Boxe: un jeunot, un pitbull et un revenant
SPORTS. Le premier gala de boxe amateur de l’histoire de Waterloo approche à grands pas. Prévu le 1er mai prochain à l’aréna Jacques-Chagnon, l’événement compte une dizaine de confrontations à son horaire, dont plusieurs avec des pugilistes locaux âgés de 10 ans à 50 ans. Le GranbyExpress vous présente trois combattants aux parcours bien différents les uns des autres.
Commençons avec la tête d’affiche, Guillaume Grenier, le revenant. Le boxeur granbyen a relancé sa carrière l’an passé, signant un troisième combat après une absence de sept ans. Une longue traversée du désert due à un accident de travail, ayant chuté d’une échelle dans le cadre de son emploi d’électricien. Résultat: les deux jambes cassées et l’obligation d’être confiné dans un fauteuil roulant pendant six mois. Il ne pensait jamais combattre à nouveau un jour.
« Je pensais marcher avec une canne ! J’ai dû littéralement rapprendre à marcher. […] Quand j’ai disputé mon premier combat en sept ans (qu’il a perdu), c’était un exploit… et un méchant stress. C’était un niveau de stress difficile à gérer. Je pense que ça m’a drainé lors du combat. […] Là, j’ai un différent mindset, plus fort que l’an dernier », a avoué l’homme de 29 ans.
Entretemps, son train de vie a été actif avec la naissance de deux enfants et la création de sa propre entreprise. Un quotidien à conjuguer avec minutie.
« Ça prend une bonne conjointe ! Sinon, je n’y arriverais pas. […] Ce combat-là, il est important pour moi. C’est dans la ville où je m’entraîne, comme si ce serait mon »chez-moi« , donc je veux absolument le gagner. […] Je ne vois pas un scénario où je peux perdre. Je suis 100 % dédié au gym présentement. Je viens quatre fois par semaine, je cours deux fois par semaine et je suis des cours privés avec Charles [Hauver, le propriétaire de Speedy Gym Waterloo] », a précisé Guillaume Grenier.
Le pitbull
Âgé d’à peine 16 ans, Jian Leta a une courbe de progression parmi les plus incroyables. Pour lui, la boxe ne faisait pas partie de ses plans il y a deux ans. Il a découvert Charles Hauver et le Speedy Gym Waterloo lors d’une simple sortie parascolaire. Autrefois adepte de basketball et de skateboard, les sports n’étaient qu’un passe-temps occasionnel.
Chose certaine, il en a vécu des choses en près de 24 mois. Un an après s’être inscrit au centre, le propriétaire de Speedy Gym Waterloo a décidé de l’entraîner avec ses poulains adultes.
Puis, quelques mois plus tard, sept duels professionnels (en plus de trois affrontements de type « démo ») à partir du 24 mai 2025 et le titre de vice-champion des Championnats canadiens de boxe 2026, tenus à Calgary en mars dernier.
« Si on m’avait dit il y a deux ans que j’allais faire toutes ces choses, je n’aurais cru personne. Même aujourd’hui, j’ai encore de la misère à accepter ça », a-t-il admis avec modestie.
Sa défaite au niveau juvénile aux Championnats canadiens de boxe a été difficile à digérer sur le coup… et quelque peu controversée. Selon l’entraîneur Hauver et plusieurs personnes présentes lors de l’événement, il méritait amplement la victoire.
Toutefois, le Waterlois ne s’est pas apitoyé sur son sort. Il est affamé et a changé des aspects de son jeu malgré une performance « impeccable ».
« Aux Championnats canadiens, j’étais très stressé. C’était mon premier gros championnat. En arrivant là-bas, j’avais juste quatre vrais combats à mon actif. Je me suis battu contre de gars qui en ont 30 [affrontements] en carrière. J’ai amélioré ma gestion du stress et j’ai mis les bouchées doubles dans tout, surtout que je vais être opposé à un pugiliste qui m’a déjà vaincu », a mentionné Jian Leta.
Il compare sa philosophie et sa progression à un escalier. « Ça monte d’un coup. Ensuite, si j’ai de la misère avec quelque chose, je ne peux pas m’améliorer tant et aussi longtemps que je ne l’ai pas. Quand j’arrive à débloquer ça, je monte rapidement. »
Le jeunot
À 12 ans, Alec Lafortune est le deuxième plus jeune combattant de la carte.
L’auteur de ces lignes a vu devant lui un garçon introverti et peu bavard, mais qui utilise toute son énergie avec ses poings. Soutirer la moindre réponse était un vrai sport extrême.
Ce n’est pas tout le monde qui peut se targuer de vivre un gala de boxe à un aussi jeune âge. Pour lui, c’est « stressant, le fun, une fierté et ça demande beaucoup de courage ».
Également Waterlois, il est inscrit au Speedy Gym Waterloo depuis trois ans et s’entraîne en compagnie d’adultes depuis l’an dernier.
« C’est fou [de m’entraîner avec des adultes]. Je ne pensais jamais que ça allait arriver. Je croyais être avec les enfants pour plusieurs années. […] Un combat comme celui-là, c’est du sérieux. On n’est pas comme dans le sparring. Ça me demande énormément de préparation et d’ajustement », a-t-il déclaré.
Ce que Charles pense de…
Guillaume Grenier
“Tout ce que Guillaume fait, il le fait avec le cœur. Il aime ça les défis. Il a besoin de se dépasser. C’est un leader, un pilier au gym. Il encourage tout le monde ici. Les gars le regardent beaucoup et lui accordent une belle confiance. Il est tellement gentil et sympathique, même dans des journées difficiles.”
Jian Leta
“C’est un de mes jeunes très prometteurs. […] Il est unique en son genre. Il a une confiance que j’ai rarement vue dans un ring. C’est un méchant pitbull. Au-delà de tout ça, il est super humble. Quand je l’ai vu lors de sa sortie parascolaire, j’ai tout de suite remarqué qu’il était différent des autres. Il se démarquait par la rapidité de ses coups, sa vitesse et sa force de frappe. Je n’ai jamais vu ça. Il a même vaincu mes combattants adultes. Un des plus plaisants avec qui travailler.”
Alec Lafortune
“C’est un gars qui est tout le temps au gym. Il s’entraîne fort. Il ne parle pas beaucoup dans son coin. C’est vraiment un jeune qui est très concentré. Quand on lui explique quelque chose, il comprend assez vite. […] Aujourd’hui, les jeunes vont souvent avoir de la misère à se concentrer. Cependant, Alec est un jeune assez mature pour son âge. C’est rare de voir ça. Ce sont pour toutes ces raisons-là que je l’ai amené avec les adultes.”
