Les bosseuses canadiennes viennent pour apprendre ce week-end à Val Saint-Côme

Alexandre Geoffrion-McInnis, La Presse Canadienne
Les bosseuses canadiennes viennent pour apprendre ce week-end à Val Saint-Côme

MONTRÉAL — Les spectateurs qui se déplaceront ce week-end pour assister à la Coupe du monde de ski acrobatique de Val Saint-Côme risquent d’avoir de la difficulté à identifier les bosseuses canadiennes qui s’exécuteront en piste sous les réflecteurs.

C’est que Justine Dufour-Lapointe a récemment réorienté sa carrière vers le ‘freeride’, alors que l’Olympienne Sofiane Gagnon a choisi de prendre une année sabbatique et que Valérie Gilbert a annoncé sa retraite en septembre dernier.

Ce qui signifie que les têtes d’affiche de l’équipe féminine sont maintenant Maia Schwinghammer et Laurianne Desmarais-Gilbert, la soeur de Valérie.

«Comme ça, en une année, d’être propulsée en tête d’affiche — l’équipe féminine a beaucoup rapetissée, il y a eu plusieurs départs —, c’est un peu déstabilisant. Mais je sais que ma place est ici, et j’apprécie l’opportunité de représenter le Québec et le Canada sur la scène internationale», a d’abord dit Desmarais-Gilbert en visioconférence mercredi.

Conscient de la fragilité de ses protégées, l’entraîneur de l’équipe canadienne de bosses, Michel Hamelin, n’a d’ailleurs pas tardé à limiter les attentes envers elles ce week-end.

«C’est sûr qu’elles ont tout un fossé à combler. Mon but (avec elles), c’est d’y aller étape par étape. Si tu n’es pas prête à prendre cette place-là et à faire des podiums (en Coupe du monde), alors tu n’es pas prête. Mais on va bûcher vraiment fort pour éventuellement pouvoir y arriver. Mais ce n’est pas ici, maintenant, que ça va se passer. Présentement, je veux qu’elles me donnent le maximum qu’elles peuvent faire chaque jour, et on bâtira là-dessus», a-t-il expliqué.

Ainsi, selon Hamelin, il ne faut pas s’attendre à de grandes surprises du côté féminin à Val Saint-Côme. Il a néanmoins précisé qu’il espère que Desmarais-Gilbert puisse accéder à la finale, c’est-à-dire qu’elle enregistre un top-16. Un résultat envisageable, selon la principale intéressée.

«J’ai cogné à la porte à deux reprises en décembre — elle a terminé 18e à Ruka, en Finlande, et à Idre Fjäll, en Suède —, donc oui, j’aimerais percer la finale en fin de semaine», a-t-elle évoqué.

Pour y parvenir, Desmarais-Gilbert croit même avoir identifié ce qu’elle doit améliorer afin d’éclore.

«Je m’applique beaucoup sur les détails, sauf que ça peut aussi être un défaut en ski: je m’applique sur chaque virage, et ça veut dire que je prends trop de temps à les effectuer. Je devrais laisser aller mon ski un petit peu plus et prendre de la vitesse. Dans le fond, c’est ça qu’il me manque pour passer au niveau supérieur», a-t-elle résumé.

Chez les dames, l’Australienne Jakara Anthony domine le classement général de la Coupe du monde avec 410 points, devant la Française Perrine Laffont (360) et la Japonaise Anri Kawamura (320).

La meilleure bosseuse canadienne est présentement Schwinghammer, 16e avec 76 points, tandis que Desmarais-Gilbert suit au 21e échelon, avec 55.

Kingsbury, affamé

Les spectateurs ne seront toutefois pas laissés dans le brouillard à Val Saint-Côme puisque l’équipe masculine est toujours menée par le bosseur étoile Mikaël Kingsbury.

Le médaillé d’or aux Jeux olympiques de Pyeongchang en 2018 se retrouve en position inhabituelle à l’aube des épreuves en sol québécois: il est le «chasseur», plutôt que le «chassé».

Kingsbury pointe en effet au quatrième rang du classement des bosses en parallèle de la Coupe du monde avec 102 points, derrière le Japonais Ikuma Horishima (129) et les Suédois Filip Gravenfors (125) et Walter Wallberg (105).

Un résultat qui s’explique surtout par sa mésaventure survenue lors de la dernière épreuve de 2022, le 17 décembre à l’Alpe d’Huez, en France, alors qu’il avait abouti en 29e position. Il ne faut toutefois pas trop s’en faire dans son cas.

«’Mik’ est affamé en vue du week-end», a assuré Hamelin.

«C’est sûr que j’aime ça rebondir, a renchéri le Québécois âgé de 30 ans. Ç’a été une longue pause (depuis le 17 décembre), mais j’ai eu de super entraînements ici à Saint-Côme au mois de janvier, donc je me sens prêt.

«J’ai tourné la page sur ce qui s’est passé en France. Oui, j’ai eu une ‘bad luck’, je me suis accroché. Donc oui, je suis affamé, mais ce n’est pas parce que j’ai mal fait en France. C’est parce que je suis à la maison, et qu’on dispose d’une belle piste», a-t-il simplement ajouté.

Malgré sa malchance, Kingsbury est présentement premier au classement général de la Coupe du monde de ski acrobatique, avec une récolte de 362 points. Il devance Horishima (359 points) et l’Américain Nick Page (264).

La Coupe du monde de ski acrobatique de Val Saint-Côme se déroulera en deux volets ce week-end. Des épreuves individuelles de bosses seront présentées le 27 janvier, et celles-ci seront suivies des bosses en parallèle le 28.

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