Bloc Pot: Kevin Robidas brigue les suffrages dans Granby

Photo de Roxanne Langlois
Par Roxanne Langlois
Bloc Pot: Kevin Robidas brigue les suffrages dans Granby
Le candidat du Bloc Pot Kevin Robidas déplore que sa formation politique ne bénéficie que de très peu de visibilité de la part des médias traditionnels. (Photo : (Photo: GranbyExpress-Roxanne Langlois))

POLITIQUE PROVINCIALE. Le Granbyen d’adoption Kevin Robidas s’est lancé, in extremis, dans la mêlée sous la bannière du Bloc Pot (BP) en vue des prochaines élections. Consultant en cannabis médical, celui-ci estime que le parti qu’il représente est encore plus pertinent dans le contexte de l’imminente légalisation, prévue le 17 octobre.

«Cette année, c’est l’opportunité de faire comprendre un message, parce que l’ouverture des gens est là et que la légalisation s’en vient», lance d’emblée l’homme de 33 ans, qui s’est officiellement porté candidat quelques minutes seulement avant la date limite.

Complètement «contre le système et la manière dont il est fait», M. Robidas fait campagne, notamment sur les médias sociaux, afin que le Québec se «débarrasse de la corruption». Selon lui, l’enjeu du cannabis qu’aborde le BP dépasse de loin la simple question de la légalisation. «Le problème, c’est que les gens ne comprennent pas qu’on peut l’appliquer dans toutes les sphères de notre société, ils se concentrent sur le récréatif», explique-t-il, énumérant, entre autres, l’industrie du textile, la santé, les énergies vertes et l’agroalimentaire.

Selon lui, la légalisation du cannabis à venir est loin de constituer une victoire, l’actuel projet de loi C-45 étant «absolument mal fait». À son avis, cette législation ne contribue qu’à créer un monopole gouvernemental alors que «tous devraient pouvoir en profiter».

«On parle d’un marché de plus ou moins 4,7 milliards $ par année et avec ça, les libéraux créent environ 500 emplois avec la Société québécoise du cannabis. C’est risible et c’est nous prendre pour des imbéciles», plaide-t-il, estimant que de 200 000 à 300 000 postes d’artisans pourraient plutôt être créés en province.

Ce dernier souhaiterait d’ailleurs que le marché du cannabis soit ouvert au même titre que celui de l’alcool,  avec l’émission d’autorisations de vente à des  «commerces maison». «Ce serait exactement comme les microbrasseries, les dépanneurs et les épiceries. Ils  vendent déjà de la bière et du vin, il n’y a pas que la SAQ qui a le permis pour le faire», défend M. Robidas. De plus, toutes les charges pénales reliées au cannabis, sauf pour sa vente, devraient, à son avis, être complètement retirées.

Le Sherbrookois d’origine, qui consomme lui-même cette substance à des fins médicales en raison de son épilepsie, espère que la présente campagne électorale permettra, à tout le moins, d’atténuer la stigmatisation envers ceux qui en font usage. «Présentement, on se parle et j’ai consommé. […] Ça ne change pas ma façon de penser, mes réflexes ou ma personnalité», lance-t-il au GranbyExpress, ajoutant que «le regard des gens est brouillé par 40 ans de propagande».

S’il est conscient qu’il ne sera sans doute pas élu le 1er octobre, celui-ci espère à tout le moins que les perceptions évolueront et que sa formation politique obtiendra une certaine voix à l’Assemblée nationale.

Kevin Robidas est le premier candidat du Bloc Pot dans l’actuelle circonscription de Granby. Dominic Thibeault avait brigué les suffrages dans l’ancien comté de Shefford en 2003 puis en 2007; il avait récolté 503 et 210 voix lors de ces élections.

Partager cet article