Le temps comme monnaie d’échange

Le temps comme monnaie d’échange

Voici trois des personnes impliquées de près dans le projet: le coordonnateur du GASP Nicolas Luppens, la chargée de projet pour le SÉPHYR Julie Bérubé ainsi que Catherine Bernard, membre du comité de démarrage.

Crédit photo : (Photo: GranbyExpress-Roxanne Langlois)

COMMUNAUTÉ. Offrir bénévolement et recevoir, en retour, un service gratuitement : voilà le concept que différentes organisations du milieu souhaitent implanter avec le démarrage souhaité, vers 2019-2020, d’une Accorderie à Granby et en périphérie.

Voilà plusieurs mois qu’un comité de démarrage, formé de citoyens et de différentes instances locales, se penche sur l’idée de lancer une franchise sociale du réseau d’entraide. Une quarantaine de citoyens ont d’ailleurs pris part à une première rencontre d’information, en février dernier. Le concept, déjà déployé dans une quinzaine de communautés en province, en est un de coopération auquel tout citoyen peut adhérer, quel que ce soit leur âge.

Sur le futur site Web où seront listés les services disponibles, l’argent n’aura aucune valeur : c’est le temps qui fera office de monnaie. En échange d’une heure investie auprès d’un autre membre, un «accordeur» recevra le retour de l’ascenseur de cette personne ou d’une autre inscrite.

Chacun pourra ainsi profiter des talents de ses concitoyens tout en faisant bénéficier des leurs à de parfaits inconnus. «C’est un principe démocratique et de réciprocité qui vient faire en sorte qu’il n’y a pas une occupation qui est mise sur un piédestal. Chacun a son habilité et chacune vaut la même chose, finalement», explique le coordonnateur du Groupe actions solutions pauvreté (GASP), Nicolas Luppens.

À titre d’exemple, il pourrait s’agir d’offrir des cours de couture, de procéder à de petits travaux manuels, de donner un coup de pouce lors d’un déménagement ou de promulguer du soutien en informatique. Quelque 1200 services différents sont répertoriés.

Par ailleurs, chacun est une mine d’or de compétences, soutient Julie Bérubé, chargée de projet pour Sclérose en plaques Haute-Yamaska Richelieu (SÉPHYR), l’organisme porteur de l’initiative. «Souvent, le problème […], c’est que le monde se découvre trop de compétences», lance-t-elle en riant.
En plus du GASP et du SÉPHYR, le groupe de citoyens Demain Granby et le service d’organisation communautaire du Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) de l’Estrie-CHUS sont impliqués dans le projet.

Une terre d’accueil pertinente

Granby, une ville d’accueil qui compte aussi bon nombre d’aînés, est le lieu tout indiqué pour lancer un tel projet. «Dans les Accorderies, on le voit, il y a beaucoup de personnes âgées qui viennent s’impliquer, ça leur permet de garder une autonomie plus grande. En plus, on a une belle population immigrante à Granby. Je pense qu’on a un beau mariage social à faire […]», explique Mme Bérubé. M. Luppens ajoute d’ailleurs qu’un tel réseau constitue un bon levier pour lutter contre la pauvreté et l’exclusion sociale, 50 % des membres ayant un revenu familial inférieur à 20 000 $. Le service n’est toutefois pas exclusivement dédié aux personnes considérées comme vulnérables.

Les prochaines étapes

Avant que les échanges puissent officiellement débuter, il faut d’abord réunir les personnes intéressées à y prendre part. Un sondage est déjà en ligne à cet effet au www.gasph-y.net. Les détails sont aussi disponibles sur la page Facebook Vers une Accorderie en Haute-Yamaska.

Les organisateurs devront également rassembler le financement nécessaire, soit de 25 000 $ à 50 000 $. Une ressource dédiée à la coordination du projet, qui devrait être embauchée en 2019, sera mandatée de procéder à  l’incorporation de l’organisme et à l’adhésion au Réseau Accorderie. Celle-ci veillera également à ce que les activités, une fois en marche, se déroulent dans l’harmonie ainsi que de façon sécuritaire. Les organisations souhaitant soutenir cette initiative peuvent également le faire en adressant une lettre d’appui au GASP.