Communautés linguistiques et culturelles en Estrie: portrait peu reluisant en santé et bien-être

Communautés linguistiques et culturelles en Estrie: portrait peu reluisant en santé et bien-être
Dre France Desjardins

SANTÉ. La directrice de santé publique de l’Estrie, Dre Mélissa Généreux, a présenté la deuxième édition de son rapport, hier à Magog, dressant un portrait de santé et de bien-être des communautés linguistiques et culturelles de la région. La majorité des informations qu’on y retrouve sont peu reluisantes.

Mme Généreux mentionne que les anglophones et les immigrants représentent environ 10% de la population estrienne. «Jusqu’à présent, leur situation a été très peu documentée par la santé publique. On a donc jugé important de le faire», laisse-t-elle entendre.

Le président de la commission scolaire Eastern Townships, Michael Murray, considère que cette étude est d’une haute importance. «On sait depuis longtemps qu’il y a des problématiques. Ce travail souligne l’incohérence entre la perception de la communauté anglophone comme ayant des privilèges et étant plus riche que la moyenne. La réalité, c’est qu’on a une communauté qui est surtout rurale et relativement pauvre», précise-t-il.

Médecin à la clinique des réfugiés de Sherbrooke, Dre France Desjardins souligne les importants problèmes de ceux-ci, tant au niveau de la santé mentale que physique. «Ces problématiques empêchent le fonctionnement et l’intégration. Lorsque l’on parle d’emplois, ça inclut la santé, car c’est difficile d’aller en francisation quand on a des problèmes dentaires ou de vision, par exemple», indique-t-elle.

Cette dernière ajoute que la problématique s’accentue lorsque les réfugiés ont passé l’étape de la clinique de réfugiés. «L’accès aux soins est un enjeu difficile, et ce, même pour la population locale, alors avec les barrières culturelles, ça l’est encore plus. On doit mettre en place des stratégies plus adaptées à leurs besoins, car ils sont nécessaires à notre société», continue Mme Desjardins.

Dre Généreux a insisté sur le fait que selon elle, il faut que toutes les sphères de la société collaborent pour améliorer la situation des communautés linguistiques et culturelles de l’Estrie. «Il faut agir au niveau de la santé publique, mais aussi au niveau des secteurs de la petite enfance, de l’école et de l’emploi. Il faut mieux surveiller l’état de santé de ces gens, mieux documenter leur situation et mieux former les professionnels de la santé, tant sur le plan linguistique qu’au niveau des compétences culturelles», observe-t-elle.

Pour plus de renseignements:www.santeestrie.qc.ca.

Quelques faits saillants du rapport

46%

Enfants anglophones de la maternelle vulnérables dans une sphère de développement (25 % chez les francophones).

60%

Près de six élèves d’écoles secondaires anglophones sur 10 disent avoir été victimes de violence à l’école ou sur le chemin de l’école, ou encore de cyberintimidation (35% dans les écoles francophones).

66%

Pourcentage des immigrants qui ont un médecin de famille, contre 82% parmi la population née au Canada.

44%

Pourcentage des adultes immigrants récents qui a fait des études universitaires (plus élevé que chez les Canadiens d’origine), mais leur situation économique reste désavantageuse.

 

 

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