Guerre du poulet à Granby?

Par Ugo Giguere
Guerre du poulet à Granby?
La concurrence est forte chez les rôtisseries et l’arrivée de Scores tout juste en face de St-Hubert vient s’ajouter à l’offre déjà abondante de poulet à Granby.

Granby, ville du poulet? La Princesse des Cantons-de-l’Est est connue depuis longtemps comme une pépinière de restaurants, mais avec l’arrivée récente de la chaîne Scores, en face de son concurrent St-Hubert, est-elle sur le point de se transformer en capitale du poulet?

St-Hubert, Scores, deux restaurants Duhamel, Au coq, la rôtisserie Chez Pat Express, même la Cage aux sports met le poulet en vedette sur son menu. À cela, il faut ajouter toutes les pizzérias et autres restaurants familiaux dont le poulet demeure une valeur sûre.

Y a-t-il vraiment un marché pour tout ce monde-là? «Pas certain», répond le propriétaire du restaurant St-Hubert de Granby Donald Trudeau. «Je ne sais pas s’il y a un marché pour tout ce monde-là. J’ai posé la question au maire à un moment donné est-ce qu’il y a moyen de mettre des stops? Parce que ça fait juste séparer encore la tarte», croit-il.

Donald Trudeau est propriétaire de l’établissement de la rue Principale depuis cinq ans, mais il a été directeur général de la succursale durant 15 ans. L’homme d’affaires a récemment eu l’occasion de voir apparaître un concurrent direct, la chaîne Scores, de l’autre côté de la rue.

«Ça fait partie de la compétition, Scores s’installe tout partout à côté des St-Hubert. Ça fait longtemps qu’on en entendait parler», commente-t-il. Alors qu’on aurait pu s’attendre à un impact négatif sur l’achalandage, M. Trudeau affirme que c’est tout le contraire et qu’il note une hausse de la fréquentation.

Chez Scores, le propriétaire de la nouvelle franchise de Granby Roger Dumont voit son offre comme un tout autre produit. «On se distingue des autres avec les côtes levées et notre bar à salade», précise celui qui est également propriétaire du restaurant Mikes.

Bien qu’il soit conscient de la compétition, M. Dumont estime qu’il manquait une alternative en salle à manger. «C’est beaucoup du comptoir», observe-t-il en référence à Duhamel et Au Coq, notamment. Les premières semaines d’opération semblent lui donner raison, alors que les entrées se montrent supérieures aux prévisions.

Claude Duhamel, copropriétaire des restaurants du même nom, affirme lui aussi porter une attention à la salle à manger. «Aux deux ans, on investit un montant pour mettre une touche à notre salle à manger. Pour la rendre plus conviviale», révèle celui qui tient à l’image d’établissement familial et abordable.

Pour l’instant, l’arrivée d’un nouveau joueur n’aurait pas affecté le chiffre d’affaires de l’institution granbyenne en opération depuis 54 ans. La famille Duhamel ne s’en fait pas trop non plus avec la compétition «en autant qu’elle soit saine», insiste Claude Duhamel. Pour l’homme d’affaires, tout est une question de créativité. «C’est à nous à se démarquer», résume-t-il.

Abordable et santé

Pour expliquer la popularité sans cesse grandissante du poulet, les propriétaires de rôtisseries s’entendent sur deux éléments: le coût et la saine alimentation. Peu importe la façon dont on veut qu’il soit apprêté, le poulet demeure souvent un plat moins cher et moins gras.

Pour Roger Dumont de Scores, il faut ajouter un autre facteur: la culture. «C’est un des plus gros vendeurs en restauration partout au Québec. C’est presque une religion chez nous, les gens adorent ça. Si on se compare aux Nord-Américains anglophones, eux mangent beaucoup plus de viande rouge», expose le restaurateur.

L’actualité jouerait aussi un rôle à ne pas négliger ces derniers temps, croit Donald Trudeau. «Avec tout ce qu’on entend sur le bœuf aux nouvelles, les gens sont plus portés à se tourner vers le poulet», avance le propriétaire de la rôtisserie St-Hubert.

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