Les nouvelles sensations de l’aréna
SPORT COLLÉGIAL. Elles sont jeunes, déterminées, aguerries, unies, passionnées par leur sport et motivées à réussir sur les bancs l’école. Cette présentation convient aux joueuses du programme de hockey féminin du Cégep de Granby qui en sont à l’an deux de cette nouvelle aventure chez L’Indigo. Après des débuts semés d’embûches, un passage obligé pour toute équipe d’expansion, le club piloté par l’entraîneur Andrew Bourget connaît une deuxième saison des plus surprenantes dans la NAPHL. Un succès pleinement mérité aux dires du mentor à la barre de la formation collégiale.
Mettre en place un programme de hockey collégial au sein d’une ligue qui n’a rien à voir avec le fonctionnement du Réseau du sport étudiant du Québec (RSEQ), c’est une chose, mais récolter des fruits mûrs après une seule saison, c’est tout un exploit pour ne pas dire que c’est un miracle. Partir en autobus pour aller jouer des tournois principalement à l’extérieur du Québec (en Ontario, sur la Côte-Est des États-Unis) contre des collèges bien établis et revenir à la maison avec des bannières à la maison.
«Mon défi, c’était d’établir une culture dans l’équipe. Pour moi, c’était important qu’on mette l’emphase sur l’effort, le travail, l’attitude et de faire comprendre aux joueuses que le sport va au-delà des habiletés. C’est très tactique au niveau de ton positionnement, de ta prise de décisions et de la compréhension du jeu. Je pense que ça commence à s’enraciner chez chacune d’elles», soutient Andrew Bourget.
Plus facile à dire qu’à faire, mais tranquillement, le jeune pilote de 33 ans est en train de gagner son pari. Et depuis l’automne, les 28 filles de 17 à 20 ans de L’Indigo donnent raison à leur entraîneur. Elles surprennent partout où elles passent. Deux conquêtes (l’une au tournoi University of Toronto Christmas Invitational en décembre et la seconde lors du NAPHL East Classic en janvier). Et le week-end dernier, pour une rare fois, les joueuses ont joué à domicile et remporté leurs trois matchs face à des formations ontariennes (2-0 contre Chystal Beach Academy et 5-2 et 10-3 face à Hockey Training Institute.
Le hockey sur la route
Sur la route la plupart du temps, les joueuses de L’Indigo doivent conjuguer avec les études et le hockey au quotidien. Pour l’heure, l’expérience d’évoluer pour un jeune programme semble plaire à la bande d’Andrew Bourget. «L’attrait pour les filles, c’est de vivre l’expérience d’aller jouer en Ontario et aux États-Unis. Souvent les moments forts d’une saison, c’est la participation à deux, trois tournois. De notre côté, c’est neuf, dix tournois dans l’année. Les filles tripent (…). Les voyages en autobus, l’hôtel. Ça permet de tisser des liens avec tes coéquipières.»
Après une première année parsemée de hauts et de bas, L’Indigo se tire beaucoup mieux d’affaire cette saison dans la NAPHL; un circuit qui accueille de prestigieux établissements scolaires dotés de programmes de hockey très réputés.
«À date, cette saison, notre plus belle réussite reste la victoire au tournoi de Toronto. On a commencé notre tournoi contre les filles de Purcell Academy Hockey (NDLR: ce programme compte des joueuses d’un peu partout dans le monde) en les battant 2-1. Pour nous, c’était un bon défi, mais on a réussi à causer une surprise en partant», admet l’entraîneur.
De l’intérêt pour Granby
Avec le retour de la vaste majorité des joueuses pour la 3e saison de L’Indigo, un bon recrutement à venir et une stratégie promotionnelle efficace sur les réseaux sociaux. Le futur du programme de hockey du collège de la rue Saint-Jacques s’annonce prometteur.
«Maintenant, on ne nous perçoit plus comme le nouveau programme. Notre première mission de se mettre sur la mappe, on peut dire qu’on a réussi (…). Je commence à recevoir des courriels de joueuses qui démontrent de l’intérêt à se joindre à notre programme. Ça démontre qu’il y a un engouement pour nous», indique Andrew Bourget.
Aux yeux de l’entraîneur du Bleu-Blanc-Jaune, le sport féminin se porte très bien. Il ne reste qu’à le promouvoir auprès du public comme le font la Victoire (hockey) et les Roses de Montréal (soccer). D’ailleurs, pour maintenir le buzz autour de l’équipe, il caresserait même le rêve d’organiser un showcase au Centre sportif Léonard-Grondin.
«Je pense que c’est envisageable, dans un avenir rapproché, d’être capable d’attirer cinq à dix équipes durant une fin de semaine pour un showcase. Ça pourrait être un bel événement pour la ville», conclut-il.
