La Ville assouplit sa réglementation pour les restaurateurs

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Par Vincent Lambert
La Ville assouplit sa réglementation pour les restaurateurs
Le propriétaire de la Casa du Spaghetti, Daniel Lacombe, se réjouit de la proactivité de la Ville dans le dossier des terrasses de restaurateurs de la région. (Photo : Granby Express-Éric Patenaude)

MUNICIPAL. L’espace public sera bientôt plus piétonnier. C’est du moins le souhait de la Ville de Granby qui a adopté un avis de motion pour créer un événement commercial temporaire permettant aux restaurateurs d’aménager une terrasse extérieure. L’objectif est d’aider les commerçants locaux «à se sortir du COVID», a souligné le maire Pascal Bonin.

Cette première phase, qui s’adresse à l’ensemble de la ville, permettra donc l’utilisation, sous certaines conditions, des aires des stationnements et des espaces gazonnées pour l’installation de terrasses extérieures selon le respect des règles de distanciation sociale et des heures d’opération. Une deuxième phase plus spécifique au centre-ville sera par ailleurs mise de l’avant prochainement.

«Il y a déjà des demandes de commerçants à l’extérieur du centre-ville et il y en a d’autres au centre-ville et c’est pour ça qu’on les a séparées parce qu’on s’est aperçu que c’était très dur d’inclure dans une seule mouture toutes les versions qu’il peut y avoir», a fait remarquer Pascal Bonin.

Du 7 juillet au 12 octobre, les restaurateurs pourront donc profiter de cette opportunité pour attirer une plus grande clientèle dans ce contexte de pandémie.

«On pourrait réaménager une terrasse en utilisant quelques places de stationnement, se réjouit le chef propriétaire de la Casa du Spaghetti, Daniel Lacombe. Ça, ça serait très bon parce que ça va me permettre de gagner peut-être entre 40 et 60 places à l’extérieur. C’est une bonne affaire. La Ville a été bonne pour nous et elle a réagi quand même rapidement. S’il fait beau cet été, on va pouvoir l’utiliser et espérer un peu se refaire parce que trois mois et demi sans opération ou presque, c’est quelque chose en restauration. Ça fait mal.»

Même si le gouvernement du Québec a donné le feu vert pour la réouverture des restaurants, Daniel Lacombe a préféré d’attendre pour sa part au 2 juillet avant d’accueillir à nouveau sa clientèle.

«On avait encore des choses ici à faire et avec toutes les mesures que [le gouvernement] nous demandait, je trouvais ça très lourd pour un restaurant comme le nôtre qui est très convivial et où les gens viennent ici pour avoir une certaine qualité de service, a confié M. Lacombe. […] Je pense que les mesures vont s’assouplir dans les prochaines semaines. Ce qui va nous faciliter la tâche. C’est pour ça que je voulais attendre.»

Pour le moment, la Casa du Spaghetti est seulement ouverte pour le service de livraison et de takeout du mercredi au dimanche. Il n’est cependant pas exclu que ce service perdure même après la pandémie.

«C’est probablement quelque chose qu’on va garder à long terme, songe-t-il. C’est peut-être quelque chose qui va nous aider encore là à passer à travers cette crise qui s’éternise pour nous. On est plus en mode survie que profitabilité, mais on veut bien planifier la réouverture. Je voulais prendre le temps de voir ce qui se fait ailleurs.»

Une première au Québec?

Propriétaire de La Table à Mo, Moreno Tomei n’a pas non plus ouvert son restaurant puisqu’il indique être trop petit.

Le propriétaire de La Table à Mo, Moreno Tomei (à droite), pourrait y aller d’une première au Québec avec son plan B. Un concept de restauration unique en son genre promet le restaurateur.

«Je peux asseoir à peu près une dizaine de personnes au gros max à l’intérieur et [environ] six sur la terrasse, raconte le principal intéressé. Ce n’est donc vraiment pas rentable.  Ce n’est vraiment pas dans mon optique de restauration.  Un restaurant, pour moi, c’est un friendly place. Je n’embarque pas là-dedans.»

Malgré tout, l’homme d’affaires pourrait amener un concept jamais utilisé au Québec, et ce, grâce à la deuxième phase que la Ville de Granby annoncera éventuellement.

«J’ai un plan, j’ai un projet qui va être en marche bientôt, admet-il. J’attends juste quelques réponses de l’urbanisme, mais à part de ça, c’est correct. Tant que je n’ai pas l’aval, je ne peux pas en parler.»

«Il y a d’autres alternatives qui s’en viennent, ajoute-t-il. On attend juste que les plans soient sortis et que l’urbanisme nous donne notre OK. Pour ce que moi je vais faire, on sort en dehors de ce que les villes ont toujours accepté. Aucune ville au Québec n’a accepté ça encore.»

Parce que La Table à Mo se retrouve près de la deuxième voie pour tourner à droite à la lumière sur la rue Principale, l’aménagement d’une terrasse n’était pas vraiment envisageable. Et c’est pourquoi il a pensé à son plan B, qui a reçu l’appui de Pascal Bonin, note-t-il.

D’ici là, le restaurant roule à plein régime même si son commerce est fermé à la clientèle puisque les mets cuisinés à emporter connaissent une hausse d’achalandage.

«On fonctionne encore à 100 %. On est de même depuis le jour un de la pandémie. On n’a jamais fermé.»

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