Les Inouk ont «choisi d’être un club super inclusif»

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Par Vincent Lambert
Les Inouk ont «choisi d’être un club super inclusif»
Les entraîneurs Patrick Beaulieu et Julie Caron de l'équipe de cross-country des Inouk misent sur une philosophie inclusive pour faire avancer le groupe. (Photo : Granby Express-Vincent Lambert)

CROSS-COUNTRY. L’équipe de cross-country des Inouk du Cégep de Granby n’a peut-être pas connu sa meilleure saison en termes de performance cet automne, mais la philosophie inclusive prônée par les entraîneurs a permis au groupe d’être soudé «plus que jamais».

«La performance pour nous est franchement secondaire, admet Julie Caron, entraîneuse adjointe pour l’équipe de cross-country des Inouk. On est là pour encadrer [les jeunes], mais pour les faire performer, je dirais qu’on n’a pas une emprise de fou.»

Au cours de la dernière saison, l’équipe dirigée par Julie Caron et Patrick Beaulieu n’a pas été en mesure de remporter les grands honneurs aux récents championnats provinciaux. Seulement des athlètes féminines ont réussi à se classer pour le rendez-vous sportif qui avait lieu sur les Plaines à Québec.

«Depuis six ans, on s’est toujours rendu aux provinciaux autant chez les gars que chez les filles, fait remarquer Mme Caron. C’est souvent un athlète qui tire le reste de la gang. Cette saison-ci, nos filles se sont classées. Nos gars […] n’ont pas réussi à rentrer par à peine 10 secondes. Notre saison s’est conclue là-dessus parce qu’elle finit avec les provinciaux.»

Bien que les Inouk n’aient pas connu leur meilleure saison au niveau des performances globalement, les deux pilotes de l’équipe ne voient pas ça comme une déception. Bien au contraire. Ils sont fiers de donner le goût aux étudiants de bouger.

«On est aussi content de voir un jeune qui n’a jamais couru de sa vie parce qu’on en a plein qui s’inscrivent dans le club sans jamais avoir couru et qui au terme de leur parcours avec nous, ils ont inscrit ça dans leur quotidien […], se réjouit Julie Caron. On a des jeunes qui sont rendus à l’université et qui viennent courir avec nous à leur relâche ou pendant l’été parce que justement, ils ont pris goût à tout ça. C’est ça la fierté, c’est ça l’objectif ultime.»

«Le groupe est tellement fort»

Au sein du club de cross-country des Inouk de Granby, il règne une atmosphère assez spéciale aux yeux de Patrick Beaulieu et de Julie Caron. La philosophie inclusive a un effet positif, si bien que le groupe est «tout le temps ensemble».

Au fil des années, les Inouk ont accueilli des athlètes ayant le trouble du spectre de l’autisme, ayant le syndrome de La Tourette ou bien étant à leur première expérience de course. Julie Caron et Patrick Beaulieu se réjouissent que ces jeunes «trouvent leur place» au sein du cross-country plutôt que dans d’autres sports.

«Il y a vraiment un enjeu d’intégration pour ces jeunes-là, explique Mme Caron. C’est extraordinaire ce qui se passe. C’est beaucoup plus large que la course. Tout le monde va se pousser à fond, mais avec des résultats vraiment différents, fait remarquer Julie Caron. On a des jeunes qui n’arrivent pas au départ à courir leurs six kilomètres et il y en a d’autres qui font ça comme des chevreuils dès le départ. On a choisi d’être un club super inclusif.»

Pas de sélections

Pour Patrick Beaulieu et Julie Caron, qui remplissent à deux le rôle d’entraîneur-chef, c’est la passion qui les a menés à s’impliquer avec l’organisation des Inouk du Cégep de Granby et à vouloir partager leur amour pour le sport avec les jeunes.

«Je crois qu’on le fait bien, estime Patrick Beaulieu, entraîneur adjoint, qui rappelle que depuis deux ans, les Inouk en cross-country organisent une course à relais dans un délai de 24h pour se surpasser durant à la fin de l’année scolaire. C’est très apprécié des jeunes à ce niveau-là.»

Parce que le Cégep de Granby n’a pas le même bassin d’athlètes que celui des collèges plus grands, il ne peut pas se permettre de faire des sélections en cross-country puisque le groupe est petit.

«On prend tous ceux qui veulent s’inscrire contrairement à la majorité des collèges qui vont en qualifications et ont des standards, poursuit M. Beaulieu. Nous, on prend tout le monde. Notre objectif, qui est probablement différent des autres, n’est pas d’arriver à se qualifier et de performer. C’est [plutôt] de donner le goût aux jeunes de faire du sport.»

L’objectif premier des Inouk n’est peut-être pas de rafler tous les honneurs, mais l’organisation n’hésite pas à affirmer qu’«on va essayer d’aller chercher le maximum avec l’équipe qu’on aura. Ça, c’est sûr. On va faire ce qu’on peut pour grimper deux échelons dans l’échelle».

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