Une expérience qu’Élizabeth Mantha ne pouvait refuser

Alexis Bélanger-Champagne, La Presse Canadienne

MONTRÉAL — Le match intra-équipe présenté dimanche au Centre Bell était bien plus spécial qu’une simple vitrine pour les espoirs du Canadien de Montréal pour Élizabeth Mantha.

Première femme à arbitrer un match de la LHJMQ et membre d’un groupe de femmes qui arbitre des matchs de la Ligue américaine de hockey depuis la saison dernière, Mantha était en fonction, participant ainsi à une activité officielle de la LNH.

«J’ai reçu un message texte (de la LHJMQ) la semaine dernière me demandant si j’étais disponible. Bien sûr qu’on ne dit pas non à ça», a raconté Mantha après la partie.

Personne n’a chigné quand elle a appelé une punition contre Chris Wideman pour avoir accroché. Aucun joueur non plus n’est allé la voir pour souligner sa participation à l’événement.

«Nous voyons des femmes être nommées dans différents postes partout dans la LNH. Je pense que nous sommes rendus là, a affirmé Mantha. Je pense que les hommes sont rendus là. Je ne vis aucune problématique au fait que je suis une femme. Rien.»

Mantha, qui est âgée de 32 ans et qui est la soeur aînée de l’attaquant des Capitals de Washington Anthony, a pu savourer l’expérience dimanche. Il est rare que les arbitres soient très occupés lors d’un match intra-équipe.

«Je ne me mettais pas trop de pression et je voulais profiter du moment. Je suis très privilégiée», a dit Mantha.

Mantha espère continuer à faire ses traces de pionnière et elle croit que le jour où une femme arbitrera un match de la LNH n’est pas si loin.

«La Ligue américaine est une ligue de développement pour la LNH. Nous verrons où ça nous mène», a-t-elle dit. 

Comme tous les arbitres, le travail de Mantha est épié par des superviseurs. 

Mantha a souligné que le jeu était plus rapide chez les professionnels que dans le junior et que cela demandait une bonne capacité d’adaptation. Les arbitres doivent s’habituer à ce rythme de jeu, comme les joueurs.

«Une nouvelle ligue signifie plein d’ajustements, a-t-elle expliqué. Le patinage en fait partie, le standard d’appel des punitions aussi. 

«Dans mon cas, ce qu’on me dit de travailler est mon coup de patin pour réduire l’écart avec le jeu et les joueurs afin d’avoir le meilleur angle possible pour un appel de punition.»

L’hiver dernier, Mantha a aussi arbitré des matchs lors des Jeux olympiques de Pékin. 

Elle a indiqué qu’elle devait bientôt se rendre à Chicago pour un camp de la LAH. Mantha continuera à travailler lors de matchs de la LHJMQ et de la LAH cet hiver et elle pourra même arbitrer des matchs de la LAH aux États-Unis puisqu’elle possède un visa pour le faire.

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