Le CF Montréal et le Toronto FC s’échangent les rôles de David et de Goliath

Justin Vézina, La Presse Canadienne
Le CF Montréal et le Toronto FC s’échangent les rôles de David et de Goliath

Personne n’a la berlue, le CF Montréal est un prétendant à la Coupe MLS et le Toronto FC s’apprête à rater les éliminatoires pour deuxième année consécutive.

Et pour une deuxième saison d’affilée, le CFM terminera la saison devant son rival historique.

À l’occasion de ce Classique canadien, le CFM est venu de l’arrière et a soutiré une spectaculaire victoire de 4-3 aux dépens du TFC, dimanche, au BMO Field.

Grâce à ce gain, le CFM (16-9-4) a consolidé son emprise sur le deuxième échelon de l’Association de l’Est. Du même coup, il a poussé le TFC (9-14-7) au bord du précipice et loin du portrait des éliminatoires.

«J’aimerais vraiment qu’il rate les éliminatoires à cause de nous. Ça serait magnifique», avait déclaré l’ancien buteur vedette de TFC, Jozy Altidore, en 2017.

Quelques années plus tard, le CFM remet finalement la monnaie de sa pièce à son rival en jouant les trouble-fête chez lui et en les excluant pratiquement des éliminatoires. En réalité, il n’a pas encore totalement pris sa revanche.

Le TFC, finaliste de la Coupe MLS en 2016, avait remporté le prestigieux titre en 2017 alors que l’Impact avait raté les éliminatoires.

Et selon l’entraîneur-chef du club montréalais, Wilfried Nancy, les partisans de l’équipe peuvent croire que les rôles seront inversés cette année.

«Comme vous vous en doutez, il n’y a qu’un seul seul gagnant à la fin de la saison. Je ne sais pas si on va gagner quelque chose, mais ce dont je suis certain, c’est que ce groupe a écrit l’histoire.

«Et c’est ce qu’on veut. On va faire quelque chose de spécial.»

Le TFC favori ad vitam aeternam

Désireux de répéter leurs anciens succès quand il était mené par l’Italien Sebastian Giovinco, le TFC a de nouveau délié les cordons de sa bourse cet été pour tenter de retourner à l’avant-plan.

Il a été porté par un second souffle depuis l’arrivée de plusieurs joueurs vedettes, dont le trio d’Italiens composé de Lorenzo Insigne, Federico Bernardeschi et Domenico Criscito. En outre, avec l’addition des internationaux canadiens Mark-Anthony Kaye et Richie Laryea, le TFC semblait favori pour le duel, malgré les positions des deux équipes au classement.

Et visiblement ce rôle de négligé n’a pas plu au défenseur central du CFM, Kamal Miller.

«Nous voulions montrer que peu importe ce qu’ils ont fait lors de la fenêtre des transferts, nous formons encore une bonne équipe. Nous voulions nous battre pour obtenir le respect que nous méritons et nous l’avons fait, a lancé celui qui a ouvert le pointage pour les Montréalais.

«On a senti un manque de respect tout au long de la semaine. On s’est fait demander par les médias comment on allait se dépêtrer face au TFC alors qu’on aurait dû demander au TFC ce qu’il ferait face à nous.»

Il est pourtant difficile de dire que les formations ont compétitionné à armes égales. Le CFM a joué toute la campagne avec un seul joueur désigné, Victor Wanyama. En opposition, le TFC compte sur Insigne, qui, à lui seul, fait un salaire plus élevé (estimé à 15 millions $) que tout l’effectif du Bleu-blanc-noir réuni (un montant avoisinant 13 millions $).

«Évidemment, quand tu gagnes un certain montant d’argent, tu as de plus grandes responsabilités», a rappelé le défenseur latéral du CFM, Alistair Johnston.

Les deux joueurs italiens ne sont toutefois pas à blâmer.

Insigne a marqué à deux reprises tandis que Bernardeschi a inscrit l’autre filet des siens.

Du côté du CFM, les mots-clés de «jeunesse» et «projet à long terme» sont utilisés à profusion pour exprimer la philosophie prônée par le vice-président et chef de la direction sportive du club, Olivier Renard. À défaut d’avoir des joueurs ayant connu de grandes carrières sur le Vieux Continent, le Bleu-blanc-noir mise sur des «quidams», ce qui lui confère un rôle de négligé.

Un titre dont Johnston est bien content de laisser aux rivaux, c’est celui de vedette.

«Je crois que, comme joueur, c’est bien qu’ils soient sous les projecteurs. Tu n’as pas besoin de cette pression additionnelle», a confié Johnston, qui a aussi trouvé le fond du filet.

Un match pour les annales

C’est la deuxième fois dans l’histoire du club montréalais qu’ils terminent devant le TFC deux années de suite. L’autre fois, c’était en 2012-13. 

Les hommes de Bob Bradley accusent désormais un retard de 18 points sur les Montréalais. L’an dernier, le CFM a terminé devant le TFC par cette exacte marge.

Qui plus est, les hommes de Nancy ont au passage inscrit une marque d’équipe pour le nombre de points en une campagne avec 52. Le précédent record de 51 points avait été établi en 2015.

Le CFM a également complété le balayage de leur série en MLS contre les Torontois puisqu’il a triomphé au compte de 1-0 au stade Saputo en juillet.

La troupe de Nancy accueillera le Crew de Colombus, vendredi, au Stade Saputo.

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