Les Québécois.es peuvent maintenant rêver grand
Je suis bien placé pour en parler, en tant que directeur des communications de la LHJMQ: le Québec produit de moins en moins de joueurs de hockey d’élite. Et pourtant, pour les jeunes Québécois, les rangs professionnels sont plus accessibles que jamais.
Je parle de rangs professionnels tous sports confondus, et non seulement de hockey. Maintenant, un jeune d’ici peut rêver de faire carrière au basket-ball, comme Luguentz Dort, au football comme Benjamin St-Juste, au soccer comme Ismaël Koné, au baseball comme Otto Lopez, et j’en passe.
Idem pour les filles – et il est là le plus grand changement. Les filles peuvent maintenant rêver de jouer professionnel pour les Roses de Montréal, au soccer, ou la Victoire de Montréal, au hockey, ou toute autre équipe de la SLN ou de la LPHF. Jouer pro, pour mes nièces Alice, Rosalie, Rose, Élizabeth et Clara, c’est maintenant possible! Go Go Go les filles!
Quand j’étais jeune et que je gagnais des tournois à la tonne avec les Cosmos de Granby, je ne rêvais pas vraiment de jouer pour l’Impact de Montréal ou encore en Europe. C’était comme inaccessible.
Bon, je suis bien fier de dire que j’ai joué senior AAA dans la Ligue de soccer élite du Québec (LSEQ), du « semi-pro » comme on disait à l’époque. Mais le vrai pro, lui, était inaccessible.
Je me souviens encore quand Jocelyn Roy a été recruté par l’Impact. Quoi? Un Granbyen qui va jouer pro? J’était impressionné.
Mais aujourd’hui, les ados peuvent joindre l’Académie du CF Montréal, grimper les échelons et peut-être jouer, un jour, dans la MLS. Ou mieux encore, jouer en Europe, comme l’ont récemment fait Ismaël Koné et Mathieu Choinière.
Au football, la LCF a toujours été un rêve « accessible », mais pas la NFL. Il n’y a pas des Québécois à la tonne dans le circuit Goodell, mais l’ascension de Laurent Duvernay-Tardif et plus récemment Benjamin St-Juste, Matthew Bergeron et Sidy Sow permet aux jeunes Québécois de croire en leurs chances de jouer dans la NFL.
Même chose au baseball avec les Russell Martin, Otto Lopez, Édouard Julien, Charles Leblanc et cie. Ou encore au basket avec Luguentz Dort, Bennedict Mathurin et Chris Boucher.
Un rêve dur à atteindre
Est-ce qu’atteindre les rangs professionnels devient soudainement plus facile? Pas du tout. C’est encore et toujours aussi dur et exigeant. Et seulement 0,1% des jeunes athlètes québécois vont y arriver.
Mais au moins, le rêve est plus concret que dans mon temps. Car les jeunes les voient à la télé, les Zachary Bolduc, Luguentz Dort, Benjamin St-Juste et Ismaël Koné. Et ils peuvent se dire « Moi aussi, je veux faire comme eux. »
Et c’est encore plus vrai pour les jeunes filles, qui voient les Roses et la Victoire de Montréal à RDS.
Marie-Phillip Poulin gagne maintenant sa vie comme joueuse de hockey à temps plein. Je ne peux pas croire qu’il a fallu attendre 2023 avant de pouvoir écrire pareille phrase, mais bon.
Au moins, maintenant, les filles peuvent jouer professionnel et y gagner leur vie, même si on ne parle pas de millions.
Je suis content pour mes nièces et toutes les jeunes Québécoises. Car dans le sport, tout commence par des rêves, des modèles et des idoles.
Et si la petite Emma voit Ann-Renée Desbiens soulever la coupe Walter avec la Victoire, qui sait où ça pourrait la mener dans 5-10-15 ans?
En ce jour de la Saint-Jean, je trouvais ça important de rappeler aux jeunes Québécoises et Québécois que oui, jouer pro, c’est possible.
Amusez-vous et travaillez fort. Qui sait jusqu’où vous allez vous rendre.
