Financement du service de police: Bonin veut savoir à quoi s’en tenir

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Par Roxanne Langlois
Financement du service de police: Bonin veut savoir à quoi s’en tenir
Le maire Pascal Bonin, photographié lors de la mêlée de presse qui a suivi la séance ordinaire du conseil municipal, le 4 février dernier.   (Photo : GranbyExpress-Roxanne Langlois)

SÉCURITÉ PUBLIQUE. Excédé que le dossier du financement des corps policiers municipaux fasse du surplace, le maire de Granby, Pascal Bonin, continue de revendiquer une aide financière du provincial; il entend désormais «provoquer les choses» en se tournant directement vers la nouvelle ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault.

Voilà cinq ans que l’élu milite en faveur de l’équité quant aux deniers publics accordés pour la desserte des autorités policières. Granby n’est pas seule dans sa croisade; comme elle, Saint-Jérôme et Saint-Jean-sur-Richelieu bénéficient d’un service municipal de police classé «niveau 1» et n’ont droit à aucune aide gouvernementale contrairement aux municipalités desservies par la Sûreté du Québec (SQ).

Or, le maire Bonin souhaite désormais un tête-à-tête avec la ministre Guilbault afin qu’elle clarifie ses intentions. «Nous autres, ce qu’on demande, c’est l’équité. Eux autres, ce qu’ils ont l’air de vouloir nous dire, c’est que c’est blanc ou noir. Je ne sais pas, mais le gris, ça existe. On va aller vérifier les intentions du gouvernement et ultimement, voir où se loge le conseil municipal parmi ces options-là».

Le maire souhaiterait qu’une troisième possibilité s’ajoute à celles déjà dans l’air, soit le statu quo et l’incorporation des corps municipaux à la Sûreté du Québec (SQ). «Là, ça semble dire »tu t’en vas à le SQ, merci bonsoir ou tu restes à la sûreté municipale, tu fermes ta trappe et tu n’as pas une cent »», déplore l’élu.

Une compensation financière est pourtant indispensable, renchérit le maire: il plaide notamment que les Granbyens payent l’entièreté de la facture du Service de police de Granby (SPG) en plus de contribuer, par le biais de leurs impôts provinciaux, au Fonds des services de police (FSP) qui soutient les municipalités desservies par la SQ.

Rappelons qu’une entente est intervenue à la mi-décembre entre Québec et l’Union des municipalités du Québec (UMQ) quant à une augmentation maximale de 3,1 % imposée aux 1041 agglomérations desservies par la SQ.  Environ 33 millions $ seront d’ailleurs versés par le provincial afin de compenser la facture découlant d’une nouvelle convention collective des agents de la paix, valide de 2015 à 2022.

Criant à l’injustice, le premier magistrat avait fait une sortie médiatique dans ce dossier, clamant que l’UMQ ne s’acquittait pas de sa tâche de représenter Granby, Saint-Jérôme et Saint-Jean-sur-Richelieu. En mêlée de presse à la sortie de la séance régulière du conseil municipal, le 4 février, ce dernier n’était pas plus tendre envers l’organisation et son président, Alexandre Cusson.

«Le problème, c’est que l’UMQ via son président a émis un communiqué, disant qu’elle était super satisfaite, que c’était équitable pour tout le monde. Je ne suis pas de son avis, mettons, pour être poli», rappelle Pascal Bonin.

Précisons que la facture du SPG augmente d’environ 10 % annuellement, en raison, notamment, des nouveaux mandats donnés aux policiers et du coût de l’équipement. Pour faire face à cette dépense, Saint-Jérôme vient d’ailleurs d’instaurer une «taxe police» de 95 $ qui s’ajoute au compte de taxes de ses contribuables; celle-ci suscite d’ailleurs la grogne des citoyens.

Aucune mesure du genre ne fait par ailleurs partie du budget de Granby. Chez nous, un peu plus de 20.3 millions $ seront consacrés à la sécurité publique en 2019; environ 75 % de ce montant est dédié au SPG.

 

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