Les noues végétalisées pour combattre les fortes pluies

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Par Vincent Lambert
Les noues végétalisées pour combattre les fortes pluies
Voici un exemple de noue végétalisée sur le territoire de Granby. (Photo : Granby Express-Éric Patenaude)

SINISTRE. Les quelque cinquante millimètres de pluie qui sont tombés récemment à Granby en l’espace de trente minutes ont causé des maux de tête à bien des citoyens, qui ont dû évacuer en grand nombre l’eau qui s’était infiltrée dans leur résidence. Quelles sont les solutions pour réduire les conséquences? Il semblerait que la présence des noues végétalisées sur le territoire aiderait à mieux gérer une telle réalité, selon l’Organisme du bassin versant de la Yamaska (OBV).

«Ces événements-là de fortes pluies, il y en a toujours eu évidemment, affirme le directeur général de l’OBV Yamaska, Alex Martin. Mais ce qui est particulier, c’est les changements climatiques. Ce qu’on lit sur la recherche scientifique qui est faite sur le sujet, c’est une augmentation de la fréquence et de l’ampleur des événements.»

Les fortes pluies ne s’apaiseront donc pas. Sans mettre précisément le doigt sur ce qui aurait dû être fait, le directeur général de l’OBV Yamaska indique que «la municipalité est responsable des infrastructures», mais que la gestion de l’eau en soi sur tous les terrains ne relève pas seulement d’elle-même.

«Si chaque citoyen avait un terrain pour gérer l’eau, à ce moment-là, c’est différent, admet le principal intéressé. Ça met aussi moins de pression sur toutes les infrastructures. Il y a aussi les gens qui doivent mettre la main à la pâte. Il faut un effort conjoint dans bien des cas. […] Quand ces événements-là sont plus fréquents, plus forts, évidemment, on va avoir des dommages de manière plus régulière.»

Parmi les solutions, on retrouve celles qui impliquent des technologies vertes. Devant jongler avec des problématiques de refoulement d’égout dans le quadrilatère des rues Saint-André Est, Grove, Bellevue et Lansdowne, la Ville de Granby a procédé, dans les dernières années, à des travaux de réfection pour diminuer le refoulement dans le secteur en installant notamment des noues végétalisées, comme il est indiqué sur le site de Répert’Eau, qui présente «les bonnes pratiques régionales et locales en gestion de l’eau réalisée au Québec».

«Les nous végétalisées, ça s’inscrit dans une nouvelle vague ou une nouvelle manière de concevoir, relate Alex Martin. C’est-à-dire que l’eau de pluie n’est pas un déchet qu’il faut se débarrasser le plus rapidement possible. C’est une ressource qu’il faut valoriser et gérer sur le territoire.»

Ce type d’aménagement permet ainsi à l’eau de s’infiltrer et d’être absorbée en grande quantité dans une surface imperméable.

«On laisse un espace où l’eau peut entrer, s’accumuler et s’infiltrer doucement sans toujours [impliquer] le réseau, note M. Martin, dont l’organisme souhaite mettre en place un projet de sensibilisation, de formation et de planification de la gestion durable des eaux pluviales dans la région. C’est intéressant. On enlève l’eau du réseau. Elle va alimenter des plantes, des arbres, des arbustes. […] À ce moment-là, c’est comme un changement de conception. C’est une ressource qu’il faut valoriser. Le but n’est pas de l’évacuer le plus vite possible, mais de la laisser faire son rôle dans l’écosystème.»

Se protéger en cas de sinistre

Lorsqu’une situation comme celle vécue à Granby arrive, les gens peuvent se protéger, auprès de l’assurance de dommage, de l’«Act of God (ou force majeure au Code civil du Québec), qui peut déresponsabiliser par exemple toute organisation municipale suite à un événement naturel imprévisible.

«La foudre, la grêle, les tornades, les vents violents, les feux de forêt; tout ça, ça s’assure, raconte Pauline Triplet, conseillère en communication au Bureau d’assurance du Canada. Par contre, il y a certains événements qui vont devoir s’assurer avec des protections supplémentaires au contrat. […] Tout ce qui est de l’eau qui arrive sur des terrains de l’habitation, là, ça va être couvert par une protection additionnelle. Il n’y a actuellement que le glissement de terrain qui ne s’assure pas du tout.»

Le Bureau d’assurance du Canada encourage les villes «à prendre des mesures d’atténuation de risque en cas d’inondation ou de tremblements de terre par exemple» et invite les sinistrés à appeler leur assureur et à faire état des dommages à l’aide de photos et documentation des pertes.

Pourrait-il y avoir un recours contre l’organisation municipale en cas de sinistre naturel?

«Si jamais un citoyen est couvert pour les dommages qui viennent de lui arriver, l’assureur pourrait décider, s’il le souhaite, de se tourner vers la Ville pour aller récupérer les sommes qu’il a versées à son assuré, explique Mme Triplet. Par contre, quand on fait ce genre de recours, c’est à la personne qui poursuit de prouver que l’autre personne a été négligente. Si jamais une personne n’est pas assurée, elle pourrait faire elle-même ses démarches.»

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