancer une boutique en ligne font notamment partie des initiatives analysées par la boutique de vêtements.

Précisons que les personnes présentes lors de la rencontre ont elles aussi eu l’opportunité de proposer des mesures d’atténuation et des stratégies pour attirer la clientèle sur la rue Principale, qui seront prises en compte par l’administration municipale.

La prochaine étape consiste en la finalisation du plan d’aménagement du projet. Suivront les plans et devis, le règlement d’emprunt, une rencontre d’information et l’obtention du financement. Enfin, l’appel d’offres sera lancé, puis les travaux. Environ 11 % des locaux situés dans le secteur sont actuellement vacants.