Saisie record de stupéfiants: du jamais vu à Granby

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Par Eric Patenaude
Saisie record de stupéfiants: du jamais vu à Granby
Les sachets de «shatter» (concentré de cannabis) sont offerts dans des emballages très attrayants pour les consommateurs de stupéfiants. (Photo : GranbyExpress-Éric Patenaude)

FAITS DIVERS. Huit kilos de cannabis, près de 20 litres de GHB, plus de 150 grammes de haschich, près de 750 grammes de champignon magique, plus de 140 sachets de concentré de cannabis, 4000 comprimés de méthamphétamine, plus de 500 grammes de cocaïne, une carabine volée et 1500 $ en argent. Cette saisie réalisée par l’escouade Accès-Cannabis du Service de police de Granby (SPG), le mois dernier, est sans contredit l’une des plus grosses affaires de drogue jamais vue à Granby.

Le 1er novembre dernier, l’escouade spécialisée du SPG avait frappé simultanément dans trois résidences (une maison du chemin Milton, un logement de la rue Pinard et une propriété de la rue Saint-Jacques) avec le soutien du groupe tactique d’intervention de la Sûreté du Québec. Sur les lieux de perquisition, quatre individus avaient été arrêtés.

Un mois plus tard, le SPG a convié les médias locaux pour exposer le bilan détaillé de l’importante rafle et les conséquences de la vente de ces stupéfiants dans la rue en compagnie de la caporale Mélanie Perrier, du Service de sensibilisation aux drogues et au crime organisé à la Gendarmerie Royale du Canada (GRC).

«La GRC n’est nullement impliquée dans ces perquisitions», a rappelé d’emblée la porte-parole du SPG, Caroline Garand.

Bénéficiant d’enquêteurs à temps plein attitrés aux dossiers de stupéfiants (Accès-Cannabis), le SPG a remonté jusqu’aux acteurs de ce réseau illicite grâce à des informations du public reçues en janvier dernier. «Le cannabis a beau être légal, mais on sait qu’il y a une économie souterraine, dont le crime organisé bénéficie (…). Combattre le cannabis et les drogues, on a sondé la population et le sondage a été sans équivoque: les stupéfiants sont une priorité et notre organisation est très sensible à cette problématique», a laissé savoir le capitaine Stéphane Cabana, responsable des enquêtes criminelles au SPG.

Gros cocktail

Du cannabis, de la cocaïne, de la méthamphétamine. Ces substances n’ont rien de particulier. Mais dans le cas de la saisie effectuée à Granby, c’est la variété de substances perquisitionnées et les quantités qui ont étonné la caporale Mélanie Perrier, de la GRC. Parmi les drogues trouvées, les policiers ont notamment mis la main sur plus de 140 sachets de concentré de cannabis (shatter).

Le capitaine Stéphane Cabana, responsable des enquêtes criminelles, et la porte-parole du Service de police de Granby, Caroline Garand, ont dressé le bilan de la saisie de stupéfiants du 1er novembre dernier aux côtés de la caporale Mélanie Perrier, de la Gendarmerie Royale du Canada. Photo: GranbyExpress-Éric Patenaude

«C’est la première fois que je vois une saisie comme ça de la part d’un corps de police (…). Le shatter; les niveaux de THC tournent autour de 90 %. C’est très populaire chez les jeunes et c’est consommé dans un joint ou dans une cigarette électronique.» «Quant au prix, on parle de 25 à 50 $ le gramme. Ça va varier selon la souche de cannabis utilisée, la méthode de production», a expliqué la caporale Perrier.

Sur le marché de la revente, les sachets de shatter saisis auraient pu rapporter jusqu’à 7000 $ aux trafiquants. Avec les 20 litres de GHB retrouvés, la rentabilité aurait été aussi au rendez-vous pour le crime organisé. Offert sous forme de dose de 5 ml au coût variant entre 10  et 25 $, cette drogue de synthèse aurait permis aux criminels d’engranger près 100 000 $, selon Mme Perrier.

«Pour le GHB, la recette est très simple. On n’est pas ici dans des laboratoires à la Breaking Bad (…). C’est très accessible et ce n’est pas relié à une organisation particulière. Vous avez vu les montants que ça peut rapporter. Ça peut être extrêmement lucratif.»

Enquête dans l’Ouest du pays

À Granby, le dossier de cette saisie est maintenant entre les mains des procureurs de la couronne. Le travail n’est toutefois pas terminé pour l’escouade Accès-Cannabis puisqu’elle sera amenée à collaborer avec des corps policiers de l’Ouest du pays.

«Des policiers des provinces de l’Ouest travaillent avec nous. Les arrestations et les perquisitions sont à venir. Nous sommes en lien avec eux, car nos dossiers sont interreliés», a mentionné Caroline Garand, du Service de police de Granby.

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