Waterloo: l’abolition des horaires de faction ne se fera qu’en avril

Waterloo: l’abolition des horaires de faction ne se fera qu’en avril

Le duo formé de Pierre et Marie Hélène Brien est l'une des deux équipes travaillant sur l'horaire de faction à Waterloo. Le GranbyExpress vous les présentait à la une de son édition du 22 novembre dernier, les deux partenaires étant avant tout frère et sœur.

Crédit photo : (PhotoL GranbyExpress-Archives)

SANTÉ. Annoncée le 29 novembre dernier en même temps qu’une enveloppe provinciale de 28,2 millions $ par le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, l’abolition des horaires de faction des paramédics de Waterloo ne se concrétisera finalement qu’en avril.

Le délégué syndical Pierre Brien a reçu cette nouvelle mardi de son employeur, Groupe Radisson. Le traditionnel réaffichage ayant lieu en mars, ce n’est qu’après cet exercice que les nouveaux postes seront attribués en fonction de l’ancienneté. «On est déçus, mais juste de cette partie-là. Pour le reste, le party était pogné à la caserne. C’était vraiment festif. Les gens étaient super contents!», souligne celui qui œuvre comme ambulancier depuis 31 ans. Il est lui-même l’un des quatre paramédics (deux équipes de deux) composant avec un horaire de faction.

Si une pointe de déception est palpable, c’est que les ambulanciers de Waterloo s’attendaient à voir ce changement s’opérer dès janvier, comme ce sera le cas pour ceux du Groupe Cambi à Cowansville. Ces derniers ont appris la nouvelle en octobre. «Ce qu’on a entendu dire, c’est qu’il y aurait probablement d’autres annonces d’abolition et que Québec voulait harmoniser tous les débuts des nouveaux quarts», explique M. Brien.

Si les paramédics devront s’armer de patience avant d’officiellement reléguer aux oubliettes ce quart de travail hautement contesté, reste que cette victoire est la  bienvenue pour les travailleurs, qui se battent depuis un peu plus de trois décennies pour son abolition. Cinq postes passeront de temps partiel à temps plein dès avril. Un projet d’horaire est déjà conçu ; ne reste qu’au Centre intégré universitaire de la santé et des services sociaux (CIUSSS) de l’Estrie-CHUS à l’approuver.

Le temps… de sauver une vie

Les paramédics travaillant présentement sur l’horaire de faction attendent les appels de leur résidence, tout en vaquant à leurs occupations. De garde pendant sept jours consécutifs, ils doivent être aux aguets 24 heures sur 24 avant d’avoir sept jours de congé. Pendant leur semaine de travail, toute activité incluant bien sûr le sommeil ou une banale douche peut être interrompue à tout moment par une urgence. Lorsqu’un appel est logé, ils doivent d’abord se rendre d’eux-mêmes à la caserne pour y récupérer le véhicule ambulancier et y rejoindre leur partenaire. Ce n’est qu’à ce moment qu’ils peuvent se mettre en direction.

Dès avril, ils patienteront plutôt directement dans l’ambulance. «Pour la population, j’aime bien mieux être dans le véhicule et être prêt à partir. Sur un arrêt cardiaque, par exemple, les chances de réanimation vont être multipliées par cinq», estime M. Brien.

Il calcule que le temps réponse moyen devrait être amputé de dix minutes, un délai qui pourrait aussi faire la différence entre la vie et la mort pour des patients s’étant étouffés, étant inconscients, aux prises avec une réaction allergique sévère ou en état d’intoxication.