Bonnardel plaide pour une meilleure reconnaissance des diplômes

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Par Roxanne Langlois
Bonnardel plaide pour une meilleure reconnaissance des diplômes
Le député sortant François Bonnardel, photographié aux côtés d'Anastasiya Oluyenge, cette jeune Française thanatologue qui ne parvient pas à faire reconnaitre ses acquis pour pratiquer sa profession. (Photo : (Photo: GranbyExpress-Roxanne Langlois))

POLITIQUE PROVINCIALE. Le candidat caquiste François Bonnardel est profondément choqué de voir des immigrants qualifiés quitter le Québec, faute de parvenir à obtenir une reconnaissance de leur diplôme: s’il est réélu le 1er octobre, le député sortant souhaite améliorer le processus afin de faciliter l’intégration de ces nouveaux arrivants.

M. Bonnardel a convoqué la presse, lundi matin, en compagnie d’Anastasiya Oluyenge, une Granbyenne d’adoption qui ne parvient pas, actuellement, à faire reconnaître ses acquis. Si, selon elle, le Québec «fait rêver les Français», comme ce fut le cas d’elle et de son conjoint, la thanatologue de 29 ans se bute à une problématique majeure: bien qu’un emploi l’attende dans son domaine, elle n’est pas autorisée à le pratiquer.

Le Collège de Rosemont, dispensant exclusivement la formation aux futurs thanatologues, ne permet plus de passer d’examen d’équivalence; le gouvernement provincial a donc suggéré à Mme Oluyenge de reprendre à zéro sa formation. Or, même ce scénario n’est pas envisageable en raison de son statut actuel.

«Je veux faire le métier qui me passionne, celui pour lequel je me suis investie, celui pour lequel j’ai fait mes études. […] Si je ne peux pas l’exercer au Québec, malheureusement, je serai contrainte de rentrer en France. Je me plais beaucoup ici, c’est très sympa, mais le côté sympa ne paiera pas mes factures», explique celle qui œuvre présentement comme conseillère aux familles au Complexe funéraire Le Sieur.

La jeune immigrante qualifie d’ailleurs la situation «d’illogique»: alors que sa  profession est priorisée par le Programme des travailleurs de métiers spécialisés du fédéral, elle n’est pas en mesure de décrocher son permis d’exercice au Québec.

«C’est extrêmement ridicule de voir, aujourd’hui, qu’on pourrait perdre une famille, soit une dame et son mari, qui sont intéressés par le Québec et qui veulent s’y installer», fait valoir M. Bonnardel. Si le cas de Mme Oluyenge constitue un exemple probant, il est bien loin d’être le seul, se désole-t-il.

Reconnaître, prioriser, accélérer

Selon le candidat, un gouvernement de la Coalition avenir Québec (CAQ) accédant au pouvoir facilitera la reconnaissance des diplômes. Il donnera aussi pour directive au ministère de l’Immigration de prioriser les candidats ayant une offre d’emploi sur la table, d’autant plus si cet immigrant économique opte pour une région du Québec.

«Il faut vendre nos régions aux immigrants, leur dire qu’il y a de l’emploi aussi à Granby, tout comme il y en a à Sherbrooke, à Gatineau ou en Abitibi. La pénurie de main-d’œuvre, on la mesure partout. Il faut accélérer», défend M. Bonnardel.

Pour sa formation politique, il n’est pas prioritaire, contrairement à ce que prône le Parti québécois, d’exiger que ces candidats à l’immigration parlent d’emblée français à leur arrivée.  «Qu’elle parle ukrainien, anglais ou russe, on s’en fout. On va donner tous les outils à cette personne. L’immersion francophone, c’est encore ce qu’il y a peut-être de mieux», fait valoir le député sortant, qui juge que l’apprentissage passe d’abord par le milieu de travail. Le succès de l’immigration, lui,  tient avant tout de l’intégration du point de vue de la CAQ.  «On veut atteindre un niveau de réussite total et par la suite, on va commencer à augmenter ce taux [d’immigration], quand on verra des résultats tangibles […]», explique le caquiste.

Une proposition «raisonnable»

Selon ce que proposent les troupes de François Legault, un nouveau venu aurait trois ans pour s’intégrer avant de passer un examen portant sur la langue française et les valeurs québécoises. Celui-ci aurait également à présenter une preuve d’emploi afin de décrocher son certificat de sélection, condition sine qua none à l’obtention d’une résidence permanente.

À l’heure où environ un immigrant sur quatre quitte sa nouvelle terre d’accueil au profit d’une autre province canadienne, M. Bonnardel estime que ce qui est prôné par la CAQ n’est en rien un «discours de la peur». «Je pense qu’on est raisonnables […]», fait valoir l’élu sortant.

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